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« Ce n'est pas la peine de renoncer à quoi que ce soit; jouissez de tout, mais souvenez-vous de garder aussi une distance. » |
Porte ouverte : le maître et le discipleEntretiens individuels avec Osho sur la relation entre existant entre le Maître et ses disciples. Ce livre est un recueil d'extraits centrés exclusivement sur cette énigmatique histoire d'amour existant entre le Maître spirituel et ses disciples. Quel est le travail d'Osho et comment se relie-t-il à ses sannyasins. Que signifie le fait de prendre le sannyas. Qu'est-ce qu'un mystique, quel est son rôle, et quelle est la responsabilité de ceux qui deviennent ses disciples. « Ce n'est pas en se rapprochant qu'on devient plus proche de moi, mais en entrant en soi-même. Plus vous entrez à l'intérieur, plus vous êtes proches de moi où que vous soyez. Le temps et la distance n'importent pas. » Table des matièresPremière partie: La grande histoire d'amour 1. Pas saint le moins du monde Deuxième partie: Vous êtes des rebelles 6. Le déprogramme complet Troisième partie: Je suis votre force 11.Je suis là pour vous rappeler Quatrième partie: Élargissez vos frontières 14.Sortez du cocon Cinquième partie: Vous êtes une famille 18.L'amour ne connaît ni temps ni distance Sixième partie: Le goût de sucre d'un muet 21.Entre deux silences Chapitre 1 : La grande histoire d'amourLe sannyas est sauvage. En devenant un sannyasin vous vous mettez à chercher la béatitude à l'intérieur. Vous oubliez toutes les ambitions qui vous conduisent dans le monde extérieur, car la béatitude est quelque chose d'intérieur, d'absolument individuel, personnel; vous pouvez la trouver en vous-même pour cela personne d'autre n'est nécessaire. Le sannyas est un voyage intérieur, il n'a pas de but extérieur. On doit arriver à sa propre source, on doit disparaître en soi-même. Et une fois que vous avez atteint votre source même, vos racines mêmes, vous êtes transformé. Alors vous pouvez vivre à l'extérieur, vous devez vivre à l'extérieur. Alors il n'y aura rien de mal car vous rayonnerez la joie, vous serez constamment en contact avec votre noyau intérieur. Parmi toutes les bousculades de la vie vous resterez calme, tranquille et heureux. Rien ne pourra vous troubler, rien ne pourra vous distraire. C'est cela la véritable maîtrise. Mon sannyas est de vivre totalement dans le monde et pourtant de rester pleinement conscient, vigilant vivre dans le monde sans aucun attachement. Ce n'est pas la peine de renoncer à quoi que ce soit; jouissez de tout, mais souvenez-vous de garder aussi une distance. Une partie de votre être devrait toujours rester alerte, afin que vous ne vous impliquiez pas. Agissez mais ne devenez pas un actif. La vie doit être vécue comme si vous étiez un acteur sur une vaste scène et que l'existence n'était qu'une pièce de théâtre. Mais ne vous identifiez pas aux rôles que vous jouez. C'est là que naît le problème, lorsque vous vous identifiez. Ainsi mon sannyas peut se réduire à une simple définition : ne pas s'identifier à un rôle, quel qu'il soit. On peut être un docteur ou un homme d'affaires, on peut être un ingénieur ou un peintre quel que soit le rôle que vous jouez, ne vous prenez pas au sérieux. Peu importe que vous réussissiez ou que vous échouiez; ce qui compte c'est que vous restiez sans cesse alerte. Le succès arrive, vous l'observez, l'échec arrive, vous l'observez. La vie est là, vous l'observez, la mort arrive, vous l'observez. Votre seule tâche est de rester témoin de tout ce qui se passe autour de vous, intérieurement et extérieurement. C'est le fondement de mon sannyas. L'attitude du témoin n'est possible que si vous entrez peu à peu dans la méditation. Choisissez une méditation, celle qui vous convient, puis persévérez dans sa pratique sans aucun désir d'obtenir un résultat immédiat. Oubliez complètement les résultats; continuez simplement à la faire, en la savourant, et un jour le résultat viendra. Mais il ne vient que lorsque la méditation a atteint une certaine intensité. C'est comme l'eau qui s'évapore : lorsqu'elle atteint cent degrés, elle s'évapore. A quatre-vingt dix-neuf degrés elle ne s'évapore pas encore, c'est encore de l'eau; rien qu'un degré de plus et elle disparaît. À un visiteur d'Angleterre. Si vous prenez courage, le sannyas peut être une grande aide. C'est le premier pas positif c'est un engagement. C'est être connecté avec moi pour un voyage inconnu. Pour vous il fait presque nuit, et vous avancez dans l'inconnu. Naturellement la peur est là, mille et une questions, mille et un doutes s'élèvent, mais ils appartiennent tous à votre mental négatif. Si vous décidez d'aller vers le positif, vous devez devenir indifférent à tous ces doutes, à toutes ces questions. C'est un risque. Tout ce qui est positif est un risque, toute croissance est un risque. Toute naissance est très douloureuse. Lorsqu'un enfant naît, il y a deux possibilités : il se peut qu'il vive, il se peut qu'il meure. Lorsqu'il était dans le sein maternel, la mère respirait pour lui il ne respirait même pas par lui-même. Les deux ou trois minutes après la naissance sont les plus dangereuses. Tout le monde est en suspens, se demande si l'enfant va respirer ou non. Et si l'enfant ne crie pas, le docteur doit le frapper pour qu'il se mette à respirer. Et l'enfant n'a encore jamais respiré, c'est l'inconnu. Le sannyas est comme une nouvelle naissance. Vous avez vécu d'une certaine manière, selon un certain style, vous avez travaillé sur vous et pourtant quelque chose vous manque encore. Essayez quelque chose de neuf, d'absolument neuf. Et c'est de cela dont il s'agit lorsque je dis prenez sannyas, je veux dire : « Donnez-moi la responsabilité ». Laissez-la tomber. Commencez à vivre comme s'il n'y avait pas de problème. Dès cet instant, détendez-vous tout simplement. Et cette détente vient avec le sannyas. Si vous pouvez prendre courage et c'est une question de courage. C'est une aventure. Ce que j'ai vraiment envie de faire c'est d'aller dans l'autre direction d'aller en bas, d'être mauvais, de suivre le sentier de la main gauche, si vous voulez... d'être sauvage et pas le moins du monde saint. C'est ce qu'est mon sannyas ! Pas le moins du mon de saint... et il est sauvage. Et si vous en avez vraiment assez de travailler sur vous, c'est ce que je dis : « Donnez-moi la responsabilité ». Après cela il n'y a plus de travail. Il n'y a plus que la confiance. Le sannyas, c'est vivre innocemment, c'est vivre sans ruse ni calcul, sans mathématiques ni logique. Le sannyas signifie dire adieu à Aristote... vivre comme un fou, vivre intensément et passionnément. Et le premier pas c'est d'abandonner le passé. Les gens quittent la société cela ne les avance pas à grand chose. Car même si vous quittez la société, vous portez un passé, qui a été créé, cultivé, conditionné par cette société. Vous pouvez vous opposer à la société, mais vous en faites partie, aussi je ne vous dis pas de quitter la société je dis : « Quittez votre passé ». C'est la vraie manière de quitter la société. Et votre changement de nom n'est qu'une indication que vous n'appartenez plus à votre passé que désormais vous n'êtes plus en continuité avec le passé. Bien sûr vous ne pouvez l'effacer; il est là. Mais vous verrez de plus en plus qu'il appartenait à quelqu'un d'autre, qu'il est comme si vous l'aviez rêvé ou que vous aviez vu un film ou lu un roman vous en êtes totalement séparé. Plus que tout autre chose, le sannyas demande du courage, car c'est une déclaration de votre individualité, une déclaration de liberté, c'est déclarer que vous n'appartiendrez plus à la folie des masses, à la psychologie des masses. C'est déclarer que vous devenez universel; vous n'appartiendrez à aucun pays, à aucune église, à aucune race, à aucune religion. Vous serez religieux mais vous ne serez pas musulman, hindou ou chrétien. Vous aimerez Jésus, Bouddha et Mahomet parce que vous serez religieux, mais vous n'appartiendrez à aucun dogme ni croyance et vous n'appartiendrez à aucun état, aucune nation, car toutes ces frontières sont fausses, toutes ces divisions sont laides. La terre est une, et le sannyas est une déclaration de l'unité de l'humanité. Cela demande certainement du courage. Cela en demande parce que c'est se débarrasser de la tradition, du passé, de l'histoire. C'est s'efforcer de vivre dans le présent selon votre propre lumière, sans être dominé par les morts, sans être dominé par l'histoire. Etre libre de l'histoire est une telle joie, mais c'est aussi un risque, car alors vous êtes seul, vous n'avez plus de lignes directrices, plus de cartes à suivre. Mais c'est aussi la beauté de la chose : lorsque vous n'avez plus de ligne à suivre, votre propre conscience s'élève pour relever le défi. Lorsque vous n'avez pas de carte, vous commencez à explorer par vous-même. Alors la vie devient une aventure. Mes sannyasins ne doivent pas être des croyants. Ils doivent être des chercheurs, des explorateurs. Le sannyas débute dans un certain état d'agnosticisme, ni athéiste ni théiste, simplement ouvert et disponible, sans préjugés. C'est la signification du terme agnostique : celui qui ne croit rien. Cela ne veut pas dire qu'il ne croit pas, il ne croit ni ne croit pas, il commence par un état de non-savoir. Alors le jour n'est pas loin, car vous avez fait le pas le plus intelligent qui soit. Les insensés sont ou croyants ou incroyants ou communistes ou catholiques, mais cela revient au même. Leurs drapeaux sont différents, leurs papes sont différents, leurs dieux sont différents, mais la croyance est la même. L'un suit la Bible, l'autre suit le Capital, l'un croit en Moïse, l'autre croit en Marx, l'un croit en la Kaaba, l'autre croit au Kremlin c'est la même stupidité car toute incroyance est une croyance d'une manière ou d'une autre. Un sannyasin doit abandonner toute croyance, et la croyance inclut aussi l'incroyance. Il doit se libérer de tous les préjugés afin que ses yeux soient ouverts, alertes, prêts à voir la réalité quelle qu'elle soit. C'est le début de l'intelligence. L'intelligence est la semence de la clarté, et lorsque l'intelligence fleurit, la vie devient divine. La nuit obscure de l'âme est finie. Le jour s'est levé ! Le sannyas n'est que pour les individus intelligents, car il exige chaque jour davantage d'intelligence . Plus vous allez en profondeur, plus il faut d'intelligence. Mais c'est là la beauté de tout le processus : lorsque vous acceptez le défi, l'intelligence grandit en vous. Elle est en vous à l'état potentiel. Elle ne se manifeste que lorsque le défi est accepté. Le sannyas est un défi pour actualiser votre intelligence potentielle, en faire une réalité. Un sannyasin doit être féminin. Peu importe qu'il soit un homme ou une femme. La biologie, la physiologie n'ont pas d'importance. Une féminité psychologique est nécessaire. Il ne devrait pas être agressif, il ne devrait pas être ambitieux. Il devrait apprendre à attendre. Il devrait être patient, il devrait être une matrice pour recevoir Dieu. Le sannyas est une déclaration de votre part que vous êtes prêt à recevoir. Si l'on frappe à la porte, vous êtes prêt à l'ouvrir. Si vous êtes appelé, vous n'hésiterez pas. S'il y a un risque à prendre, non seulement vous le prendrez, mais vous le prendrez de bon gré. Alors naîtra la communion. Le sannyas est une coopération avec le Maître. Simplement, le disciple s'accorde tellement au Maître qu'il accueille ses suggestions. Il n'est plus d'humeur discutailleuse, il n'argumente plus. Avec le Maître, il n'y a pas d'argument possible; il écoute simplement et suit. Et les choses sont si simples que si l'on peut écouter et suivre, cela peut se produire immédiatement, instantanément. Mon sannyas ne dit pas non à la vie c'est une simple confiance intérieure. C'est un geste d'abandon : vous m'aimez et me permettez de vous aimer... si je répands mon amour sur vous, vous le recevrez avec gratitude. Une marchande de tableaux allemande dit à Osho qu'elle sent qu'elle ne peut pas prendre sannyas. Une personne sincère réfléchit, ressasse, envisage sous tous les angles la question de prendre sannyas et c'est bien, car lorsqu'une personne sincère prend une décision, cela veut dire que cette décision changera sa vie... cela signifie quelque chose. Vous y avez réfléchi et vous avez hésité -c'était bien. Et je vous observais : l'hésitation était bonne. Il vaut mieux hésiter avant qu'après. Il faut arriver à une décision claire qui clôt le passé et ouvre une nouvelle porte. Et le sannyas est une ouverture. Vous avez vécu d'une certaine manière et vous avez réussi... Le sannyas ne veut pas dire que la façon dont vous avez vécu n'était pas un succès. Le sannyas veut simplement dire qu'il y a des succès qui se révèlent ne pas en être. Notre succès peut être parfait et pourtant... pourtant... Je crois que je vais suivre la même voie que vos sannyasins, mais je crois que je dois le faire par moi-même, pas dans cette communauté. J'ai été dans beaucoup d'autres prisons dans ma vie des homes d'enfants, des pensionnats... Aussi j'ai envie d'être libre. Soyez libre ! mais vous ne connaissez pas mon sannyas. Soyez libre ! Et bientôt vous comprendrez que vous ne pouvez être plus libre que mes sannyasins. Mais attendez. Bientôt vous commencerez à vous sentir jalouse d'eux (rire). (souriant) Peut-être. Mais pourquoi ne puis-je pas suivre ma propre voie ? Essayez ! Je ne vous dis pas de ne pas essayer. Mais c'est une réaction contre votre passé ce n'est pas la liberté. Car dans le passé quelque chose est arrivé qui fait que vous avez peur de toute communauté, de tout groupe, de faire partie de quoi que ce soit. Ce n'est qu'une réaction à votre passé ce n'est pas la liberté. Je ne suis pas pressé de vous donner sannyas. Soyez simplement ici et prenez-y plaisir... sentez ce qu'est le sannyas. Soyez avec des sannyasins, voyez et observez, et vous saurez que par vous-même vous ne serez jamais aussi libre. Car ce sannyas est quelque chose d'absolument neuf sur la terre. Mes sannyasins sont reliés à moi directement et individuellement. Ils ne sont pas liés les uns aux autres en tant que groupe. Et je ne leur impose aucune discipline ils ne sont en aucune manière limités. En fait tout ce que vous faites par vous-même, c'est de vous limiter, c'est tout. Actuellement c'est vous qui vous emprisonnez. Vous avez eu peur d'autres emprisonnements; maintenant vous serez prisonnière de votre ego et cela peut être l'emprisonnement le pire de tous. Vous ne vous êtes pas rendu compte qu'une personne peut être prisonnière de son propre ego et appeler cela indépendance et liberté. Cela ne peut pas être la liberté. Puis-je dire quelque chose d'autre ? J'ai quitté l'Allemagne pour vous voir et j'ai senti que beaucoup de choses sont passées durant ces quatre jours. J'ai le sentiment qu'à chaque instant, tant de grâce... Puis dans cet ashram, je dois vous attendre le matin, puis attendre pour les méditations, puis attendre pour le darshan... Attendez simplement ! Méditez et écoutez-moi. Une chose que je puis vous dire c'est que vous n'avez besoin de dire à personne que vous allez devenir sannyasin et je dirai à ces gens (indiquant le groupe) de ne le dire à personne (rire). Ainsi ce n'est qu'une question de temps. Vous pouvez remettre à plus tard autant que vous le désirez, mais en ce qui me concerne, vous êtes déjà devenue une sannyasin. Je peux voir en vous. Vous n'avez pas peur de moi, vous avez peur de votre passé. Vous avez peur de vos complications passées. Mais ceci n'a rien à voir avec elles. C'est la liberté absolue. Aussi dois-je le retarder ou dois-je vous le donner maintenant ? (la femme acquiesce en riant) Fermez les yeux pourquoi attendre ? et si quelque chose se passe, laissez venir. (plaçant le mala autour de son cou) Je vous confère une liberté absolue . Maintenant regardez-moi. Ceci sera votre nom... Le plaisir est momentané, la béatitude est éternelle. Vivre dans le plaisir c'est gaspiller sa vie. Il vient et s'en va. L'initiation au sannyas c'est prendre la décision que désormais vous allez quitter la psychologie de masse et sa stupidité, que vous allez vous efforcer d'aller vers quelque chose d'éternel, quelque chose qui ne peut être détruit même par la mort. Un homme n'a bien vécu que s'il possède quelque chose que la mort ne peut lui arracher. Voici une histoire soufie très ancienne... Un roi appela ses sages et dit : « Je voudrais vous demander conseil. En une simple phrase, donnez-moi un sutra qui puisse être utilisé dans toutes les situations de la vie, et qui puisse résoudre tous les problèmes une clé. » Les sages furent effrayés. Comment trouver une seule petite maxime qui résoudra tout ? Ils demandèrent du temps. Le roi attendit des mois, puis il dit : « Que faites-vous ? Donnez-moi ce conseil ! » Pendant ce temps ils se mirent à la recherche de quelqu'un qui puisse les aider et ils trouvèrent un Maître soufi. Le Maître soufi leur dit : « Ne dites rien. Voici le conseil ». Il l'écrivit sur un bout de papier, le mit dans un médaillon et le donna aux sages. Il leur dit de le remettre au roi et de lui recommander de ne pas l'ouvrir sauf s'il sent que c'est absolument nécessaire. « S'il peut s'en sortir par un autre moyen, qu'il ne s'en serve pas. Ceci est une clé. Elle est très précieuse. Ne l'employez pas pour des serrures ordinaires qui peuvent être ouvertes par d'autres moyens. » Le roi fut très heureux. Il attendit une occasion, mais elle ne vint pas. Il attendit encore, mais quel que soit le problème qui se présentait, il se disait : « Ce n'est pas absolument nécessaire. Je peux le résoudre. » Et avec le temps, il arrivait à le résoudre. Ce médaillon attisa sa curiosité. Quel conseil renfermait-il ? Mais il avait promis de ne pas l'ouvrir à moins qu'il ne s'agisse quasiment d'une question de vie ou de mort. Le moment arriva. Un royaume voisin le vainquit. Il s'enfuit dans la forêt, dans les collines, poursuivi par l'ennemi. Il pouvait entendre les pas des chevaux se rapprocher de plus en plus jusqu'à ce qu'il parvienne à un précipice : maintenant il ne pouvait plus aller nulle part l'ennemi arrivait, il serait là dans quelques secondes et s'il sautait, il mourrait. Il ne trouva aucune solution. C'était le moment ! Alors il ouvrit le médaillon. Une simple phrase y était écrite : « Ceci aussi passera. » Il dit : « Quelle genre d'homme est ce vieillard qui s'est moqué de moi ? Il n'y a rien là-dedans et je croyais que c'était un grand secret ceci aussi passera. » Mais tandis qu'il lisait, il s'aperçut soudain que les chevaux semblaient s'éloigner au lieu de se rapprocher. Ils avaient raté le chemin. Il plia le papier et le remit dans le médaillon. Deux jours plus tard, il fut sauvé par ses amis et ils reconquérirent leur royaume. Il y eut une grande fête et il fut reçu dans la capitale. On lui lança des fleurs et tout le chemin en était jonché. Le roi fut très heureux, si exalté qu'il était prêt à éclater de joie. Soudain, il sentit à nouveau qu'il était en danger; ce bonheur était trop intense. Il regarda de nouveau le sutra, le même sutra : « Ceci aussi passera. » Lorsqu'il arriva à son palais, il s'enquit de celui qui lui avait donné ce conseil. Il se rendit chez le Maître soufi et se fit initier; il abandonna son royaume. Il dit : « L'homme qui m'a donné un tel conseil est celui qu'il faut suivre. Je m'abandonne à vous. J'ai compris. Tout passe, même cette vie passera, aussi je suis venu pour rechercher ce qui ne passe pas. Montrez-le moi. » Dès l'instant où vous abandonnez votre ancien nom et votre ancienne identité, vous vous sentez allégé. Ce n'est pas seulement un nom, c'est le noyau même de tout le passé autour duquel votre vie entière s'est déroulée. Les anxiétés, les problèmes, les difficultés, les complexes tout se trouve dans le nom. C'est difficile de changer de personnalité, mais c'est très simple de la laisser tomber. Le nouveau nom n'est que le début de mon engagement avec vous. Si vous ne pouvez même pas perdre votre nom, que pourrez-vous perdre d'autre ? Le changement de nom n'est pas qu'un changement de nom, c'est un effort pour contacter votre noyau le plus profond. Vous donner un nouveau nom signifie m'engager avec vous. Ce n'est pas qu'une étiquette, c'est bien plus profond. C'est une sorte de pénétration psychologique. Et il ne s'agit pas seulement d'avoir un joli nom qui sonne bien... Lorsqu'un nom est donné par un Maître, il a aussi une signification, non seulement un son mais une signification. Et il contient un message; il peut transformer toute votre vie. Ce n'est que le début d'un grand voyage. C'est une semence -elle contient beaucoup. Si vous coopérez et si vous l'aidez, elle deviendra un grand arbre. Et ce n'est que lorsqu'elle sera devenue un grand arbre et qu'elle aura fleuri que vous connaîtrez la signification complète du nom. Il ne doit pas seulement être utilisé par les autres comme une commodité. Il doit vous représenter. Il doit devenir le style même de votre vie. Pour consoler votre mental je parle du nouveau nom et je le fais apparaître comme quelque chose de très important. Dans cette avidité, vous abandonnez l'ancien. Une fois que l'ancien est abandonné, tôt ou tard, je vous dirai que le nouveau est tout aussi inutile que l'ancien. Utilisez le nouveau nom il est nécessaire. Mais il est arbitraire, ce n'est que votre étiquette. Il ne dit rien de vous il ne peut rien dire de vous, il n'a rien à voir avec vous. Vous êtes vaste... vous êtes immense ! Le nom n'est qu'une petite chose. Mais alors vous serez capable de comprendre. Ainsi parfois je dois mentir je dois dire des mensonges. Mais c'est ce qu'ont fait les bouddhas au cours des âges. Il n'y a pas d'autre moyen, car l'homme vit dans tant de mensonges que ce n'est qu'à travers le mensonge qu'on peut le sortir de la confusion où il se trouve. L'homme ne comprend que le langage du mensonge. Par exemple, vous comprenez le langage d'un beau nom. C'est agréable pour l'ego, cela renforce l'ego. Vous avez un si grand nom, une si grande possibilité, un tel potentiel; tout cela flatte l'ego. C'est le langage que vous comprenez et je dois parler le même langage. Une fois que vous vous êtes mis en route avec moi, il n'y a plus de problème. Le premier problème est de vous faire bouger. Vous êtes bloqué, aussi si vous pouvez bouger, ne serait-ce que grâce à un rêve, pour vous je créerai un rêve. Et non seulement des noms, mais tous les pouvoirs spirituels, la kundalini et les lumières intérieures et les chakras et les lotus qui fleurissent à l'intérieur... ce sont tous des rêves, des appâts, afin que vous puissiez vous mettre en route. Sinon vous ne bougerez pas. Vous ne pouvez bouger que s'il y a un rêve et ce rêve vous motive pour avancer. Lorsque vous aurez commencé à avancer, vous saurez que ce qui compte c'est le mouvement, non le but. Ce qui compte c'est le dynamisme, l'énergie qui circule, l'énergie qui vibre. Ce n'est pas que vous arriviez quelque part. Le but n'est pas du tout le but le voyage est le but. Une fois que vous vous êtes mis en route et que vous connaissez la beauté du voyage et que vous êtes devenu un vrai vagabond un voyageur de l'âme vous oublierez complètement le but. Vous direz : « Le voyage est si beau, qui se soucie du but ? » Alors vous n'allez nulle part. Où que vous soyez, vous êtes là, et vous êtes absolument ravi là où vous êtes. Alors chaque instant est une expérience de l'éternité, de l'intemporel, de l'infini. Toutes vos résistances disparaîtront. Tout le monde le sait ce n'est pas la peine de s'en soucier. Lorsque vous êtes prêt à prendre sannyas, cela veut dire que vous avez déjà surmonté une grande résistance, une des plus grandes. Celles qui restent sont petites, elles ne sont pas grand chose. Et une fois que vous êtes un sannyasin, alors je commence à vous frapper. Tant que vous n'êtes pas un sannyasin, je me retiens ! Je suis très poli... très aimant, séduisant. Lorsque vous êtes un sannyasin, alors je me montre sous mon vrai jour ! En devenant un sannyasin vous ouvrez une nouvelle porte dans votre vie, la porte de la confiance. L'idée, c'est que si je vous dis quelque chose, cela devienne plus important que votre propre mental c'est tout le sens du sannyas. Désormais, s'il y a un conflit entre ce que je dis et votre mental, vous abandonnerez le mental et vous m'écouterez. C'est le risque. Si vous persistez à consulter votre mental pour décider s'il faut faire ce que je dis ou non, alors vous restez tel que vous êtes. Vous n'émergez pas. Vous ne tendez pas la main pour que je puisse la tenir. Le concept de prayaga est très, très significatif. Je voudrais que vous vous souveniez que le corps est une rivière, le mental en est une autre. Mais ce sont des rivières visibles grossières; c'est pourquoi vous pouvez les voir. Derrière ces deux se cache la troisième, et cette troisième est votre réalité. Aussi ne vous perdez pas dans les deux premières. Il faut se souvenir de la troisième, la provoquer, la susciter. C'est le sens du sannyas. En devenant un sannyasin vous faites un pas vers cette troisième énergie en vous. En choisissant un Maître vous essayez d'atteindre l'invisible. En vous abandonnant à un Maître, vous vous abandonnez à votre centre le plus intime. Le grossier s'abandonne au subtil, le manifesté au non-manifesté, le créé à l'incréé, le temps s'abandonne à l'éternité... C'est un grand pas... Dieu est invisible. Il est partout mais pourtant intangible; nous ne pouvons le toucher. Aussi devez-vous trouver un Maître que vous puissiez toucher, que vous puissiez sentir. Le Maître est à mi-chemin : le Maître est tout comme vous et pourtant pas comme vous. Le Maître est quelqu'un qui a vu Dieu. Le sannyas signifie se rapprocher du Maître afin que vous puissiez voir à travers ses yeux. C'est entrer en harmonie avec le Maître, c'est unir et fondre votre énergie avec lui. C'est tenir sa main afin qu'il puisse vous conduire dans l'inconnu où vous n'avez jamais été. Une fois que vous y êtes entré, peu à peu le Maître n'est plus nécessaire. Ainsi le sannyas n'est rien d'autre qu'une histoire d'amour avec un Maître, un engagement, une implication, et le véritable sentiment ne vient que lorsque vous y entrez. Il faut en faire l'expérience. Partout vous pouvez continuer à vous sentir en contact avec moi, car il s'agit de tomber amoureux. L'espace n'importe pas, et le temps n'importe pas non plus; si vous êtes relié dans l'amour, le temps et l'espace n'importent pas. Que vous soyez ici à deux mètres, ou au loin à deux mille kilomètres, peu importe. Nous sommes reliés. Quelque chose se rejoint. Alors c'est ma responsabilité. C'est votre engagement et ma responsabilité. Alors je dois veiller sur vous. Devenez un sannyasin ! Pourquoi y réfléchissez-vous ? Il y a tant à faire, et si vous le gardez à l'esprit cela peut être fait rapidement. Aussi ne vous reposez pas en prenant sannyas. Des millions de gens dans le monde l'ont fait. Quelqu'un devient un chrétien, est baptisé et croit que tout est fait. Désormais tout ce qui doit être fait doit être fait par Jésus-Christ. Il est le sauveur et maintenant vous êtes prêt il devrait vous sauver. Il n'y a pas de sauveur. Personne ne peut vous sauver si ce n'est vous-même. Je peux vous aider je ne peux vous sauver. Je peux vous indiquer le chemin, mais je ne peux pas marcher à votre place; vous devrez marcher vous-même. Le sannyas est un geste de votre part, indiquant que vous êtes prêt à m'écouter. Vous donner sannyas est un geste de ma part indiquant que je suis prêt à indiquer le chemin. Une fois que vous êtes pris à mon piège, vous êtes piégé ! Alors c'en est fini de vous; cela devient un point final dans votre vie. Je n'ai rien à enseigner; je ne suis là que pour vous transformer. Ceux qui enseignent sont ceux qui ne savent pas comment transformer les gens; c'est un pauvre substitut. Dès que vous me le permettez, je commence simplement à vous détruire et à créer un nouvel être. Le sannyas n'est rien qu'un geste de votre part signifiant que vous êtes prêt et que vous ne m'en empêcherez pas. C'est le sens du sannyas : désormais vous me dites oui, vous me donnez un chèque en blanc, c'est tout. Alors quoi que ce soit que j'y écrive, c'est bon ! Dès maintenant toute votre énergie sera focalisée sur la méditation. La méditation est la matrice qui donne naissance au divin. Il n'y a pas d'autre preuve de Dieu; seule la méditation vous donne le sentiment que Dieu est partout. Ainsi si vous voulez savoir en bref ce qu'est le sannyas, c'est de perdre votre tête. Et vous n'avez rien à perdre si ce n'est votre tête. Aussi laissez-moi la couper, mm ? Éditions Almasta, 16 rue Étienne-Dumont, CH-1204 Genève, Les dernières modifications ont été effectuées par le webmestre le © 2000 Éditions Almasta. Tout droits réservés. |