Ses paroles PDF Imprimer E-mail

« Ce que j'essaie de vous dire,
c'est une sorte de musique que j'ai entendue.
Elle n'a pas été entendue verbalement.
Elle est dans le son de l'eau qui coule.
Elle est dans le vent qui passe à travers les pins.
Elle est dans le chant des oiseaux.
Elle est dans le silence de la nuit.
Elle est dans les rayons du soleil qui dansent.
Elle est partout.
Mais c'est une musique,
et tant que vous n'êtes pas capables de comprendre cette musique,
vous n'êtes pas capables de me comprendre. »


BD la voie 1

Toutes sortes de Maîtres, toutes sortes de voies et toutes sortes de portes

Je parle de toutes sortes de Maîtres, de toutes sortes de voies et de toutes sortes de portes... Je n'arrête pas de répéter continuellement les mêmes choses, même si mes mots sont différents, même si les approches que j'utilise sont différentes. Et quand j'utilise une approche, une voie, je suis totalement avec elle. Je ne me soucie de plus rien d'autre. Je ne me soucie même pas de ce que j'ai dit avant.

Quand je parle des hassidim, je suis un hassid. Je m'implique totalement. C'est la seule façon de vous révéler ce secret. Si je ne m'implique pas, si je ne me passionne pas, si je ne suis qu'un spectateur, un professeur qui explique des choses, je ne vous en donnerai pas le goût, je ne vous transmettrai pas la vision. Vous amasserez des informations et vous retournerez chez vous – vous serez plus savant, mais vous ne serez pas sage.

Alors, quand je parle d'un Maître, d'une voie ou d'Ecritures, je suis totalement dedans, mon implication est absolue. Pour moi, dans ces moments-là il n'existe rien d'autre, parce que j'ai une passion, je suis passionnément amoureux de cet enseignement. Bien sûr, je peux comprendre votre difficulté. Quand je dis avec passion que l'hassidisme est la voie, cela vous dérange : un jour, je dis que c'est le tantra qui est la voie, un autre jour je dis que c'est le zen et finalement que c'est le tao. Alors quelle est la voie ?

Quand je parle d'une voie, je suis cette voie. Ne vous accrochez pas à mes mots, écoutez le message qui n'a pas de mots. Et s'il touche votre coeur, s'il chante dans votre coeur, alors vous avez trouvé votre voie. Désormais, oubliez tout ce que j'ai dit auparavant et tout ce que je dirai à l'avenir. vous n'avez plus besoin de vous faire de souci. Vous avez trouvé votre clé.

Désormais, c'est pour ceux qui n'ont pas trouvé leur voie que je dois parler. Quand vous avez trouvé la paix, le silence, la béatitude, vous avez trouvé ce dont vous aviez besoin, mais bien des gens ne l'ont pas encore trouvé. Je parlerai pour eux et je me servirai de tout...

Une fois que vous avez trouvé votre porte, alors ne vous souciez plus de celles que j'ouvrirai encore, car toutes les portes mènent au même endroit. Ne vous souciez pas d'entrer par cette porte-là – ne vous dites pas : « Osho va peut-être en ouvrir une plus grande, une porte en or. » Elles sont toutes pareilles.

Et vous verrez d'autres disciples emprunter d'autres portes, mais quand vous atteindrez le centre même de l'existence, vous vous retrouverez tous avec beaucoup d'amour et de fraternité. L'un sera un hassid, l'autre un moine zen, l'un sera un lama tibétain, un autre un soufi, quelqu'un y sera arrivé en s'asseyant silencieusement, et un autre en dansant – mais au centre, tous les chercheurs se retrouvent dans une fraternité profonde.


BD la voie 2


Je réponds au questionneur

C'est pour cela que j'insiste pour que vous inscriviez toujours votre nom sous la question, vous devriez toujours la signer, car une question ne signifie rien en elle-même. Elle n'a de sens que si je sais qui est le questionneur. Je ne réponds pas à la question, je réponds au questionneur. Quelqu'un posera une question, et j'y répondrai peut-être d'une certaine manière, quelqu'un d'autre posera exactement la même question, avec les mêmes mots, mais je ne répondrai pas de la même façon – car ce n'est pas la question qui est importante, c'est le questionneur...

Souvent les gens sont perplexes, car ils ont l'impression que je me contredis.

... comme je donne des réponses différentes à des gens différents, vous pouvez naturellement rassembler toutes ces réponses et vous dire : « Cet homme est fou ! »

Elles seront contradictoires. C'est inévitable. Mon approche est individuelle, mon approche est personnelle. J'essaie d'avoir avec vous une relation individuelle.

Ce que je dis n'est pas important

Ce que je dis n'est pas important ; l'espace entre les mots est important. Ne prêtez pas trop d'attention à ce que je dis. Les mots sont comme les deux rives d'un fleuve – les rives ne sont pas le fleuve. Ne vous attachez pas trop aux rives – elles ne calmeront pas votre soif. Oubliez-les ; regardez simplement au milieu. L'espace, le silence entre les mots, c'est le fleuve. C'est ce que j'essaie de vous transmettre.


C'est pour cela que j'insiste pour que vous inscriviez toujours votre nom sous la question, vous devriez toujours la signer, car une question ne signifie rien en elle-même. Elle n'a de sens que si je sais qui est le questionneur. Je ne réponds pas à la question, je réponds au questionneur. Quelqu'un posera une question, et j'y répondrai peut-être d'une certaine manière, quelqu'un d'autre posera exactement la même question, avec les mêmes mots, mais je ne répondrai pas de la même façon – car ce n'est pas la question qui est importante, c'est le questionneur...

Souvent les gens sont perplexes, car ils ont l'impression que je me contredis.

... comme je donne des réponses différentes à des gens différents, vous pouvez naturellement rassembler toutes ces réponses et vous dire : « Cet homme est fou ! »

Elles seront contradictoires. C'est inévitable. Mon approche est individuelle, mon approche est personnelle. J'essaie d'avoir avec vous une relation individuelle.

La culpabilité

La culpabilité fait partie du mental égoïste ; elle n’est pas spirituelle. Les religions l’ont exploitée, mais elle n’a rien à voir avec la spiritualité. La culpabilité vous indique simplement que vous auriez pu faire autrement. C’est un sentiment de l’ego ; comme si vous n’étiez pas impuissant, comme si vous aviez tout en mains.

Vous n’avez rien en mains, même pas vous-même. Les choses se passent ; on ne les fait pas. Une fois que vous comprenez cela, la culpabilité disparaît. Parfois, vous pouvez pleurer, sangloter pour une chose, mais tout au fond, vous savez que cela devait arriver parce que vous êtes impuissant, une partie d’un si grand tout – une partie infime. C’est comme quand un fort vent arrive et qu’une feuille d’arbre se détache. La feuille pense mille et une choses – qu’elle aurait pu être comme ceci plutôt que comme cela, que cela aurait pu être évité. Mais que pouvait faire la feuille ? Le vent était trop fort.

La culpabilité vous donne continuellement l’idée fausse que vous êtes puissant, que vous êtes capable de tout faire. La culpabilité est l’ombre de l’ego : vous ne pouvez pas changer la situation et à présent, vous vous sentez coupable. Si vous le considérez en profondeur, vous verrez que vous étiez impuissant, et toute cette expérience vous aidera à devenir moins égoïste.

Si vous observez la forme que prennent les choses et les événements qui en découlent, vous abandonnez peu à peu votre ego. L’amour apparaît – la séparation aussi. On n’y peut rien. C’est ce que j’appelle une attitude spirituelle : comprendre que vous ne pouvez rien faire ; comprendre que vous n’êtes qu’une infime partie d’une immensité incommensurable.
Le contrôle

La vie est au-delà de votre contrôle. Vous pouvez en jouir, mais vous ne pouvez pas la contrôler. Vous pouvez la vivre, mais vous ne pouvez pas la contrôler. Vous pouvez la danser, mais vous ne pouvez pas la contrôler.

Généralement, nous disons que nous respirons et ce n’est pas vrai – c’est la vie qui nous respire. Mais nous continuons à nous considérer comme des acteurs, et c’est ce qui crée des difficultés. Quand vous vous contrôlez trop, vous ne permettez pas à la vie de couler en vous. Vous mettez trop de conditions et la vie ne peut en satisfaire aucune.

La vie ne coule en vous que lorsque vous l’acceptez inconditionnellement ; quand vous êtes prêt à l’accueillir. Quelle que soit la forme qu’elle prend. Mais celui qui contrôle trop demande toujours à la vie de venir sous une certaine forme, de remplir certaines conditions – et la vie ne s’en soucie pas ; elle passe simplement à côté de ces gens-là.

Plus tôt vous briserez cet emprisonnement du contrôle, mieux cela vaudra, car tout contrôle vient du mental. Et vous êtes plus vaste que le mental. Une petite partie essaye de dominer, de vous régenter. La vie avance et vous restez loin derrière, alors vous êtes frustré. La logique du mental dit : «Regarde, tu n’as pas bien contrôlé, c’est pourquoi tu as raté, contrôle donc mieux. »

La vérité est juste à l’opposé. Les gens ratent beaucoup de choses parce qu’ils contrôlent trop. Soyez comme une rivière sauvage et beaucoup de choses auxquelles vous ne pouvez même pas rêver, que vous ne pouvez ni imaginer, ni même espérer, se présenteront au prochain tournant, juste à portée de mains. Mais ouvrez la main; ne vivez pas comme un poing fermé, car c’est cela une vie de contrôle. Vivez la vie d’une main ouverte. Le ciel entier est disponible ; ne vous contentez pas de moins.

Écouter

Quand des amis vous donnent des conseils, écoutez attentivement.

Une des plus grandes choses à apprendre est l’écoute. Ecoutez très silencieusement. N’écoutez pas avec indifférence. N’écoutez pas comme si vous vouliez que les autres s’arrêtent de parler, ne les écoutez pas que pour être poli parce qu’ils sont vos amis. Dans ce cas, il vaut mieux leur dire de se taire, car vous n’êtes pas d’humeur à écouter.

Mais quand vous écoutez, écoutez vraiment – soyez ouvert, car vos amis ont peut-être raison. Et même s’ils ont tort, ça vous enrichira de les écouter. Vous découvrirez d’autres points de vue et c’est toujours bien d’apprendre. Aussi écoutez bien, mais décidez toujours par vous-même.

Lorsque quelqu’un a cette compréhension relative, les choses deviennent très claires, faciles. Sinon les gens sont très absolutistes. Ils pensent en termes d’absolus : ceci est la vérité et tout ce qui s’y oppose est faux. Cette attitude a handicapé la terre entière – les hindous, les musulmans et les chrétiens, tous se battent, car tous prétendent détenir la vérité absolue. Mais personne ne peut prétendre cela. Ce n’est le monopole de personne.


La vérité est vaste. Ses facettes sont infinies et les manières de la connaître sont infinies. Tout ce que vous connaissez est limité ; ce n’est qu’une partie.

L'autorité

Ne demandez jamais à personne ce qui est juste et ce qui est faux. C’est l’expérience de la vie qui vous le fait découvrir.

Chaque individu doit être conscient, alerte, attentif et doit expérimenter la vie pour découvrir ce qui est bon pour lui. Tout ce qui vous apaise, tout ce qui vous rend heureux, ce qui vous donne de la sérénité, ce qui vous rapproche de l’existence et de son immense harmonie, est bon. Et tout ce qui crée en vous des conflits, du malheur, de la douleur, est mal. Personne d’autre ne peut décider pour vous, car chaque individu a son propre monde, sa propre sensibilité. Nous sommes uniques. Les formules ne marchent donc pas. Le monde entier en est la preuve.

Ne demandez jamais à personne ce qui est juste et ce qui est faux. La vie est une occasion de le découvrir. Parfois, vous ferez peut-être quelque chose de faux, mais cela vous donnera l’occasion d’en faire l’expérience, cela vous rendra conscient de ce qu’il faut éviter. Parfois, vous ferez peut-être quelque chose de juste et vous en retirerez un immense bienfait. Les récompenses ne sont pas au-delà de cette vie, au ciel ou en enfer. Elles sont ici et maintenant.

Chaque action engendre immédiatement son résultat. Il vous suffit d’être alerte et d’observer. Les gens mûrs sont ceux qui ont observé et trouvé pour eux-mêmes ce qui est juste, ce qui est faux, ce qui est bien, ce qui est mal. Et de le trouver pour eux-mêmes leur donne une immense autorité. Le monde entier peut dire autre chose, cela ne les touche pas. Ils suivent leur propre expérience et cela suffit.
Gratitude

Eprouvez pour l’existence autant de gratitude que possible – pour les  petites choses, pas seulement pour les grandes… pour le seul fait de respirer. Nous n’avons rien à réclamer à l’existence, tout ce qui est donné est un don.

Que votre gratitude et votre reconnaissance grandissent de plus en plus; qu’elles deviennent votre style de vie. Soyez reconnaissant envers chacun. Si vous comprenez la gratitude, vous êtes reconnaissant pour tout ce qui a été fait de positif. Et vous vous sentez reconnaissant même pour des choses qui auraient pu être faites, mais qui ne l’ont pas été. Vous êtes reconnaissant que quelqu’un vous ait aidé – ce n’est qu’un  début. Puis vous êtes reconnaissant qu’il ne vous ait pas fait de mal, ce qu’il aurait pu faire ; il a été bon de ne pas le faire. Une fois que vous comprenez le sentiment de gratitude et que vous lui permettez de s’imprégner profondément en vous, vous commencerez à vous sentir reconnaissant de tout. Et plus vous serez reconnaissant, moins vous vous plaindrez et  moins vous grognerez. Quand la plainte disparaît, le malheur disparaît. Le malheur existe avec les plaintes. Il est accroché aux plaintes et à l’esprit plaintif. Le malheur est impossible avec la gratitude. C’est un des secrets les plus importants à apprendre.

Rire

Pourquoi attendre pour avoir des raisons de rire? La vie telle qu’elle est devrait être une raison suffisante pour rire. Elle est tellement absurde, tellement ridicule. Elle est si belle, si magnifique!  Elle est toutes sortes de choses à la fois. Elle est une grande farce cosmique.

Le rire est la chose la plus facile au monde si vous le permettez, mais il est devenu difficile. Les gens rient très rarement et même quand ils rient, ce n’est pas vrai. Les gens rient comme s’ils obligeaient quelqu’un, comme s’ils accomplissaient un certain devoir. Rire est amusant. Vous n’obligez personne !

Vous ne devriez pas rire pour rendre quelqu’un d’autre heureux, car si vous  n’êtes pas heureux, vous ne pouvez rendre personne d’autre heureux. Vous devriez simplement rire par vous-même, sans attendre d’avoir des raisons de rire. Si vous commencez à examiner les choses, vous ne pourrez pas vous arrêter de rire. Tout est simplement parfait  pour que nous puissions  en rire – rien ne manque – mais nous ne nous le permettons pas. Nous sommes très avares… avares de rires, avares d’amour, avares de vie. Quand on sait qu’on peut renoncer à l’avarice, on avance dans une dimension différente. Le rire est la véritable religion. Tout le reste n’est que métaphysique.

Non-jugement

Quand vous jugez, la division s’introduit.

Il se peut que vous soyez dans une profonde conversation avec un ami quand, soudain, vous avez envie de vous taire. Vous voulez arrêter de parler au beau milieu d’une phrase. Alors arrêtez-vous là et ne finissez même pas la phrase, car ce serait aller contre la nature.

Mais alors le jugement intervient. Vous êtes embarrassé à l’idée de ce que les gens penseront si vous vous arrêtez soudain de parler au milieu d’une phrase. Si vous vous taisez tout d’un coup, ils ne comprendront pas, alors vous vous arrangez pour finir la phrase. Vous prétendez montrer de l’intérêt et, en fin de compte, c’est une échappatoire. Cela vous coûte beaucoup et cela n’en vaut pas la peine. Dites simplement que vous n’avez rien à dire sur le moment. Vous pouvez vous excuser et vous taire.

Peut-être que, pendant quelques jours, ce sera un peu gênant, mais peu à peu, les gens commenceront à comprendre.  Ne vous jugez pas en vous demandant pourquoi vous vous êtes tus; ne vous dites pas que ce n’est pas bien. Tout est bien ! Dans une profonde acceptation, tout devient une bénédiction. C’est ainsi que cela s’est fait – tout votre être voulait se taire. Alors, suivez-le. Devenez simplement l’ombre de votre totalité et suivez-la où qu’elle aille, car il n’y a pas d’autre but. Vous commencerez à sentir une profonde relaxation autour de vous.

La flexibilité

Vous êtes jeune en fonction de votre flexibilité. Observez un petit enfant – si doux, si tendre, si souple. Quand vous vieillissez tout devient raide, dur, inflexible. Mais vous pouvez rester absolument jeune jusqu’à votre mort si vous restez flexible.

Quand vous êtes heureux, vous vous dilatez. Quand vous avez peur, vous vous rétrécissez, vous vous cachez dans votre coquille, car si vous en sortez, il peut y avoir un danger. Vous vous rétrécissez sur tous les plans – dans l’amour, dans les relations, dans la méditation, partout. Vous devenez une tortue qui se replie à l’intérieur.

Si vous restez continuellement dans la peur, comme le font beaucoup de gens, peu à peu l’élasticité de votre énergie se perd. Vous devenez une mare stagnante, vous n’êtes plus une rivière qui s’écoule. Alors vous vous sentez chaque jour un peu moins vivant.

Mais la peur a sa raison d’être. Quand la maison brûle, vous devez vous échapper. N’essayez pas alors d’être sans peur, vous seriez stupide ! On devrait aussi rester capable de se rétrécir, car il y a des moments où il faut arrêter le courant. On devrait pouvoir sortir, rentrer, sortir, rentrer. C’est cela la flexibilité : expansion, contraction, expansion, contraction. C’est comme la respiration. Les gens qui ont très peur ne respirent pas profondément, car même cette expansion leur fait peur. Leur poitrine se rétrécit, elle se creuse.

Aussi, essayez de trouver des moyens de faire circuler votre énergie. Parfois même la colère est bonne. Au moins, elle fait circuler votre énergie. Si vous devez choisir entre la peur et la colère, choisissez la colère. Mais ne tombez pas dans l’autre extrême. L’expansion est bonne, mais vous ne devriez pas en devenir dépendant. Ce qu’il faut vraiment se rappeler, c’est la flexibilité : la capacité de passer d’un pôle à l’autre.

La grâce

La grâce engendre la beauté.
La grâce est simplement l’aura qui entoure une totale relaxation.

Si vous avancez spontanément, chaque instant décide où aller. Cet instant ne va pas décider pour le suivant, aussi restez simplement ouvert. L’instant suivant décidera de ce qu’il sera ; vous n’avez pas de plan, pas de modèle, pas d’attentes.

Aujourd’hui se suffit à lui-même ; ne planifiez pas le lendemain, ni même l’instant suivant. Aujourd’hui se termine et demain arrivera frais et innocent, sans manipulateur. Il s’ouvre de lui-même et sans le passé. C’est cela la grâce. Observez une fleur qui s’ouvre le matin. Observez simplement… c’est la grâce. Il n’y a aucun effort – la fleur suit simplement la nature. Ou alors, observez un chat qui se réveille, sans effort, avec une grâce infinie. La nature entière est pleine de grâce, mais vous avez perdu cet état de grâce à cause de votre division intérieure.

Ainsi, avancez tout simplement et laissez le moment décider – n’essayez pas de le diriger. C’est ce que j’appelle laisser-faire – et tout découle de là. Essayez !

L'autorité

Ne demandez jamais à personne ce qui est juste et ce qui est faux. C’est l’expérience de la vie qui vous le fait découvrir.

Chaque individu doit être conscient, alerte, attentif et doit expérimenter la vie pour découvrir ce qui est bon pour lui. Tout ce qui vous apaise, tout ce qui vous rend heureux, ce qui vous donne de la sérénité, ce qui vous rapproche de l’existence et de son immense harmonie, est bon. Et tout ce qui crée en vous les conflits, le malheur, la douleur, est mal. Personne ne peut décider pour vous, car chaque individu a son propre monde, sa propre sensibilité. Nous sommes uniques. Alors les formules ne marchent pas. Le monde entier en est la preuve.

Ne demandez jamais à personne ce qui est juste et ce qui est faux. La vie est une expérience pour le découvrir. Parfois, vous ferez ce qui est faux, mais cela vous  donnera l’occasion d’en faire l’expérience, cela vous rendra conscient de ce qu’il faut éviter. Parfois vous ferez quelque chose de juste et vous en retirerez un immense bienfait. Les récompenses ne sont pas au-delà de cette vie, au ciel ou en enfer. Elles sont ici et maintenant.

Chaque action engendre immédiatement son résultat. Il vous suffit d’être alerte et d’observer. Les gens mûrs sont ceux qui ont observé et trouvé pour eux-mêmes ce qui est juste, ce qui est faux, ce qui est bien, ce qui est mal. Et en le trouvant pour eux-mêmes, ils ont une immense autorité. Le monde entier peut dire autre chose et cela ne les touche pas.  Ils suivent leur propre expérience et cela suffit.

Le bonheur

Il n’y a pas de causes extérieures au bonheur ou au malheur ; ces choses ne sont que des excuses. Peu à peu nous réalisons que c’est quelque chose en nous qui ne cesse de changer, qui n’a rien à voir avec les circonstances extérieures.

Comment vous vous sentez est quelque chose qui est en vous, c’est une roue qui ne cesse de tourner. Observez-la simplement – et c’est très beau, car en en prenant conscience, nous avons atteint quelque chose. Désormais vous comprenez que vous vous êtes libéré des excuses extérieures, car rien ne s’est passé à l’extérieur et pourtant votre humeur a passé en quelques minutes du bonheur au malheur, ou vice-versa.

Cela signifie que le bonheur et le malheur sont vos humeurs et qu’elles ne dépendent pas de l’extérieur. C’est une des choses les plus fondamentales à réaliser car, alors, on peut faire beaucoup. La deuxième chose à comprendre, c’est que vos humeurs dépendent de votre inconscience. Aussi observez simplement et devenez conscient. Si le bonheur est là, contentez-vous de l’observer et ne vous y identifiez pas. Quand le malheur est là, observez encore. C’est comme le matin et le soir. Le matin, vous observez le soleil levant et vous y prenez plaisir. Quand le soleil se couche et que l’obscurité descend, vous observez et vous y prenez le même plaisir.

La confiance

Souvenez-vous toujours qu’à aucun prix vous ne devez devenir méfiant. Même si votre confiance permet à l’autre de vous tromper, cela vaut mieux que de ne pas faire confiance.

C’est très facile de faire confiance quand tout le monde est aimant et que personne ne vous trompe. Mais même si le monde entier est trompeur et que tout le monde tente de vous tromper – et vous ne pouvez être trompé que quand vous faites confiance – même dans ce cas, continuez à faire confiance. Ne perdez jamais confiance en la confiance, quel qu’en soit le prix, et vous ne serez jamais  perdant, parce que la confiance en elle-même est la fin ultime. Elle ne devrait pas être un moyen pour autre chose, car elle a sa propre valeur intrinsèque.

Si vous pouvez faire confiance, vous restez ouvert. Les gens restent sur la défensive, afin que personne ne les trompe ou ne profite d’eux. Laissez-les prendre avantage sur vous ! Si vous insistez et continuez à faire confiance, une belle floraison surviendra, car il n’y aura pas de peur. La peur est que les gens vous trompent – mais une fois que vous acceptez cela, il n’y a pas de peur et donc pas de barrière à votre ouverture. La peur est plus dangereuse que tout le mal que quelqu’un peut vous faire. Cette peur peut empoisonner toute votre vie. Aussi restez ouvert, faites confiance innocemment, inconditionnellement.

Vous fleurirez et vous aiderez les autres à fleurir lorsqu’ils découvriront qu’ils ne vous ont nullement trompé, mais se sont trompés eux-mêmes. Vous ne pouvez  pas tromper une personne éternellement si elle continue à vous faire confiance. Cette confiance même vous ramènera sans cesse à vous-même.

Les problêmes

Si vous pouvez fonctionner comme si vous n’aviez pas de problèmes, vous découvrirez que vous n’avez aucun problème ! Tous les problèmes sont fictifs ; vous y croyez et c’est pourquoi ils existent.

C’est de l’autohypnose : vous répétez sans cesse que vous êtes comme ceci ou comme cela, que vous êtes inadéquat ou incapable. Vous répétez cela et cela devient un mantra ; cela pénètre dans votre cœur et devient une réalité.

Essayez seulement de fonctionner comme si vous n’aviez pas de problèmes et soudain, vous verrez que vous avez une qualité totalement différente : vous n’avez aucun problème ! Et alors cela dépend de vous que vous repreniez les problèmes ou les laissiez tomber pour toujours. Un problème peut être lâché très facilement si vous comprenez que c’est vous qui le tenez, non le problème qui vous tient. Mais nous ne pouvons pas vivre sans problèmes, alors nous ne cessons de les créer. Vous vous sentez si seul sans problèmes – il n’y a plus rien à faire. Avec les problèmes, vous vous sentez très heureux – il y a quelque chose à faire et vous devez y réfléchir ; cela vous occupe.

Cette idée continuelle que vous êtes inadéquat et incapable, que vous êtes ceci et cela – c’est fondamentalement très égoïste.  Vous voulez être tellement adéquat, mais pourquoi ? Vous voulez être vraiment immensément capable, mais pourquoi ? Pourquoi ne pouvez-vous être satisfait avec toutes les inadéquations et les limitations qui sont là ? Une fois que vous les acceptez, vous verrez que vous commencez à suivre le courant plus facilement.

Besoins et désirs

Les désirs sont multiples, les besoins sont peu nombreux. Les besoins peuvent être satisfaits ; les désirs, jamais. Un désir est un besoin devenu fou. Il est impossible de le satisfaire. Plus vous essayez, plus il en redemande.

Une histoire soufie raconte que, quand Alexandre le Grand mourut et arriva au ciel, il portait tout son bagage - tout son royaume, de l’or, des diamants – pas réellement bien sûr, mais dans sa tête. Etre Alexandre l’accablait d’un trop grand poids.

Le portier se mit à rire et lui demanda : « Pourquoi portes-tu un tel fardeau ? » Alexandre répondit : « Quel fardeau ? » Alors le portier lui donna une balance et plaça un œil sur un des plateaux. Il dit à Alexandre de déposer tout son fardeau, sa grandeur, ses trésors et son royaume sur l’autre plateau. Mais l’œil seul pesait plus lourd que tout le royaume d’Alexandre.

Le portier dit : « C’est un œil humain. Il représente le désir humain. Il ne peut être satisfait, quelle que soit la grandeur du royaume et quels que soient tes efforts. » Puis le portier jeta un peu de poussière dans l’œil. L’œil cligna immédiatement et perdit tout son poids.

Il faut jeter un peu de poussière de compréhension dans l’œil du désir. Le désir disparaît et il ne reste plus que les besoins, qui ne sont pas lourds. Les besoins sont très peu nombreux et ils sont beaux. Les désirs sont laids et ils font des hommes des monstres. Ils créent des fous. Une fois que vous commencez à apprendre comment choisir ce qui est paisible, une petite chambre suffit ; une petite quantité de nourriture suffit ; quelques habits suffisent ; un seul amant suffit.

La sécurité

Nulle part il n’y a de sécurité. La vie est incertaine, et elle n’a pas de fond – elle est sans fondement.

Du seul fait de désirer la sécurité, vous créez le problème. Plus vous la désirez, plus elle vous échappe, car l’insécurité est la nature même de la vie. Si vous ne désirez pas la sécurité, vous ne vous inquiéterez jamais de l’insécurité. De même que les arbres sont verts, la vie est incertaine. Si vous demandez aux arbres d’être blancs, il y a un problème. C’est vous qui créez le problème, pas les arbres – ils sont verts et vous leur demandez d’être blancs ! Ils ne peuvent pas fonctionner ainsi.

La vie est incertaine, l’amour aussi. Et c’est bien qu’il en soit ainsi. La vie ne peut être sûre que si vous êtes mort, alors tout peut être certain. Sous un rocher, il y a quelque chose de solide. Sous une fleur ce n’est pas le cas ; la fleur est fragile. Il suffit d’une petite brise pour la disperser ; les pétales peuvent tomber et disparaître. C’est un miracle que la fleur soit là. La vie est un miracle – car il n’y pas de raison qu’elle existe. C’est simplement un miracle que vous existiez, autrement il y a toutes les raisons pour que vous n’existiez pas. La maturité vous vient seulement quand vous acceptez cela, et non seulement quand vous l’acceptez, mais quand vous commencez à vous en réjouir.

Inconditionnel

Quand vous savez ce qu’est l’amour, vous êtes prêt à donner ; plus vous en donnez, plus vous en avez. Plus vous en inondez les autres, plus l’amour jaillit dans votre être.

L’amour ne se soucie jamais beaucoup de savoir si l’autre est digne de recevoir ou non. Ce serait une attitude avare et l’amour n’est jamais avare. Le nuage ne se soucie jamais de savoir si la terre est digne de recevoir la pluie ou non. Il pleut sur les montagnes, il pleut sur les rochers ; il pleut partout et n’importe où. Il donne ses conditions, sans exigence de retour.

C’est ainsi qu’est l’amour : il donne tout simplement, il se réjouit de donner. Celui qui désire le recevoir le reçoit. Il n’a pas besoin d’en être digne, il ne doit pas faire partie d’une catégorie spéciale, il n’a pas à remplir certaines qualifications. Si vous exigez toutes ces choses, ce que vous donnez n’est pas de l’amour ; cela doit être quelque chose d’autre. Quand vous savez ce qu’est l’amour, vous êtes prêt à donner ; plus vous en donnez, plus vous en avez. Plus vous en inondez les autres, plus l’amour jaillit dans votre être.

L’économie habituelle est totalement différente : si vous donnez quelque chose, vous le perdez. Si vous voulez garder quelque chose, évitez de le donner. Amassez-le, soyez avare. C’est tout le contraire avec l’amour. Si vous voulez l’avoir, ne soyez pas avare ; sinon il mourra, il deviendra rance. Continuez à donner et des sources fraîches deviendront disponibles. De frais ruisseaux d’amour couleront dans votre être. L’existence entière se déverse en vous quand votre don est inconditionnel, quand il est total.

Remettre à plus tard

La vie est très court, et il y a beaucoup à apprendre ; ceux qui remettent sans cesse à plus tard ratent l’occasion.

Demandez-vous constamment si vous vous dirigez ou non vers des états plus joyeux. Si c’est le cas, vous êtes sur la bonne voie. Persévérez, ayez-en toujours davantage. Et si vous vous sentez malheureux, alors regardez : quelque part, vous avez dévié, vous vous êtes égaré. Vous avez été distrait par quelque chose, vous n’êtes plus naturel, vous vous éloignez de la nature ; d’où le malheur. Regardez, analysez, et laissez tomber tout ce que vous trouvez comme étant la cause de votre malheur. Et ne remettez pas au lendemain ; laissez tomber immédiatement.

La vie est très courte et il y a beaucoup à apprendre ; ceux qui remettent sans cesse à plus tard ratent l’occasion. Aujourd’hui, vous remettez à demain et demain vous remettez encore. Peu à peu, vous prenez l’habitude de différer. Et c’est toujours aujourd’hui que cela arrive ; demain ne vient jamais. Aussi pouvez-vous différer à jamais. Chaque fois que vous voyez que quelque chose crée le malheur, laissez tomber sur-le-champ – ne le retenez pas un seul instant. C’est cela le courage : courage de vivre, courage de risquer, courage de s’aventurer. Et seuls ceux qui sont courageux sont un jour récompensés par le tout, par la lumière, par l’amour, la béatitude et la bénédiction.

Le foyer

Tant que nous ne trouvons pas notre vrai foyer, nous devons continuer à voyager. Et ce qu’il y a de plus surprenant, c’est que le vrai foyer n’est pas loin.

Nous créons beaucoup de foyers et nous ne regardons jamais le véritable foyer. Les foyers que nous créons sont tous arbitraires ; ce sont des châteaux de sable et des palais de cartes à jouer : de simples jouets avec lesquels jouer. Ce ne sont pas de véritables foyers, car la mort les détruit tous.

La définition du véritable foyer est « ce qui est éternel ». Seul Dieu est éternel ; tout le reste est temporaire. Le corps est temporaire, le mental est temporaire ; l’argent, le pouvoir, le prestige – tous sont temporaires. Ne faites pas de ces choses votre foyer. Je ne suis pas contre ces choses. Utilisez-les, mais souvenez-vous qu’elles ne sont qu’un caravansérail ; elles sont bonnes pour y passer une nuit, mais le matin il faut partir.

Nous passons à côté de notre véritable foyer, car il est très proche ; il n’est  pas seulement proche, il est en nous. Cherchez-le à l’intérieur. Ceux qui sont allés à l’intérieur l’ont toujours trouvé.

La pauvreté

Tôt ou tard la pauvreté extérieure disparaîtra – nous avons maintenant assez de technologie pour la faire disparaître – et le vrai problème surgira.

Les gens vraiment pauvres sont ceux qui manquent d’amour ; et la terre entière est pleine de ces gens pauvres qui sont affamés. Tôt ou tard, la pauvreté extérieure disparaîtra – nous avons maintenant assez de technologie pour la faire disparaître – et le vrai problème surgira. Le vrai problème sera la pauvreté intérieure. La technologie n’y peut rien. Nous sommes maintenant capables de nourrir les gens – mais qui nourrira l’esprit, l’âme ? La science ne peut pas le faire. Il faut quelque chose d’autre et c’est ce que j’appelle religion. Alors la science aura accompli son travail ; alors seulement la vraie religion pourra venir au monde.

Jusqu’à présent, la religion n’a été qu’un phénomène anormal – de temps à autre, un Bouddha, un Jésus, un Krishna apparaît. Ce sont des êtres exceptionnels ; ils ne représentent pas l’humanité. Ils annoncent simplement une possibilité, un futur. Mais ce futur se rapproche. Lorsque la science aura libéré les pouvoirs potentiels de la matière et que les êtres humains seront physiquement satisfaits – qu’ils auront un toit, assez de nourriture, suffisamment d’éducation – alors, pour la première fois, ils verront que désormais une nouvelle nourriture est nécessaire. Cette nourriture est l’amour et la science ne peut pas le procurer. Seule la religion peut le faire. La religion est la science de l’amour.

L’amour-haine

Quand vous aimez quelque chose, vous le détestez aussi. Vous trouverez des excuses à le haïr, mais elles ne valent rien.

Ne laissez jamais votre haine décider quoi que ce soit. Sachant bien que la haine existe, laissez toujours l’amour décider. Je ne dis pas de supprimer la haine, mais  ne la laissez jamais décider. Laissez-la exister, mais que sa place reste secondaire. Acceptez-la, mais qu’elle ne soit jamais décisive !

Négligez-la et elle mourra d’elle-même. Accordez plus d’attention à l’amour ; que l’amour décide ! Tôt ou tard, l’amour prendra possession de votre être tout entier et il ne restera plus de place pour la haine.

Se relier

Plus vous devenez centré, plus vous devenez détendu, plus grande est la possibilité d’entrer profondément dans une relation.

C’est vous qui entrez dans une relation. Si vous n’êtes pas là – si vous êtes tendu, désemparé, soucieux et divisé – qui va entrer profondément dans une relation ? A cause de nos divisions, nous avons vraiment peur d’entrer dans les couches plus profondes d’une relation, car alors notre réalité se révèlera. Alors, vous devrez ouvrir votre cœur et votre coeur n’est que fragments. Il n’y a pas en vous une seule personne - mais une foule. Si vous aimez vraiment quelqu’un et que vous ouvrez votre cœur, l’autre pensera que vous êtes un public et non pas une personne – d’où la peur.

C’est pourquoi les gens persistent à avoir des relations temporaires. Ils ne veulent pas approfondir ; juste effleurer la surface et s’enfuir dès qu’il s’agirait de s’engager. Vous vous bornez au sexe – et cela aussi est appauvri, superficiel. Seules les frontières se rencontrent, mais cela n’a rien à voir avec l’amour ; cela peut-être un soulagement physique, une catharsis, mais rien de plus.

Nous pouvons garder nos masques dans une relation qui n’est pas très intime. Vous souriez quand vous n’en éprouvez pas le besoin, seul le masque sourit. Si vous voulez vraiment approfondir, il y a des dangers. Vous devrez vous mettre à nu – et la nudité signifie que tous vos problèmes intérieurs seront connus de l’autre.

La liberté

La vie est incertaine – cela veut dire que la vie est libre. S’il y a sécurité, il y a esclavage ; si tout est certain, il n’y a pas de liberté.

Si demain est fixé, la sécurité est possible, mais vous n’avez pas de liberté. Alors vous n’êtes qu’un robot. Vous devez accomplir certaines choses qui sont déjà prédestinées. Mais demain est beau, car il est totale liberté. Personne ne sait ce qui va se passer. Personne ne sait si vous respirerez, si vous serez vivant. D’où la beauté, parce que tout est chaos, tout est un défi et tout existe en tant que possibilité.

Ne demandez pas d’être consolé. Si vous le faites, vous resterez incertain. Acceptez l’insécurité et elle disparaîtra. Ce n’est pas un paradoxe, c’est une simple vérité – paradoxale, mais absolument vraie. Vous avez vécu jusqu’à présent, alors pourquoi vous inquiéter du lendemain ? Si vous pouvez exister aujourd’hui, si vous avez pu exister hier, demain prendra aussi soin de lui-même.

Ne pensez pas au lendemain et avancez librement. A l’aise dans un chaos – c’est ainsi qu’on devrait être. Quand vous portez en vous une révolution, chaque instant amène un monde neuf, une nouvelle vie - chaque instant devient une nouvelle naissance.

La mort

Il n’y a pas de mal à mourir. Quand elle arrive, la mort est un grand repos.

Quand votre corps est complètement épuisé, la mort est la seule chose nécessaire. Alors elle arrive ; puis vous passez dans un autre corps. Vous pouvez devenir un arbre ou un oiseau ou un tigre ou autre chose, et vous continuez d’avancer. L’existence vous donne un nouveau corps quand l’ancien est épuisé.

La mort est belle, mais ne la demandez jamais parce que, quand vous la demandez, sa qualité se change en suicide. Alors ce n’est plus une mort naturelle. Il se peut que vous ne vous suicidiez pas, mais cette seule demande vous rend suicidaire. Quand vous vivez, soyez vivant ; quand vous êtes mort, soyez mort. Mais ne mélangez pas les choses. Il y a des  mourants qui s’accrochent à la vie. Cela aussi est faux, car quand vient la mort, vous devez vous en aller, et vous devez vous en aller en dansant. Si vous demandez la mort, ne serait-ce qu’en pensée, alors vous vivez tout en vous accrochant à l’idée de la mort. C’est la même chose dans l’autre sens. Un mourant qui s’accroche à la vie ne veut pas mourir. Un vivant qui  veut mourir, c’est de la non acceptation.

Acceptez tout ce qui est là et une fois que vous acceptez inconditionnellement, tout est beau. Même la douleur a un effet purificateur. Aussi, quoi qu’il vous advienne, soyez simplement reconnaissant.

L’équilibre

Quand le sentiment et la raison sont équilibrés, on est libre. C’est dans ce juste milieu qu’on trouve la liberté, l’équilibre, la tranquillité et le silence.

Quand la tête prend trop d’importance - et c’est ce qu’elle fait, cette assassine, – elle ne permet rien qui ne soit pas profitable. Et toute joie est sans profit,  elle n’est que joueuse ; elle n’a pas de but. L’amour est jeu, il n’a pas de but ; il en va de même pour la danse et pour la beauté. Tout ce qui compte pour le cœur est insignifiant pour la raison.

Aussi doit-on d’abord beaucoup s’investir dans le cœur, afin d’atteindre un équilibre. On doit presque trop pencher du côté du cœur. On doit tomber dans l’autre extrême pour trouver l’équilibre. Peu à peu, on arrive au milieu, mais il faut d’abord tomber dans l’autre extrême, car la raison a été trop dominante.

Les buts                               

La vie est sans but… et c’est là sa beauté.

S’il y avait un but à la vie, les choses ne seraient pas si belles, car un jour, nous arriverions tout au bout et alors tout ce qui viendrait après serait ennuyeux. Il y aurait répétition après répétition ; le même état monotone se poursuivrait – et la vie déteste la monotonie. Elle ne cesse de créer de nouveaux buts – parce qu’elle n’en a point ! Quand vous parvenez à un certain stade, la vie vous donne un autre but. L’horizon s’enfuit sans cesse devant vous, vous ne l’atteignez jamais, vous êtes toujours en route – toujours en train d’arriver. Et si vous comprenez cela, toute la tension de l’esprit disparaît, car la tension est de chercher un but, d’arriver quelque part.

Le mental aspire continuellement à arriver quelque part et la vie est un continuel départ, suivi d’une arrivée – mais seulement pour repartir. Il n’y a pas de finalité. Elle n’est jamais parfaite, et c’est sa perfection. C’est un processus dynamique, pas quelque chose de mort et de statique.

La vie n’est pas stagnante – elle s’écoule indéfiniment, et il n’y a pas d’autre rivage. Une fois que vous comprenez cela, vous commencez à savourer le voyage en lui-même. Chaque pas est un but, et il n’y a pas de but. Cette compréhension, lorsqu’elle s’établit profondément au centre de vous-même, vous détend. Alors il n’y a plus de tension, parce qu’il y a nulle part où aller, donc vous ne pouvez pas vous perdre.

La voie juste

La façon dont votre vie se termine est la seule preuve qui indique comment vous avez vécu. Si vous avez atteint l'illumination au seuil de votre mort, si vous avez atteint l'ultime plénitude juste avant de mourir, alors je ne dirais pas que vous auriez dû changer quoi que ce soit dans votre vie. Votre choix de vie s'est avéré juste. S'il y avait eu la plus petite erreur, vous n'auriez pas atteint l'illumination. Si vous avez atteint votre but, c'est que la voie était la bonne. Quelle autre preuve pourrait-il y avoir ? Aucune voie en elle-même ne peut avoir la prétention exclusive d'être la bonne ; si elle vous mène au but, c'est qu'elle est juste. Pouvez-vous dire que vous suivez la voie juste même si vous n'atteignez pas le but, que la voie est absolument juste, mais que le but n'est jamais atteint ? Je vous dirais que même si vous avez suivi un mauvais chemin mais que vous ayez atteint le but, alors ce chemin n'est plus mauvais, il est devenu juste. La voie juste est celle qui vous conduit au but. La fin est la seule chose qui compte, elle est le seul facteur décisif.

Et vous n'avez vraiment pas besoin d'atteindre la fin, chaque instant peut devenir la preuve. S'il y a une harmonie entre votre vie intérieure et votre vie extérieure, alors, à chaque instant une douce mélodie résonnera en vous, comme les cloches d'un temple. Comme lorsque vous vous approchez d'une rivière et qu'une brise fraîche vous effleure, ainsi une fraîcheur descend sur vous dès que votre vie intérieure et votre vie extérieure sont en harmonie. Tout comme le parfum des fleurs vous environne quand vous vous approchez d'un jardin, quand vous êtes en harmonie, un parfum indescriptible s'élève en vous. Ce n'est pas la peine d'aller interroger qui que ce soit. Le critère qui vous indique que votre vie avance sur le droit chemin ou non est en vous. Comment quelqu'un d'autre pourrait-il en décider pour vous ? Personne ne peut le faire.

Les qualités féminines

En fait, la femme a toutes les grandes qualités en elle. Et chaque fois qu'un homme parvient à l'illumination, il acquiert les mêmes qualités que celles qu'il condamnait chez la femme.

L'amour, la confiance, la beauté, la sincérité, la véracité, l'authenticité, autant de qualités féminines qui dépassent de loin n'importe quelle qualité masculine. Mais tout le passé a été dominé par l'homme et ses qualités. Naturellement, dans la guerre, l'amour ne sert à rien, la vérité ne sert à rien, la beauté ne sert à rien. Dans la guerre, il vous faut un coeur plus dur que la pierre. Dans la guerre, vous avez simplement besoin de haine, de colère, de rage destructrice.

En trois mille ans, l'homme a fait cinq mille guerres. Oui, c'est aussi un signe de force, mais indigne de l'être humain. C'est une force qui vient de notre héritage animal. Elle appartient au passé, à ce qui n'est plus ; et les qualités féminines appartiennent au futur, à ce qui arrive.

L'homme doit apprendre à aimer. Il doit apprendre à laisser son coeur être le maître, et à laisser son mental n'être qu'un serviteur obéissant.

Pourquoi m'est-il si difficile de voir la valeur de mes qualités féminines ? Il y a encore quelque chose en moi qui les juge comme des faiblesses et qui me donne le sentiment d'être incapable de survivre.

La condamnation si ancienne des qualités féminines a profondément pénétré la chair et le sang des femmes. C'est la conspiration des hommes pour prouver qu'ils sont supérieurs aux femmes – ce qu'ils ne sont pas.

L'homme est conscient au fond de lui que la femme a quelque chose qu'il n'a pas. En premier lieu, la femme l'attire, elle est belle. Il tombe amoureux de la femme, il en devient presque dépendant comme un drogué – et c'est là que le problème commence.

Ce sentiment de dépendance à l'égard de la femme, que tous les hommes ressentent, fait que l'homme réagit en essayant de traiter la femme en esclave – une esclave en esprit. Il a peur aussi car elle est belle... elle est belle non seulement pour lui, mais pour quiconque l'approche. Une grande jalousie surgit dans le mental du macho égoïste.

La liberté

La liberté des femmes sera aussi la liberté des hommes. Le jour où la femme sera acceptée comme l'égale de l'homme, où on lui donnera une chance égale de croissance, l'homme se trouvera soudain libéré des méchancetés qu'il avait l'habitude de subir de la part des femmes. Il est temps. L'homme est arrivé à une certaine maturité.

Nous pouvons créer ensemble un monde où hommes et femmes partagent leurs idées, leurs visions, leurs rêves. Parce qu'ils sont différents, leurs rêves seront différents, leurs contributions à la société seront différentes. Et si l'on crée une société à laquelle les hommes et les femmes participent de façon égale, ce sera pour la première fois la société la plus riche du monde.


La qualité d'amitié pure de l'amour

L'amour signifie une qualité d'amitié pure, où vous ne voulez rien de l'autre, où vous êtes simplement heureux, parce que l'autre existe, la simple présence de l'autre vous donne de la joie. Ce n'est pas qu'il vous fasse quelque chose ou qu'il vous soutienne -financièrement, physiquement – où qu'il soit d'une façon ou d'une autre un support à la joie, non ; sa seule présence suffit.

Quand vous commencez à vous réjouir de la présence d'une, alors l'amour est là. Vous ne voulez pas utiliser la personne. Au moment où vous commencez à utiliser la personne, l'amour a disparu. Alors, il ne s'agit plus que de ruses politiques. C'est simplement de l'exploitation : vous continuez de parler d'amour et derrière cette façade, vous continuez d'exploiter la personne.

Si vous avez connu l'amour avec une personne, vous avez connu l'amour pour tous. Alors cette personne devient la porte de tous. alors il n'est plus nécessaire de chercher, il n'est plus nécessaire de changer d'amoureux, alors un est suffisant, plus que suffisant. Alors, le coeur est rempli et vous pouvez bénir l'existence toute entière.

C'est la qualité la plus basse de l'amour qui ne cesse de rechercher, de changer, d'aspirer. Plus l'amour est élevé, plus il est centré.

La maternité

Devenez mère, mais ne prenez pas pour acquis qu'il suffit d'être femme pour être forcément une mère ; c'est une erreur. La maternité est un grand art, qu'il vous faut apprendre. Commencez donc par l'apprendre !

Premièrement, ne traitez jamais l'enfant comme s'il était à vous ; ne possédez jamais un enfant. L'enfant vient par vous, mais il ne vous appartient pas. Aimez l'enfant, mais ne le possédez jamais...

Seule une chose peut être possédée : on peut posséder une maison, on peut posséder une voiture – jamais une personne. Avant son arrivée, vous devriez être capable d'accueillir l'enfant comme un être indépendant, comme une personne à part entière, pas seulement comme votre enfant.

Deuxièmement : traitez l'enfant comme vous traiteriez une personne adulte. Ne traitez jamais un enfant comme un enfant. Traitez le avec un profond respect.

L'enfant est très fragile, désarmé. Il est très difficile de respecter l'enfant. Il est très facile de l'humilier.

Une fois que vous respectez l'enfant, vous n'essayez pas de lui imposer vos idées. Simplement vous lui donner la liberté – la liberté d'explorer le monde. Vous l'aidez à être de pus en plus fort pour explorer le monde, mais vous ne lui donnez jamais de directives. Vous lui donner de l'énergie, vous lui donner de la protection, vous lui donner de la sécurité, tout ce dont il a besoin, mais vous l'aidez à s'éloigner de vous pour explorer le monde.

Et la troisième chose : n'écoutez pas la morale, n'écoutez pas la religion, n'écoutez pas la culture ; écoutez la nature. Tout ce qui est naturel est bon, même si cela vous est parfois très difficile, très inconfortable.. parce que vous n'avez pas été élevés à l'écoute de la nature. Vos parents ne vous ont pas élevés dans l'art authentique : l'amour. Ne répétez pas les mêmes erreurs.

Tout d'abord, mettre un enfant au monde est une affaire très risquée. Mais si vous le voulez quand même, mettez au moins au monde un enfant qui sera totalement différent, qui ne sera pas malheureux, qui aidera au moins le monde à être un peu plus en fête ; un enfant qui apportera un peu plus de réjouissance sur terre... un peu plus de rire, d'amour, de vie.

L'amour

L'amour est comme un oiseau libre d'aller partout, le ciel tout entier est sa liberté. Vous pouvez attraper l'oiseau, vous pouvez le mettre dans une belle cage dorée, et l'on pourrait penser que c'est le même oiseau que celui qui volait en liberté et qui avait le ciel tout à lui. Ce n'est le même oiseau qu'en apparence, ce n'est pas lui, vous l'avez tué. Vous lui avez coupé les ailes. Vous lui avez pris son ciel. Et les oiseaux se fichent de votre or : aussi précieuse soit-elle, votre cage est une prison.

Et c'est ce que nous faisons de notre amour : nous fabriquons des cages dorées. Nous avons peur, parce que le ciel est immense, peur que l'oiseau ne revienne pas. Pour le tenir sous contrôle, nous devons l'emprisonner. C'est ainsi que l'amour devient mariage.

L'amour est un oiseau qui vole : le mariage est un oiseau dans une cage dorée. Et l'oiseau, à coup sûr, ne pourra jamais vous pardonner. Vous avez détruit toute sa beauté, toute sa joie, toute sa liberté.

Les amoureux ont toujours peur. Ils ont peur parce que l'amour vient comme la brise. Vous ne pouvez le créer, ce n'est pas quelque chose que l'on fabrique – il vient. Mais tout ce qui vient de lui-même peut aussi repartir de lui-même ; c'est un corollaire naturel. L'amour vient, et les fleurs s'épanouissent en vous, les chansons vous montent dans le coeur, l'envie de danser... mais avec une peur cachée. Que se passera-t-il si cette brise qui vous est venue, fraîche et parfumée, vous quitte demain ?... Car l'existence ne se limite pas à vous. Et la brise n'est qu'une invitée : elle restera chez vous aussi longtemps qu'elle en aura envie, et elle pourra partir d'un moment à l'autre.

Ceci crée une peur chez les gens, et ils deviennent possessifs.

On devrait s'aimer, aimer intensément, aimer totalement, et ne pas se soucier du lendemain. Si l'existence a été si merveilleuse aujourd'hui, faites-lui confiance : demain elle sera encore plus belle et plus merveilleuse. A mesure que grandit votre confiance, l'existence se montre de plus en plus généreuse à votre égard. Elle déversera plus d'amour sur vous. Elle fera pleuvoir sur vous encore plus de fleurs de joie et d'extase.

Aimez intensément, totalement, et vous ne penserez jamais à créer d'asservissement, de contrat. Vous ne penserez jamais à rendre quelqu'un dépendant. Si vous aimez, vous ne serez jamais cruel au point de détruire la liberté de l'autre. Vous l'aiderez, vous élargirez son ciel.

C'est le seul critère de l'amour : il donne la liberté, et il donne inconditionnellement.

La femme et la religion

Que pensez-vous de l'attitude des prêtres et des prophètes à l'égard des femmes ?

Ces gens que l'on pensait être les messagers de dieu, ces gens qui ont prêché la compassion, l'amour, n'ont jamais envisagé le moins du monde que les femmes étaient aussi des êtres humains....

Ils ont tous témoigné d'un irrespect écoeurant envers la féminité. La raison en est très claire. La raison, c'est qu'ils ont peur des femmes.

Toutes les religions ont peur des femmes parce que toutes les religions ont peur du sexe.

Toutes les religion répriment le sexe, elles sont ennemies du sexe. Il en découle naturellement qu'elles sont toutes hostiles à la femme, et que la femme doit être condamnée. Si vous condamnez le sexe, vous êtes forcé de condamner la femme. Si vous respectez la femme – c'est un corollaire inévitable – vous respecterez aussi le sexe comme une chose naturelle.

Et pourquoi ces gens étaient-ils contre le sexe ? Le sexe les effraie parce qu'il est l'énergie la plus forte de l'homme, la pulsion naturelle et biologique la plus puissante. Il n'y aucun moyen de la détruire.

Soit vous pouvez condamner et réprimer le sexe, soit vous pouvez le comprendre et le transformer. Mais la deuxième possibilité est un chemin long et ardu qui demande une intelligence et une vigilance extraordinaires – parce que le sexe est une force inconsciente en vous. Il habite toutes les cellules de votre corps. Il les fait toutes vibrer.

Votre mental conscient n'est rien comparé à votre énergie sexuelle inconsciente ; d'où la peur que l'inconscient puisse prendre possession de vous à tout moment. Réprimer semble plus facile. Tout d'abord cela ne demande aucune intelligence ; n'importe quel idiot peut le faire. En fait, seuls les idiots le font.

Ils sont ennemis du sexe, c'est pourquoi ils leur faut être hostiles à la femme...

Qu'y-a-t-il de mauvais dans un corps de femme ? Il n'y a aucune différence. La seule différence est physiologique, et cela non plus n'est pas une si grande différence – en tous cas pas une différence qui puisse faire une différence !

Les organes sexuels de l'homme pendent à l'extérieur et les organes sexuels de la femme pendent à l'intérieur ; c'est la seule différence. Retournez simplement votre poche et laissez-la pendre ; la poche devient mâle. Remettez-la dans sa position initiale, elle devient femelle. Vous appelez cela une différence ? La même poche ?

C'est un monde de phallocrates. Tous les avatars hindous sont des hommes ; pas une seule femme n'a été admise. Non pas qu'il n'y ait pas eu des femmes d'une force et d'une autorité bien plus grande que celles de ces soi-disant avatars, mais elles n'ont pas été acceptées, pour la simple raison qu'elles étaient des femmes, et que c'est un monde d'hommes.

Toutes les incarnations hindoues de Dieu sont des hommes. Il est vraiment surprenant et choquant qu'ils puissent accepter des animaux comme des incarnations de Dieu, mais qu'ils n'aient pas reconnu une seule femme en tant qu'incarnation de Dieu.

La libération de la femme

Je ne suis pas en faveur de ce qui se passe au nom de la libération de la femme. Je veux que les femmes soient libérées, mais pas pour qu'elles tombent dans l'autre extrême. Le mouvement de libération des femmes tombe dans l'autre extrême : il essaie de se venger ; il essaie de faire exactement à l'homme ce que l'homme a fait à la femme. C'est une pure idiotie. Le passé est le passé ; il n'est plus là, et ce que l'homme a fait a été fait inconsciemment. Ce n'était pas une conspiration consciente contre les femmes. Ni l'homme ni la femme n'en étaient conscients.

Elles croient peut-être prendre leur revanche ; en fait, elles se détruisent. La vengeance vous détruit toujours, la réaction vous détruit toujours. J'aimerais les voir comme des rebelles. Un rebelle sait que l'erreur est humaine et que le pardon l'est plus encore.

L'homme et la femme doivent parvenir à un accord. Ils doivent pardonner le passé et l'oublier. Et ils doivent recommencer à partir des nouvelles découvertes, en se rappelant ceci : la femme ne doit pas imiter l'homme, car son charme, sa beauté, ont une dimension différente. Si elle imite l'homme, elle n'en sera qu'une copie conforme ; elle perdra son identité.

Et elle est en train de la perdre. Le corps suit le mental de façon subtile. Le corps de la femme occidentale perd sa grâce d'antan, ses rondeurs d'antan.

... Elle ne doit pas devenir une réplique de l'homme. Elle doit devenir parfaite en tant que femme, et créer autant de distance que possible entre elle et l'homme. Plus la distance est grande, plus elle aura d'attrait, de beauté, de grâce. Elle doit trouver sa propre identité.

J'aimerais que mes disciples – les femmes en particulier – créent un véritable front de libération de la femme, un front qui ne serait inspiré ni par la colère, ni par la haine, un front basé sur la compréhension, la compassion, l'amour et la méditation.

La rébellion n'est pas dirigée contre l'homme en tant que tel, elle l'est aussi bien contre le passé de l'homme que contre celui de la femme. ainsi, cette rébellion revêtira une qualité religieuse qui apportera grâce et gratitude à chacun.

Pour mes amies rebelles

Une femme n'est pas seulement capable de donner naissance à des enfants, elle est aussi capable de se donner naissance en tant que chercheuse de vérité. Mais cet aspect-là de la femme n'a pas été exploré du tout. Je voudrais que mes amies rebelles explorent aussi cet aspect là.

L'orgasme

Tant qu'il est question simplement de reproduction biologique, l'orgasme n'est pas une nécessité. Mais dès lors qu'il est question de croissance spirituelle, l'orgasme est une nécessité.

On a maintes et maintes fois demandé pourquoi si peu de femmes ont connu l'illumination. Parmi de nombreuses raisons, la plus importante et qu'elles n'ont jamais goûté à l'orgasme. La fenêtre sur l'immensité du ciel ne s'est jamais ouverte. Elles ont vécu, elles ont fait des enfants et elles sont mortes.

Une femme est comparable à un instrument de musique ; tout son corps a une énorme sensibilité et cette sensibilité doit être éveillée. Un prélude amoureux est donc nécessaire. Et l'homme ne devrait pas s'endormir après avoir fait l'amour ; c'est laid, barbare, grossier. Une femme qui vous a donné un tel plaisir a aussi besoin d'un prolongement – rien que par gratitude.

Le mariage

Voilà ce qui est nécessaire : être libéré du mariage. Et si la femme grandit dans sa sauvagerie naturelle, et si l'homme grandit dans sa sauvagerie naturelle, s'ils se rencontrent amicalement, ou cordialement, comme l'on accueille des étrangers, leur amour sera d'une extraordinaire profondeur, leur amour sera une joie immense, une danse d'extase. Il n'y a pas de contrat, il n'y a pas de loi ; l'amour lui-même est la loi.

... abandonner l'idée du mariage qui est tout à fait exécrable, car ce n'est qu'une sorte de droit à la propriété privée. Or on ne peut pas posséder des êtres humains, ils ne sont pas des biens.

Les ailes de la femme ont été coupées de bien des manières. Mais le plus grand tort qu'on lui ait fait, c'est le mariage, car ni l'homme ni la femme ne sont monogames ; psychologiquement, ils sont polygames. On a donc forcé toute leur psychologie à fonctionner contre leur propre nature. Et comme la femme était dépendante de l'homme, elle a dû essuyer toutes sortes d'affronts – parce que l'homme était le maître, c'était lui qui était le propriétaire, qui avait tout l'argent.

Pour satisfaire sa nature polygame, l'homme a créé les prostituées. Les prostituées sont une conséquence du mariage. Et cette institution hideuse qu'est la prostitution ne disparaîtra pas du monde tant que le mariage existera. Elle est son ombre – parce que l'homme ne veut pas être lié par une relation monogamique, et comme il est libre de ses mouvements, et qu'il a l'argent, l'instruction, et tout le pouvoir – il a donc inventé les prostituées.

Mais détruire une femme en en faisant une prostituée est le crime le pus répugnant que vous puissiez commettre.

Ce qui est étrange, c'est que toutes les religions sont contre la prostitution, alors qu'elles en sont la cause. Elles sont toutes pour le mariage, mais elles sont incapables de voir ce simple fait que la prostitution est précisément apparue avec le mariage.

La position du missionaire

La position de l'homme au-dessus est une attitude tout à fait primitive ; la femme est plus fragile. Mais si les hommes ont choisi d'être au-dessus, c'est pour pouvoir garder la femme sous leur contrôle. Ecrasée sous la bête, la belle est forcée de se tenir tranquille.

L'orgasme et la méditation

L'expérience de l'orgasme vous donne non seulement le plaisir le plus suprême dont le corps soit capable, mais aussi l'intuition que ce n'est pas tout. Elle ouvre une porte. Elle vous fait prendre conscience que vous cherchez inutilement à l'extérieur, que votre vrai trésor est à l'intérieur de vous.

La méditation a été découverte par des gens qui avaient des expériences orgasmiques intenses. La méditation est une conséquence de l'expérience orgasmique. Il n'y a pas d'autre façon de découvrir la méditation.

L'orgasme vous amène naturellement à l'état de méditation : le temps s'arrête, la pensée disparaît, l'ego n'est plus. Vous êtes énergie pure. Pour la première fois, vous comprenez que vous n'êtes pas le corps et que vous n'êtes pas le mental ; vous êtes quelque chose qui transcende les deux : une énergie consciente.

... Que se passe-t-il ? Le temps s'arrête, la pensée disparaît. Le sentiment du « je » n'existe plus. Il y a un sentiment d'êtreté pur, existentiel, sans qu'aucun ego n'y soit attaché. Je, moi, mien.. tout cela est oublié. Ceci vous donne la clé de la méditation. Si vous parvenez à transcender le temps, à transcender le mental, vous entrez seul dans l'espace orgasmique – sans femme, sans homme. Pour être tout à fait précis, la méditation est un orgasme non-sexuel.

Mais cela fait des siècles que la moitié de l'humanité n'a pas connu l'orgasme ! Et ne croyez pas que l'homme ait été en meilleure position de fait que la femme ne connaissait pas l'orgasme. Pour ne pas avoir donné d'orgasme à la femme, il a dû aussi renoncer au sien... C'est ainsi que sur la terre, la femme a perdu quelque chose de sacré, et que l'homme l'a perdu lui aussi.

L'émerveillement

La femme est toujours plus enfantine, plus prête à s'émerveiller que l'homme. L'homme recherche toujours le savoir – et qu'est-ce que le savoir ? Le savoir n'est qu'un moyen de se débarrasser de l'émerveillement. Toute la science essaie de démystifier l'existence. Et c'est un fait bien connu que plus vous savez, moins vous vous émerveillez.

C'est pourquoi chaque fois qu'une femme est venue m'écouter, elle m'a entendu plus profondément, d'une façon plus intime, plus aimante. Mais quand un homme, un nouveau vient m'entendre, il est très réticent, sur le qui-vive ; il a peur d'être influencé, d'être blessé s'il n'est pas conforté savoir : ou, s'il est très malin, il interprétera tout ce qui est dit, selon ses propres connaissances. Et il dira : « Je sais tout ça ; il n'y a rien de nouveau dans ce qu'il a dit. »

C'est une façon de protéger son ego, de protéger la coquille dure ; et à moins que la coquille ne se brise et que vous ne vous retrouviez émerveillé comme un enfant, il ne vous sera jamais possible d'être dans un espace que nous avons toujours appelé « l'âme », l'essence même de votre être.

La mort

Une fois que vous savez ce qu'est la vie, vous savez ce qu'est la mort. La mort fait partie du même processus. Habituellement, nous pensons que la mort vient à la fin, nous pensons que la mort est opposée à la vie, qu'elle est une ennemie, mais la mort n'est pas une ennemie. Et si vous considérez la mort comme une ennemie, cela montre simplement que vous n'avez pas réussi à découvrir ce qu'est la vie.

La mort et la vie sont les deux pôles d'une même énergie, d'un même phénomène – le flux et le reflux, le jour et la nuit, l'été et l'hiver. Elles ne sont ni séparées, ni opposées, ni contraires ; elles sont complémentaires. La mort n'est pas la fin de la vie ; en fait c'est l'accomplissement d'une vie, son crescendo, le point culminant, le point final. Et une fois que vous connaissez votre vie et son processus, vous comprenez ce qu'est la mort...

Souvenez-vous que la mort et la vie s'enflamment ensemble, qu'elles ne sont jamais séparées. Si vous êtes très peu vivant, si vous vivez au minimum, vous pouvez voir la vie et la mort comme séparées. Plus vous vous approchez du sommet, plus elles se rapprochent. Au point culminant, elles se rencontrent et deviennent une. Dans l'amour, dans la méditation, dans la confiance, dans la prière, quand la vie devient totale, la mort est là. Sans la mort, la vie ne peut pas devenir totale...

Si vous avez touché à quelque chose de transcendant, si vous avez pénétré le centre de votre propre « rien » – le centre de votre être, là où vous n'êtes plus ni un corps, ni un mental, là où les plaisirs physiques sont totalement laissés à distance, là où les plaisirs d e l'esprit, la musique et la poésie, la littérature, la peinture, tout est laissé à distance, vous êtes simplement, une pure conscience, une vigilance – alors la mort sera une grande célébration, une grande compréhension, une grande révélation.

L'esprit rebelle

Observez tout ce qui est naturel avec sérénité et révoltez-vous contre toute souffrance imposée par quiconque. Que ce soit un homme ou une femme, que ce soit votre père ou votre mère, que ce soit le prêtre ou le professeur, que ce soit le gouvernement ou la société, révoltez-vous !

Si vous n'avez pas l'esprit rebelle, vous n'êtes pas vivants, dans le sens vrai du terme.

Mais soyez très clairs sur ce qui et naturel et sur ce qui est artificiel.

Face à tout ce qui est naturel, face à tout ce qui est, et contre quoi aucune rébellion n'est possible, ne soyez pas tristes ; acceptez le avec gratitude. C'est la main invisible du divin qui veut vous guérir, qui veut vous amener à un état de conscience plus élevé.

Mais face à tout ce qui n'est pas naturel...

Vous plier à n'importe quel esclavage, c'est détruire votre propre âme.

Mieux vaut mourir que vivre en esclave.

Le pouvoir

Il y a cette citation célèbre d'un philosophe anglais : « Le pouvoir corrompt, et le pouvoir absolu corrompt absolument. »

Je ne suis pas d'accord avec lui. Mon analyse est totalement différente. Chacun est plein de violence, d'envies de colères, de passions – mais sans pouvoir, chacun reste un saint. Pour être violent, vous devez être puissant. Pour combler votre avidité, vous devez être puissant. Pour satisfaire vos passions, vous devez être puissant.

C'est pourquoi lorsque le pouvoir vous arrive entre les mains, tous les chiens qui sommeillent se mettent à aboyer. Le pouvoir devient une nourriture, une occasion. Ce n'est pas le pouvoir qui corrompt, c'est vous qui êtes corrompu. Le pouvoir ne fait qu'amener votre corruption au grand jour. Vous voulez tuer quelqu'un, mais vous n'en avez pas le pouvoir ; mais si vous aviez ce pouvoir, vous tueriez.

Ce n'est pas le pouvoir qui corrompt, vous portez la corruption en vous ; le pouvoir vous donne simplement l'occasion de faire tout ce que vous voulez.

Le pouvoir entre les mains d'un homme comme Gautama Bouddha ne le corrompra pas ; au contraire, il l'aidera à élever le niveau de conscience de l'humanité...

Le pouvoir en lui-même est neutre. Entre les mains d'un homme de bien, ce sera une bénédiction. Entre les mains d'un homme inconscient, ce sera une malédiction...

La seule issue, c'est de nettoyer l'inconscient de l'humanité par la méditation, de remplir de lumière l'être intérieur. Seule la méditation donne un coeur propre, qui ne peut être corrompu. Dans ce cas, on ne peut jamais abuser du pouvoir, dans ce cas, le pouvoir peut être une bénédiction – il sera créatif. Alors vous agirez de telle manière que vous rendrez la vie plus aimable, plus vivable, afin d'embellir un peu l'existence.

Je vous parle, mais je n'ai pas prononcé un seul mot

Je vous le dis, je vous parle continuellement, mais je n'ai pas prononcé un seul mot. quand l'ego est absent, qui peut prononcer ? Alors que se passe-t-il quand je vous parle ?

C'est juste comme une brise qui traverse les pins, c'est juste comme une source qui va vers la rivière, c'est juste comme une fleur qui s'ouvre. Mais je ne suis pas là...

Les guérisseurs

Un guérisseur n'est pas vraiment un guérisseur, car il n'est pas un acteur. La guérison se produit à travers lui ; il doit simplement s'annihiler lui-même. En réalité, être un guérisseur signifie ne pas être. Moins vous êtes, mieux la guérison se fera. Plus vous êtes, plus le passage est bloqué. Dieu, ou la totalité, peu importe comment vous l'appelez, est le guérisseur. Le tout est le guérisseur.

Une personne malade c'est quelqu'un qui a simplement développé des blocages entre lui et le tout, ainsi quelque chose est déconnecté. La fonction du guérisseur est de le reconnecter.

Mais quand je dis que la fonction du guérisseur est de le reconnecter, je ne veux pas dire qu'il doive faire quelque chose. Le guérisseur n'est qu'une fonction, l'acteur, c'est Dieu, le tout. Alors la guérison devient presque une expérience de prière, une expérience divine, d'amour, du tout.

Ce que je dis n'est pas important

Ce que je dis n'est pas important ; l'espace entre les mots est important. Ne prêtez pas trop d'attention à ce que je dis. Les mots sont comme les deux rives d'un fleuve – les rives ne sont pas le fleuve. Ne vous attachez pas trop aux rives – elles ne calmeront pas votre soif. Oubliez-les ; regardez simplement au milieu. L'espace, le silence entre les mots, c'est le fleuve. C'est ce que j'essaie de vous transmettre.

Il n'y a pas de chemin

Le but est en vous ; vous êtes le but, la cible. Il n'y donc nulle part où aller, un chemin n'est pas nécessaire. En fait, il suffit de laissez tomber tous les chemins, de laisser tomber la recherche et d'être simplement vous-mêmes. Comme vous en êtes incapables, il faut vous montrer quelques chemins pour vous faire marcher, pour vous fatiguer. C'est simplement pour vous épuiser.

Chercher n'est pas la façon d'y arriver, mais la recherche est nécessaire parce que vous êtes très actifs.

Je ne suis donc pas un chemin. Je parle de chemins parce que vous êtes fous. Je parle de médicaments parce que vous êtes malades et que vous n'êtes pas capables de comprendre la vision du non-chemin. Il vous faudra marcher, chercher, être frustrés. Quand je dis qu'il y a deux chemins, j'entends par là qu'il y a deux chemin pour être frustrés. L'un c'est l'amour, l'autre c'est la méditation.

Mais je ne suis pas un chemin. Je suis juste une présence. Et ceux qui me comprennent n'auront besoin de rien d'autre que d'être avec moi. C'est ce qu'en Orient, nous appelons Satsang – être simplement avec moi, en ma présence...

À propos du nom Bhagwan

Pourquoi est-ce que vous vous appelez Bhagwan ? Pourquoi est-ce que vous vous appelez Dieu ?

Parce que je suis, parce que vous êtes, et parce que seul Dieu est. Il n'y a rien d'autre, il n'y a pas d'autre façon d'être. Peut-être que vous le savez, peut-être que vous ne le savez pas ; le seul choix est entre l'ignorance et la connaissance. Le choix n'est pas entre être Dieu ou ne pas être Dieu – le choix c'est de le reconnaître ou non.

Quand je m'appelle Dieu, c'est pour vous provoquer, pour vous défier. Je m'appelle simplement Dieu pour que vous puissiez aussi trouver le courage de le reconnaître. Si vous pouvez le reconnaître en moi, vous avez fait le premier pas pour le reconnaître en vous-mêmes....

En m'appelant Dieu, je vous montre simplement quelque chose. Je ne m'intéresse pas à comment on m'appelle – c'est sans importance – c'est simplement une indication, un geste. Je vous dis, « Regardez-moi, je suis juste comme vous. Si je puis reconnaître le divin en moi, si je puis respecter mon propre être, pourquoi pas vous ? Soyez respectueux de votre propre être. »

Le terme indien, Bhagwan est encore mieux que Dieu. Ce mot est extrêmement significatif, il signifie simplement celui qui est béni, rien d'autre. Bhagwan signifie celui qui est béni – celui qui a la chance de reconnaître son propre être.

Vous pouvez également le devenir... Si je peux le devenir, pourquoi pas vous ? Rien ne manque – juste le courage de pénétrer votre propre âme, juste le courage de vous faire face à vous-mêmes....

Si vous existez sans Dieu, vous êtes un arbre sans fleurs, un rosier sans roses. Et qu'est-ce qu'un rosier sans roses ? juste des épines.

Quand je m'appelle Bhagwan, je vous dis simplement, « Regardez-moi, les roses ont fleuris. » Et ce qui m'est arrivé peut vous arriver ! Alors ne vous sentez pas désespérés, ne vous sentez pas déprimés. Regardez-moi ! Et votre espoir ressurgira, vous ne serez plus désespérés. Laissez-moi entrer en vous ; permettez au moins à mon parfum de se glisser dans vos narines ! Laissez-moi toucher votre coeur ; laissez-moi le retourner un peu pour que vos propres fleurs se mettent à pousser, pour que vos propres boutons puissent ouvrir leurs pétales.

La patience

On ne sait plus attendre ; c'est un espace que l'on a presque abandonné. Et être capable d'attendre le bon moment, c'est notre plus grand trésor. L'existence toute entière attend le bon moment. Même les arbres savent cela – quand c'est le moment de fleurir et quand c'est le moment de laisser tomber toutes les feuilles et de se dresser nus dans le ciel. Ils sont très beaux dans leur nudité, dans l'attente d'un nouveau feuillage. L'ancien est parti, et ils ont une grande confiance, le neuf va bientôt arriver, de nouvelles feuilles vont bientôt pousser. On ne sait plus attendre, on veut tout tout de suite. C'est une grande perte pour l'humanité.

Dans l'attente, dans le silence, quelque chose grandit en vous – votre être authentique se déploie.

La créativité

La créativité, c'est la qualité que vous amenez aux activités qui sont les vôtres. C'est une attitude, une approche intérieure – votre façon de considérer les choses.... Tout le monde ne peut pas être un peintre – et ce n'est pas nécessaire non plus. Tout le monde ne peut pas être un danseur, et ce n'est pas nécessaire. Mais tout le monde peut être créatif.

Quoi que vous fassiez, faites-le joyeusement, si vous le faites avec amour, si votre action n'est pas purement économique, alors elle est créative. Si en l'accomplissant, quelque chose grandit en vous, alors cette action est spirituelle, elle est créative, elle est divine.

En étant plus créatifs, vous devenez plus divins. Toutes les religions du monde disent que Dieu est le créateur. Je ne sais pas s'il est le créateur ou non, mais je sais une chose : plus vous devenez créatifs, plus vous êtes divins.

La comparaison

Rappelez-vous que vous êtes nécessaires. Personne n'est supérieur et personne n'est inférieur ; personne n'est plus haut et personne n'est plus bas. Tout se complète.

Lorsque vous ne comparez pas, toute infériorité et toute supériorité disparaissent. Alors vous êtes simplement. Un petit buisson ou un grand arbre élancé, peu importe, vous êtes vous-mêmes. Un brin d'herbe est aussi nécessaire que la plus grande des étoiles. Le chant de ce coucou est aussi nécessaire que n'importe quel Bouddha. Le monde serait moins riche si le coucou disparaissait.

Regardez autour de vous. Tout est nécessaire et toutes choses vont ensemble. C'est une unité organique ; personne n'est plus haut et personne n'est plus bas, personne n'est supérieur et personne n'est inférieur. Chacun est incomparablement unique. Vous êtes nécessaires. Si vous ne pouvez le sentir en ma présence, où le sentirez-vous ?

Chaque jour ne m'incline devant vous simplement pour vous rappeler que vous êtes parfaits, que rien ne manque, que vous êtes déjà arrivés. Pas même un seul pas ne doit être franchi, tout est comme cela doit être. C'est cela la conscience religieuse.

Le goût du thé

Si vous me demandez quel est le goût du thé, je dirai... goûtez-le !

Un Jésus est fragile, un Bouddha aussi

Un mythe est une fleur très fragile, comme une rose... Une rose est une rose – si petite, et pourtant si belle, si fragile, et si vitale, si vivante, si parfumée. Le soir, les pétales tombent sur le sol et la fleur n'est plus.

Un Jésus aussi est fragile, un Bouddha aussi.

Tant que je suis ici, c'est un mythe – un mythe vivant avec un coeur qui bat. Utilisez cette opportunité. Quand je serai parti, ce sera un mensonge. Et c'est cela le malheur : au moment où les gens en entendent parler, la fleur est partie. Quand la fleur est partie, ils la vénérèrent pendant des siècles et des siècles. Ils vénèrent le passé, le mort, la tombe. Quand la fleur est vivante, ils la dénient, ils s'enfuient, ils se protègent, s'en défendent. Il se peut même qu'ils détruisent la fleur, car son existence les rend très tristes. L'existence même de la fleur les rend conscients de leur petitesse, de leur laideur. La fleur crée un contraste.

C'est la raison pour laquelle ils ont crucifié Jésus, empoisonné Socrate et tué Mansoor. Puis ils les vénèrent. Les mêmes gens qui ont tué Jésus vont le vénérer. Ils vont même vénérer la croix, parce que Jésus est mort dessus. Ces sont les mêmes gens. Les assassins et les adorateurs ne sont pas différents. Les ennemis et les croyants ne sont pas différents. Ce sont les mêmes gens – le même esprit humain et la même stupidité humaine.

Oui, c'est une fiction que je crée ici, mais elle est vivante. Voilà la différence. Pendant que je suis ici, le mythe est encore un pont vivant ; vous pouvez le traverser pour rejoindre l'inconnu.

La tristesse

Si vous voulez y échapper, si d'une certaine façon, vous voulez vous en débarrasser, le problème va se poser – car quand vous voulez vous débarrasser de quelque chose, vous ne le regardez jamais directement. Et cette chose se dissimule, car vous la condamnez, elle s'enfonce plus profondément dans l'inconscient, elle se cache dans le coin le plus sombre de votre être, là où vous ne pourrez la trouver.

Pour commencer, ne réprimez jamais. Ce qui est, est. Acceptez-le, laissez-le venir – faites-y face. En fait, se contenter de dire « Ne le réprimez pas », ce n'est pas suffisant. Si vous me le permettez, j'aimerais vous dire, « Apprivoisez-le ». Vous vous sentez triste ? Apprivoisez la tristesse. Ayez de la compassion pour elle. La tristesse existe aussi. Permettez-la, étreignez-la, asseyez-vous avec elle, tenez-lui la main. Soyez amical avec elle. Aimez-la. La tristesse est belle ! Il n'y aucun mal à être triste. Qui vous a dit que ce n'était pas bien ? En fait, seule la tristesse vous donnera une profondeur. Le rire est superficiel ; le bonheur est à fleur de peau. La tristesse touche l'os, la moelle. Il n'y a rien qui soit aussi profond que la tristesse.

Ne vous faites donc pas de soucis. Restez avec votre tristesse et elle vous emmènera dans votre centre le plus intime. Vous pouvez la chevaucher, vous connaîtrez ainsi certains aspects de votre être que vous n'avez jamais connus. Certaines choses ne se révèlent que dans la tristesse, elles ne se révèlent jamais dans le bonheur. L'obscurité aussi est bonne, elle aussi est divine. Il n'y a pas que le jour qui soit l'oeuvre de Dieu, la nuit aussi. C'est ce que j'appelle une attitude religieuse.

La perfection

L'ego, c'est l'idée même de perfection... Personne n'est là pour être parfait.

Quand l'ego arrive à voir que tout le jeu de l'ego est absurde, l'ego disparaît. Il ne reste rien derrière. Il y a une entièreté, mais il n'y a aucune perfection. Il y a une totalité, mais aucune perfection.

Toutes les vieilles religions sont orientées vers la perfection ; tout mon enseignement est orienté vers l'entièreté. Je dis « soyez entier ». Je ne dis pas « soyez parfait ». Et la différence est immense. Quand je dis soyez entier, je vous permets les contradictions. Alors, soyez entier de façon contradictoire. Quand je dis soyez entier, je ne vous donne pas un but, un critère, un idéal ; je ne veux pas provoquer d'anxiété en vous. Je désire simplement que vous soyez total, dans cet instant, où que vous soyez, quoi que vous fassiez et qui que vous soyez. Si vous êtes triste, soyez triste totalement – vous êtes entier. Si vous êtes en colère, soyez totalement en colère. Allez-y totalement.

L'idée de perfection est tout à fait différente, diamétralement opposée – pas même différente, opposée. Un perfectionniste dira, « Ne vous mettez jamais en colère ; ayez toujours de la compassion. Ne soyez jamais triste ; soyez toujours joyeux. » Il choisit une polarité en l'opposant à l'autre. Dans l'entièreté, on accepte les deux : les vallées et les cimes, les hauts et les bas. L'entièreté est totalité. Vous devez voir toute l'absurdité de l'ego, sinon il reviendra par la porte de derrière...

L'ego reste imparfait et il persiste à demander la perfection.

Tout mon message, c'est de voir la vérité, de voir l'enfer créé par l'ego au nom de la perfection, pour être unique – et de laisser tomber cela. Alors, il y a une immense beauté – pas d'ego, pas de moi, juste un vide profond. Et de ce vide profond émerge la créativité, la béatitude, satchitananda, la vérité. L'être, la béatitude, tout émerge de cette pureté absolue. Quand l'ego n'est pas, vous êtes une vierge. Christ est né d'une vierge ; votre néant, c'est la Mère Vierge, Mère Marie.

La discipline

Je ne suis pas ici pour vous imposer une discipline quelconque. Je suis ici pour vous libérer de toute discipline afin que votre être naturel se mette à fleurir.

Ecoutez le coeur – c'est cela la vraie obéissance. Le mot obéissance vient d'une racine qui signifie l'art d'écouter, mais le mot s'est beaucoup éloigné de la racine. L'art fondamental de l'écoute, c'est écouter le coeur, car c'est là que se réalisera la plénitude...
Lorsqu'il s'agit de votre totalité, écoutez le coeur.

Ecoutez simplement. Et ne vous souciez pas de ce que je dis littéralement, car parfois je dis l'opposé. L'opposé crée une situation.