Osho

Dans ces entretiens intimes avec quatre de ses disciples, Osho parle de son enfance… de ses premières années passées dans le village retiré de Kuchwada dans le Madhya Pradesh, chez ses grands-parents, sa Nani et son Nana… de ses espiègleries, de son amour pour la rivière, de ses rencontres avec plusieurs grands êtres qui ont vu le potentiel de l’enfant qu’il était, la graine prête à fleurir… des histoires comme la vie avec toutes ses folies, son amour, ses rires.

Et c’est cela l’amour…
être avec quelqu’un comme si on était seul.

Osho

ISBN 978-2-940095-38-4
528 pages

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Extraits

Qu’êtes-vous en train d’être ?

Alors, ne vous faites pas de soucis pour ce que vous faites ; souvenez-vous d’une chose : qu’êtes-vous en train d’être ? C’est une grande question concernant le faire et l’être. Toutes les religions s’occupent du faire ; je m’occupe de l’être. Si votre façon d’être est juste, et par juste, je veux dire heureuse, silencieuse, paisible, aimante, alors tout ce que vous faites sera juste. Alors, pour vous, il n’y aura qu’un commandement : soyez simplement, il n’y en aura pas d’autres.

Je rassemble tout ce qui a été divisé jusqu’à présent.

J’ai de la chance sur bien des plans, mais ma plus grande chance, c’est d’avoir eu mes grands-parents maternels… et ces jeunes années en or.
Mon enfance fut en or. Une fois encore, je n’emploie pas un cliché. Tout le monde dit avoir eu une enfance en or, mais ce n’est pas le cas. Les gens pensent que leur enfance était en or, parce que leur jeunesse est pourrie ; leur vieillesse le sera encore davantage. Alors naturellement, l’enfance devient de l’or. Mon enfance ne fut pas en or dans ce sens-là. Ma jeunesse fut un diamant et si je deviens vieux, ce sera du platine. Mais il est certain que mon enfance fut en or – ce n’est pas un symbole – totalement en or, pas de façon poétique, littéralement, de fait.
Maintenant, je sais ce qu’il en est sorti. Si on n’est pas un fauteur de troubles né, on ne peut pas devenir un Bouddha. Et je ne suis pas seulement un Bouddha, comme Gautam le Bouddha; c’est trop traditionnel. Je suis Zorba le Bouddha. Je suis une rencontre de l’Orient et de l’Occident. En fait, je ne divise pas l’Orient et l’Occident, le plus haut et le plus bas, l’homme et la femme, le bien et le mal, Dieu et le Diable. Non! Mille fois non! Je ne divise pas. Je rassemble tout ce qui a été divisé jusqu’à présent. C’est cela mon travail.

J’aimais cet homme, car il aimait ma liberté.

Une fois, je lui ai demandé : «Nana, pourquoi fermes-tu parfois les yeux, quand je suis simplement assis à côté de toi ? »
Il répondit : «Aujourd’hui, tu ne comprendras pas, mais un jour peut-être… Je ferme les yeux pour ne pas t’empêcher de faire ce que tu es en train de faire. Juste ou faux, je n’ai pas à t’en empêcher. Je t’ai enlevé à ta mère et à ton père. Si je ne peux même pas t’offrir la liberté, alors pourquoi t’avoir enlevé à tes parents ? Je t’ai uniquement pris pour qu’ils ne puissent pas mettre leur nez dans tes affaires. Comment pourrais-je y mettre le mien?»
J’aimais cet homme, car il aimait ma liberté. Je ne peux aimer que si ma liberté est respectée. Si je dois marchander et recevoir de l’amour en payant de ma liberté, cet amour-là n’est pas pour moi.

Elle écoutait si attentivement qu’elle fit de moi un conteur.

J’aime les histoires, et tout a commencé avec ma Nani. C’était aussi une amoureuse d’histoires. Non pas qu’elle m’en racontait, au contraire, elle m’incitait à lui raconter toutes sortes d’histoires et de commérages. Elle écoutait si attentivement qu’elle fit de moi un conteur. Rien que pour elle, je cherchais quelque chose d’intéressant, car toute la journée, elle attendait le moment d’écouter mes histoires. Si je ne trouvais rien, alors j’inventais. C’est elle qui en est responsable. Tout le crédit ou le blâme, selon votre appréciation, lui en revient. J’inventais des histoires, juste pour ne pas la décevoir, et je peux vous assurer que si je suis devenu un bon conteur, c’est juste par amour pour elle.

C’est comme si l’attention devenait magnétique, comme si elle attirait ce qui se cache en vous.

Mais je vous dis une chose : elle et Shambhu Babu m’ont gâté en étant si attentifs. Sans me l’apprendre, ils m’ont appris l’art du parler. Quand quelqu’un écoute si attentivement, vous vous mettez immédiatement à dire quelque chose que vous n’aviez pas prévu, ni même imaginé ; cela coule tout seul. C’est comme si l’attention devenait magnétique, comme si elle attirait ce qui se cache en vous.
Mon expérience, c’est que ce monde ne deviendra pas un bel endroit où vivre tant que les gens n’apprendront pas à être attentifs. Actuellement, personne n’est attentif. Même quand les gens ont l’air d’écouter, ils n’écoutent pas, ils font mille autres choses. Des hypocrites qui font semblant… mais ils n’écoutent pas comme le fait un auditeur attentif – être toute attention, juste attention et rien d’autre, juste ouvert.
L’attention est une qualité féminine, et celui qui connaît l’art de l’attention, l’art d’être attentif, devient, d’une certaine manière, très féminin, très fragile, doux ; si doux que vous pourriez l’égratigner rien qu’avec vos ongles.
Toute la journée, ma Nani attendait le moment où j’allais rentrer à la maison et lui raconter des histoires. Vous serez surpris d’apprendre comment, à son insu, elle m’a préparé au travail qui allait être le mien. C’est elle qui a écouté la première bon nombre d’histoires que je vous ai racontées. C’est à elle que je pouvais raconter n’importe quelle sottise sans aucune crainte.