Faire de l’amour une méditation

Diana Richardson et Michael Richardson

Ecrit du point de vue de l’homme, ce livre est une invitation à vivre la sexualité dans la détente et la présence. Il offre une vision complètement nouvelle de la sexualité vécue comme l’union méditative de deux énergies complémentaires. En changeant sa façon de faire l’amour, l’homme peut se libérer de son conditionnement sexuel pour retrouver son autorité masculine naturelle.

ISBN 978-2-940095-40-7
208 pages

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Depuis plus de 25 ans, Diana et Michael Richardson animent un séminaire pour couples: The Making Love Retreat. Elle a accompagné des centaines de couples dans la découverte d’une nouvelle sexualité source d’une satisfaction durable. Profondément libératrice, son approche de la sexualité qui s’inscrit dans la mouvance du slow sexe nous invite à abandonner toute recherche de la performance, tout but à atteindre et à mettre l’accent sur l’écoute subtile de nos sensations, sur le « non sensationnel », sur la présence à soi-même et à l’autre, par l’échange verbal, le contact visuel, la lenteur qui permet de goûter l’instant. Cette démarche peut être une révolution dans la vie d’un couple en l’amenant à ancrer sa sexualité dans un amour vrai et profond, libre des pressions extérieures et des apparences.

Diana et Michael Richardson donnent The Making Love Retreat en anglais (avec traduction en allemand), ils ont formé un couple d’enseignants qui donne le séminaire en français: Faire l’amour en conscience.

Extraits

L’homme est aussi identifié à l’orgasme féminin, parce qu’il confirme qu’il est un bon amant.

L’homme doit être conscient que souvent la femme s’identifie à l’orgasme/éjaculation de son homme. Dans ces quelques instants, la femme a l’impression que l’homme se donne à elle, et pour la femme c’est une sorte de confirmation. L’ironie est qu’elle déclenche chez l’homme le syndrome post-éjaculatoire, involontairement il perd de sa puissance (et elle aussi), tandis que le lien d’intimité et d’amour est rompu ou s’évapore. Parfois ces ruptures du lien semblent tellement naturelles qu’on ne les associe pas directement à la sexualité. On pense que c’est dû à notre personnalité et à notre façon de réagir. Pourtant, l’homme qui pratique la rétention d’énergie va commencer à se sentir totalement différent dans sa vie quotidienne. Les hommes racontent le plaisir qu’ils sentent naître dans leur cœur, la légèreté et la chaleur lumineuse qui irradie dans tout leur corps et leur être.
L’homme est aussi identifié à l’orgasme féminin, parce qu’il confirme qu’il est un bon amant et que cela conforte son égo de mâle (comme beaucoup de femmes simulent l’orgasme, ce n’est pas un retour tout à fait fiable). Le grand désavantage à faire jouir une femme, comme on l’a déjà dit, c’est que la plupart du temps l’homme éjacule quelques secondes trop tôt, à cause du haut niveau d’excitation et de tension, et ainsi perd sa puissance.

On passe du but d’éjaculer au but d’éviter d’éjaculer, mais on est toujours orienté vers un but.

L’absence d’éjaculation n’est pas la même chose que le contrôle de l’éjaculation. Il y a une différence importante entre le fait de ne pas éjaculer parce qu’on est détendu et le fait de contrôler son éjaculation.
Osho dit « Dans la sexualité, il faut vous détendre, non pas essayer de la contrôler. Si vous contrôlez, il n’y aura pas de détente. Si vous contrôlez, tôt ou tard vous serez pressé d’en finir parce que le contrôle est un effort. Et chaque effort crée de la tension, et la tension crée un besoin impérieux de relâchement. Ce n’est pas du contrôle, vous ne résistez pas à quelque chose. Simplement vous n’êtes pas pressé parce que vous ne vivez pas l’acte sexuel dans le but d’aller quelque part. Vous n’êtes pas en train d’aller quelque part. C’est juste un jeu, sans aucun but. Il n’y a rien à atteindre, alors pourquoi se presser ? »
Ceci est très différent des pratiques sexuelles qui préconisent de se tenir sur le fil du rasoir de l’éjaculation sans vraiment jamais y arriver. En d’autres termes, l’homme fait monter intentionnellement le niveau d’excitation et de tension, et juste avant d’atteindre « le point de non-retour », il relâche ses efforts, ce qui réprime l’éjaculation. Après un moment, il fait remonter le niveau d’excitation et il réprime à nouveau. Ce processus répété de nombreuses fois a pour effet de contrôler l’éjaculation pendant un certain temps. (Il y a aussi des techniques spécifiques pour réprimer l’éjaculation, comme par exemple de comprimer la zone du périnée et de la prostate avec un doigt). Comme le terme contrôle de l’éjaculation l’indique, quand on utilise de telles techniques de répression, on passe du but d’éjaculer au but d’éviter d’éjaculer, mais on est toujours orienté vers un but.

L’excitation n’est pas forcément nécessaire pour l’acte sexuel.

Lorsqu’une relation s’établit dans le temps, il se peut que l’homme ait des pannes d’érection dues à la diminution de l’excitation. La femme est connue, la situation est connue, la routine est établie, il n’y a plus vraiment de quoi être excité. Pourtant, avec une nouvelle vision de la sexualité, on s’aperçoit que l’excitation n’est pas forcément nécessaire pour l’acte sexuel.
Sans aucun doute, l’érection peut survenir sans excitation ni stimulation à partir du moment où l’homme fait confiance à son pénis. En fait, une vraie érection est une réponse électromagnétique à la force égale et opposée exercée par le vagin. D’un état parfaitement au repos, le pénis peut s’élever lentement en réponse à l’environnement du vagin. La force féminine joue un rôle égal : sa réceptivité attire le pénis et le tire lentement vers l’érection, millimètre par millimètre. Le pénis se déplie lentement comme un serpent qui se dresse dans un mouvement en spirale. L’érection sans stimulation ni excitation peut aussi survenir lorsqu’on est dans une réelle intimité avec la femme. La force féminine exerce alors une attraction sur la force masculine sans que l’homme soit effectivement à l’intérieur de la femme. Certains hommes racontent que c’est comme si le pénis était réveillé par l’ambiance amoureuse créée par la présence et la conscience.
L’érection spontanée est celle qui surgit de nulle part, provoquée uniquement par la différence de polarité entre les forces dynamique et réceptive et par la présence des deux individus à ce moment précis. L’érection qui survient spontanément n’a pas besoin d’excitation ou de fantasmes pour se maintenir : elle a juste besoin de présence et d’attention. Au moment où l’attention de la personne vacille, le pénis commence à se rétracter, à se lover comme un serpent. En retrouvant sa présence et en lâchant les pensées parasites, l’érection revient rapidement. Le pénis est capable d’effectuer une danse du serpent à l’intérieur d’une femme, ce qui est une expérience fabuleuse pour l’homme.

Que signifie réellement être un homme ?

La capacité à rester présent définit réellement ce que signifie être un homme, particulièrement au vu de la confusion qui règne dans notre culture. Les hommes sont à la recherche d’une certaine autorité masculine, mais que signifie réellement être un homme ?
Ce n’est ni plus ni moins que la capacité à être présent. Si l’homme arrive à être présent dans la femme – sans la pénétrer avec un pénis assoiffé ou exigeant (un pénis émotionnel, voir chapitre 9), mais avec un pénis qui est aimant ici et maintenant – alors le pénis peut commencer à « catalyser » ce qui s’est accumulé dans le corps féminin, et lui permettre de se détendre et de se transformer en pur amour – la qualité profonde de la femme. Pour un homme, il n’y a rien de plus gratifiant que de voir la transformation se faire sous ses yeux. Loin d’être un fardeau ou une charge, cela donne le sentiment d’accomplir une noble tâche. Être à l’intérieur de la femme avec conscience est un honneur. Ça me donne (Michael) une certaine confiance en moi – une autorité masculine. À la fin de la retraite, un grand nombre d’hommes nous confient avoir enfin trouvé une vision positive de la masculinité, et avoir senti que c’est une expérience qui leur change complètement la vie. De plus, quand vous coopérez avec votre nature sexuelle, vous gagnez en maturité et devenez plus homme. Vous êtes plus présent, détendu et connecté à votre être profond ; vous êtes un être humain plus aimant.