Aimer devient alors méditation

Le chant Royal de Saraha II

Osho

La transformation par le Tantra est le 2ème volume d’une série de discours dans lesquels Osho commente Le Chant Royal de Saraha, un sage indien du 8ème siècle qui est à l’origine du Tantra.

 

Seule la rencontre qui vous fait tous les deux changer et croître est digne d’être appelée amour.

Osho

ISBN 978-2-940095-41-4
296 pages

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Extraits

Le Tantra est la voie de l’intelligence, pas de l’intellect.

Il ne répond pas aux questions ; il n’explique rien du tout, il n’est pas explicite. Il n’est pas un questionnement, il est une quête. Il n’est pas une recherche à propos de la vérité, il est une recherche dans la vérité. Il pénètre la réalité. Il essaye de détruire tous les nuages qui vous entourent afin que vous puissiez voir la réalité telle qu’elle est.

C’est la conscience qui amène le changement, pas votre effort.

La conscience amène une qualité différente à votre vie. Avec la conscience les choses commencent à changer, à changer immensément. Ce n’est pas que vous les changez, non, pas du tout. Un homme de conscience ne change rien alors qu’un homme inconscient essaie continuellement de tout changer. Mais l’homme inconscient ne réussit jamais à rien changer, et l’homme conscient trouve simplement que le changement arrive, un immense changement se produit.
C’est la conscience qui amène le changement, pas votre effort. Pourquoi est-ce que cela se passe par la conscience ? Parce que la conscience vous change vous. Et quand vous êtes différents, le monde entier est différent. Il ne s’agit pas de créer un monde différent, il s’agit seulement de créer un vous différent. Vous êtes votre monde, ainsi si vous changez, le monde change. Si vous ne changez pas, vous pouvez continuer à changer le monde, rien ne change. Vous continuerez à créer sans cesse le même univers, car vous créez votre monde. Votre monde est une projection de votre être.

Le tantra affirme : la seule vie qui existe est celle que vous vivez.

« L’autre vie » est cachée dans celle-ci. Elle n’est pas ailleurs, elle n’est pas plus tard, elle n’est pas distincte de votre vie présente : vous ne pouvez jamais vivre que la vie que vous êtes en train de vivre. Entrez, plongez dans votre vie, tout ce que vous cherchez se trouve ici !

On ne peut pas parler de la vérité.

Nous pouvons parler de la voie mais nous ne pouvons pas parler de la vérité. Nous pouvons parler de comment l’atteindre, mais nous ne pouvons pas dire ce qu’elle est quand nous l’atteignons. Saraha dit que tous ceux qui prétendent avoir vécu des expériences sont des menteurs.

…arrêter de croire à ce que vous ne savez pas vraiment

Il est temps de commencer à savoir ce que vous savez vraiment et arrêter de croire à ce que vous ne savez pas vraiment. Quelqu’un vous demande,  « Dieu existe-t-il ? » et vous dites: « Oui, Dieu existe. » Souvenez-vous, en êtes-vous certain ? Si vous ne savez pas, je vous en prie ne dites pas que vous savez. Dites: « Je ne sais pas. » Si vous êtes honnête et si vous ne dites que ce que vous savez et que vous ne croyez qu’à ce que vous savez, la seconde serrure sera brisée. Si vous continuez à savoir et à croire à des choses que vous ne savez pas vraiment, la seconde serrure ne sera jamais brisée. Le faux savoir est l’ennemi du vrai savoir. Et toutes les croyances sont un faux savoir ; ce ne sont que des croyances.

L’amour opère ce miracle : vous savez tout et vous aimez en dépit de tout.

En vivant constamment ensemble, vous découvrez tous les aspects de l’autre : tout ce qui est agréable, tout ce qui est irritant, tout ce qui est stimulant, tout ce qui est humiliant, tout ce qui est riant comme une journée ensoleillée, tout ce qui est cauchemardesque comme une plongée au fond des abysses. L’amour opère ce miracle : vous savez tout et vous aimez en dépit de tout.

Vous tombez amoureux du réel…

La préférence que beaucoup d’entre vous ressentent pour un ou une partenaire qui n’est pas libre est un amour fictif. Vous aimez le personnage d’un film, d’un roman, vous aimez l’inspiratrice d’un poème ou la prostituée dramatique, vous aimez une étoile lointaine, un prince charmant, un samouraï sorti d’un conte, qu’importe — un être qui n’existe pas.
L’amour a une tout autre dimension. Vous tombez amoureux du réel, de cette réalité dont les défauts sont des stimulants, des incitations à grandir. Chaque « défaut » demande à être transcendé. Deux personnes qui s’aiment profondément s’aident mutuellement à grandir. Elles sont des miroirs l’une pour l’autre, elles se soutiennent, s’encouragent et s’épaulent, elles se nourrissent dans le bonheur comme dans le malheur, dans la joie comme dans la peine. Elles sont ensemble : totalement impliquées. C’est cela, l’engagement.

Seule la rencontre qui vous fait tous les deux changer et croître est digne d’être appelée amour.

Si je reste auprès de vous lorsque tout va bien et vous quitte lorsque cela va mal, ce n’est pas un engagement, mais de l’exploitation. Si je vous apprécie lorsque vous êtes fluide, débordante de vitalité, et vous rejette lorsque vous êtes stérile et sèche, je n’ai pas le droit de dire que je vous aime. Je n’aime que moi-même, je n’aime que le plaisir et les agréments que je peux tirer de vous. Il n’y ‘a pas d’amour, pas de don, pas de respect.
C’est très pratique d’aimer la femme d’un autre homme. Vous jouissez de la fiction, l’autre homme doit subir la réalité quotidienne. C’est une judicieuse répartition du travail, du moins de votre point de vue. En fait, c’est inhumain. L’amour humain est la rencontre la plus profonde qui soit. Seule la rencontre qui vous fait tous les deux changer et croître est digne d’être appelée amour.

Rire ensemble vous réjouit jusqu’au fond de l’âme.

Les vrais amoureux se stimulent sur tous les plans. Ils connaissent le bonheur le plus profond en étant ensemble et aussi la souffrance la plus grande. L’éventail qui va du bonheur à la peine et à la tristesse s’élargit considérablement, c’est cela la magie de l’amour. Seul, vous n’êtes jamais ni extrêmement heureux ni extrêmement malheureux. Seul, vous êtes creux. Lorsque vous pleurez ensemble, vos larmes ont une chaleur, une densité qu’elles n’ont jamais autrement. Ensemble, vous riez comme il est impossible de rire seul. Rire seul a quelque chose de malsain, vous le savez bien ; les fous rient seuls. Rire ensemble vous réjouit jusqu’au fond de l’âme.

Lorsque vous aimez, n’évitez rien, plongez dans cette rencontre, impliquez-vous de tout votre être.

L’homme et la femme qui vivent ensemble, qui traversent jour et nuit, été comme hiver tous les climats et toutes les humeurs du cœur, doivent nécessairement grandir. Tout est ferment : le soleil ardent, les glaces hivernales, la joie et le partage, le silence et la solitude, les jours radieux et les brouillards épais. Cette dialectique est le tremplin de leur croissance.
L’amour est dialectique. Seul, vous ne vous développerez pas. Retenez bien ceci : lorsque vous aimez, n’évitez rien, plongez dans cette rencontre, impliquez-vous de tout votre être. Ne restez pas sur le seuil, prêt à tourner les talons dès les premiers remous.

L’amour authentique vous change de fond en comble, vous fait renaître.

L’amour est également sacrifice. Vous devez sacrifier la chose à laquelle vous tenez le plus : votre ego. Vous devez renoncer à vos ambitions personnelles, à votre vie privée, à vos secrets… L’amour romantique, par contre, n’exige rien de vous, c’est un rêve égocentrique. Or, sans sacrifice, la croissance est impossible.
L’amour authentique vous change de fond en comble, vous fait renaître. Vous ne serez plus jamais tel que vous étiez avant cet amour. Vous passez par un feu purificateur. Si vous manquez de courage, vous ne pourrez pas aimer.
Pourquoi ne suis-je attiré que par les femmes mariées ?
Parce que vous n’êtes pas un homme courageux. L’engagement vous effraie. Vous achetez de la pacotille, vous n’êtes pas disposé à payer le prix de l’amour.

 Je ne peux parler qu’aux gens qui m’aiment.

Les gens me demandent pourquoi je ne parle pas aux masses. Je ne leur parle pas parce que j’ai quelque chose à partager, et cela ne peut être partagé que dans une profonde confiance, dans un profond amour. Je ne peux parler qu’aux gens qui m’aiment. Sinon cela n’aurait aucun sens : ils ne comprendraient pas, ou probablement ils le comprendraient de travers. Il n’y a aucun moyen de le rendre compréhensible, c’est quelque chose qui ne peut être communiqué que quand vous êtes prêts à l’entendre.