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Perles de Sagesse

d'Osho

167 pages CHF 18.-

Ce livre réunit les 60 histoires du Tarot d'Osho. Il nous conte des récits nés au contact des plus grands mystiques de notre histoire : Lao Tseu, Jésus, Bouddha, Bodhidharma, Rumi, Diogène et bien d'autres. À travers eux, c'est la quintessence de leur enseignement qui nous est transmise.

Osho, avec l'autorité que lui confère son expérience de l'illumination, recrée pour nous ces merveilleux contes initiatiques, en les enrichissant de commentaires adaptés à notre temps, avec des mots qui ont le parfum de la Vérité, de la Connaissance, de l'Amour.

Carte 10  : La valeur

N'essayez pas de prouver votre valeur en vous laissant réduire à une simple commodité. Souvenez-vous que la plus grande expérience de la vie ne vient pas de ce que vous faites, mais vous est donnée par l'amour, à travers la méditation.

Lao Tsé voyageait avec ses disciples et ils arrivèrent dans une forêt où des centaines de bûcherons abattaient les arbres. Presque toute la forêt avait été décimée, sauf un grand arbre aux branches innombrables. Il était si vaste que dix mille personnes auraient pu s'asseoir à son ombre.

Lao Tsé pria ses disciples d'aller demander pourquoi cet arbre n'avait pas été coupé. Les bûcherons leur répondirent : « Cet arbre est totalement inutile. Vous ne pouvez rien en tirer car ses branches ont trop de noeuds, elles sont toutes tordues. Vous ne pouvez pas davantage en faire du combustible, car sa fumée est nocive pour les yeux. Cet arbre est absolument inutile, c'est pourquoi nous ne l'avons pas coupé. »

Les disciples rapportèrent ces paroles à Lao Tsé. Il rit et dit : « Soyez comme cet arbre. Si vous êtes utiles, vous serez abattus et transformés en meubles. Si vous êtes beaux, vous serez vendus au marché, tels des objets. Soyez comme cet arbre, absolument inutiles... alors vous deviendrez immenses, et des milliers de gens s'abriteront sous votre ombrage. »

La logique de Lao Tsé diffère totalement de la vôtre. Il dit : « Soyez le dernier. Vivez dans le monde comme si vous n'existiez pas. Ne soyez pas ambitieux, n'essayez pas de prouver votre valeur, ni de rechercher le mérite, ce n'est pas la peine. Restez inutiles et réjouissez-vous. »

Tao : The Three Treasure

Nous évaluons les gens à leur utilité. Je ne vous dis pas de ne rien faire d'utile; faites des choses utiles, mais souvenez-vous que la véritable expérience et la plus grande extase de la vie naissent de ce qui est inutile. Elles naissent de la poésie, de la peinture, de l'amour, de la méditation. La joie la plus intense ne vous envahit que lorsque vous êtes capables de faire quelque chose qui ne peut être réduit à une commodité. La récompense est intérieure, intrinsèque; elle naît de l'activité elle-même...

Aussi, si vous vous sentez inutiles, ne vous inquiétez pas. Je me servirai aussi de votre inutilité. Je ferai de vous un arbre immense à l'abondant feuillage. Et ceux qui sont engagés dans des activités utiles auront parfois besoin de se reposer à votre ombre.

The Wisdom of the Sand

Carte 29  : La gratitude

Lorsque votre coeur est plein de gratitude, toute porte qui semblait fermée peut devenir une ouverture vers une bénédiction plus grande.

Très peu de femmes sont parvenues à l'ultime vérité du Zen. Rengetsu est l'une d'entre elles.

Elle était en pèlerinage. Arrivant à un village au coucher du soleil, elle se mit en quête d'un logement pour la nuit. Mais les villageois lui fermèrent leurs portes. Il devait certainement s'agir de bouddhistes traditionalistes, qui ne voulaient pas qu'une femme Zen séjourne chez eux; et ils la chassèrent hors de leur village.

La nuit était froide, la vieille femme était sans logement... et elle avait faim. Elle dut s'abriter sous un cerisier au milieu des champs. Il faisait vraiment froid et elle ne pouvait pas dormir. De plus, l'endroit était dangereux, il y avait des animaux sauvages.

À minuit, elle se réveilla, transie, et vit dans le ciel de cette nuit de printemps le cerisier en fleurs, complètement épanoui, riant au clair de lune. Submergée par cette beauté, elle se leva et fit une révérence en direction du village.

« Grâce à leur bonté
A leur refus de me loger,
Je me trouvai sous mille fleurs
En cette nuit de lune brumeuse. »

Avec une profonde reconnaissance, elle remercia ces gens qui avaient refusé de la loger. S'ils n'avaient agi de la sorte, elle aurait dormi sous un toit ordinaire et aurait manqué cette bénédiction... le cerisier en fleurs, la lune jouant dans la brume, et le silence de cette nuit, ce profond silence de la nuit.

Elle n'est pas en colère, elle accepte. Non seulement elle accepte, elle accueille et se sent reconnaissante.

La vie est immense et, à chaque instant, elle vous offre des milliers de présents. Mais vous êtes si affairés, si préoccupés par vos désirs, tellement pleins de vos pensées, que vous rejetez tous ces dons : Dieu vient, vous persistez à le refuser.

Un homme devient un Bouddha le jour où il accepte avec gratitude tout ce que la vie lui apporte.

Zen, the Path of Paradox

Carte 27  : Le jugement

Le jugement révèle un état d'esprit statique. Et le mental juge sans cesse, car le fait d'être en mouvement est toujours hasardeux et inconfortable. Soyez très courageux, ne cessez jamais de croître, vivez dans l'instant, restez simplement dans le courant de la vie.

Cette histoire date du temps de Lao Tseu, en Chine, et Lao Tseu l'aimait beaucoup.

Il y avait dans un village un vieil homme qui était très pauvre, mais les rois eux-mêmes le jalousaient car il possédait un magnifique cheval blanc. Ils lui offraient des sommes fabuleuses pour ce cheval, mais l'homme refusait à chaque fois : « Ce cheval n'est pas un cheval pour moi, disait-il, c'est une personne. Et comment pouvez-vous vendre une personne, un ami ? » Il était pauvre, mais jamais il ne vendit son beau cheval.

Un matin, il s'aperçut que le cheval n'était plus dans son écurie. Tous les villageois se rassemblèrent et s'exclamèrent : « Pauvre fou de vieillard ! Nous savions qu'un jour ce cheval serait volé. Il aurait mieux valu le vendre. Quel malheur ! »

Le vieillard répondit : « N'allez pas si loin. Dites simplement que le cheval n'est pas dans l'écurie. Ceci est un fait, tout le reste est un jugement. Je ne sais si c'est un malheur ou une bénédiction, car ce n'est qu'un fragment. Qui sait ce qui va suivre ? » Les gens se moquaient de lui, en fait ils avaient toujours pensé qu'il était un peu fou. Mais quinze jours après, soudain, une nuit, le cheval revint. Il n'avait pas été volé, il s'était simplement échappé. Et il ramenait avec lui une douzaine de chevaux sauvages !

Les gens s'assemblèrent à nouveau : « Vieil homme, tu avais raison, dirent-ils, ce n'était pas un malheur. En réalité cela s'est avéré être une bénédiction. »

Le vieillard répondit : « De nouveau, vous allez trop loin. Dites simplement que le cheval est de retour. Qui sait si c'est une bénédiction ou non ? Ce n'est qu'un fragment. Vous lisez un seul mot dans une phrase - comment pouvez-vous juger du livre tout entier ? »

Cette fois, ils ne purent ajouter grand-chose, mais en eux-mêmes ils savaient qu'il avait tort. Douze magnifiques chevaux étaient arrivés !...

Le vieil homme avait un fils unique qui commença à dresser les chevaux sauvages. A peine une semaine plus tard, il tomba de cheval et se brisa les jambes. A nouveau les gens se réunirent et, à nouveau, ils jugèrent. « Tu avais encore raison, c'était un malheur ! dirent-ils. Ton fils unique a perdu l'usage de ses jambes, et il était le seul soutien de ta vieillesse. Maintenant, te voilà plus pauvre que jamais. »

« Vous êtes obsédés par le jugement, répondit le vieil homme. N'allez pas si loin. Dites seulement que mon fils s'est brisé les jambes. Personne ne sait si c'est un malheur ou une bénédiction. La vie vient par fragments et vous ne pouvez tout connaître à l'avance. »

Quelques semaines plus tard, il advint que le pays entra en guerre et tous les jeunes gens de la ville furent réquisitionnés de force par l'armée. Seul le fils du vieil homme ne fut pas pris, car il était infirme. La ville entière se lamentait et pleurait : c'était une guerre perdue d'avance et tous savaient que la plupart des jeunes gens ne reviendraient jamais. Ils se rendirent auprès du vieil homme : « Tu avais raison, reconnurent-ils, cet accident s'est avéré être une bénédiction pour toi. Il se peut que ton fils soit infirme, mais il est encore avec toi. Nos fils, eux, sont partis pour toujours. »

Le vieil homme dit encore : « Vous continuez à juger sans cesse. Personne ne sait ! Bornez-vous à dire que vos fils ont été contraints d'entrer à l'armée et que mon fils ne l'a pas été. Seul Dieu, le Tout, sait s'il s'agit d'une bénédiction ou d'un malheur. »

Ne jugez pas, sinon vous ne connaîtrez jamais le Tout. Vous serez obsédés par des fragments, et à partir de petits détails vous vous hâterez de conclure. Dès que vous jugez, vous cessez de croître. Le jugement vient d'un état d'esprit desséché, statique. Et le mental ne cesse de juger, car le fait d'être en mouvement est toujours hasardeux et inconfortable.

En fait, le voyage ne s'arrête jamais. Un chemin se termine, un autre commence; une porte se ferme, une autre s'ouvre. Vous atteignez un sommet, un plus haut sommet apparaît toujours. Dieu est un voyage sans fin. Seuls ceux qui sont assez courageux pour ne pas se soucier du but, ceux qui sont heureux du voyage, contents de vivre l'instant et de croître à travers lui, ceux-là seuls sont capables de marcher avec le Tout.

Until You Die

Carte 57  : L'intelligence

Utilisez votre intelligence pour chercher les choses là où elles sont plutôt que là où elles ne sont pas, même s'il fait sombre. Regardez en vous.

Un soir, les gens virent Rabiya qui cherchait quelque chose dans la rue en face de sa hutte. Ils se rassemblèrent – la pauvre vieille femme - et lui demandèrent : « Que se passe-t-il ? Que cherches-tu ? »

« J'ai perdu mon aiguille » répondit-elle. Aussi l'aidèrent-ils à chercher. Puis quelqu'un songea à demander : « Rabiya, la rue est grande et la nuit vient, bientôt il n'y aura plus de lumière.

Une aiguille est si petite, pourrais-tu nous dire plus précisément où elle est tombée ? »

Rabyia répondit : « L'aiguille est tombée dans ma maison. »

Ils s'exclamèrent : « Es-tu devenue folle ? Si l'aiguille est tombée dans la maison, pourquoi la cherches-tu ici ? »

Elle répondit : « Parce que la lumière est ici. Dans la maison, il n'y a pas de lumière. »

Alors l'un d'eux demanda : « Même si la lumière est ici, comment pouvons-nous trouver l'aiguille si elle n'a pas été perdue ici ? La chose à faire serait d'amener la lumière dans la maison afin que tu puisses y trouver l'aiguille. »

Alors Rabiya se mit à rire : « Vous êtes des gens intelligents en ce qui concerne les petites choses, dit-elle. Quand allez-vous employer votre intelligence pour votre vie intérieure ? Je vous ai tous vus chercher dehors, et je sais parfaitement, je le sais maintenant de ma propre expérience, que tout ce que vous cherchez est perdu à l'intérieur. Utilisez donc votre intelligence ! Pourquoi cherchez-vous la félicité dans le monde extérieur ? Est-ce là que vous l'avez perdue ? »

Ils restèrent muets et Rabiya disparut dans sa maison.

Sufis : the People of the Path

Carte 60  : Le rire

Le rire est une telle force de transformation que rien d'autre n'est nécessaire. Si vous changez votre tristesse en célébration, alors vous serez aussi capables de changer votre mort en résurrection.

J'ai entendu l'histoire de trois mystiques chinois dont personne ne connaît les noms. Ils étaient appelés « Les Trois Moines Rieurs », car ils ne faisaient que ça : ils riaient, tout simplement. Ils se déplaçaient d'une ville à l'autre, s'installaient sur la place du marché et partaient d'un bon rire viscéral !

Ces trois hommes étaient vraiment magnifiques, en train de rire, avec leurs ventres qui ondulaient. Cela devenait contagieux, la place du marché toute entière se mettait à rire... Durant quelques secondes, un nouveau monde s'ouvrait.

Ils voyagèrent à travers toute la Chine rien que pour aider les gens à se dérider. Des gens tristes, des gens furieux, des gens avides ou jaloux : tous se mettaient à rire avec eux. Et nombreux sont ceux qui découvrirent la clé : vous pouvez vous transformer.

Un jour, dans un village, il advint que l'un d'entre eux mourut. Les villageois dirent : « Cette fois, ils vont avoir du chagrin; leur ami est mort, ils vont certainement pleurer. » Mais les deux autres dansaient, riaient et célébraient sa mort.

Les villageois s'exclamèrent : « Cette fois-ci c'en est trop, c'est déplacé ! Lorsqu'un homme meurt, c'est un sacrilège que de rire et de danser. »

Ils répondirent : « Vous ne pouvez pas comprendre ! Tous les trois nous nous demandions toujours lequel d'entre nous allait mourir le premier. Cet homme a gagné, il nous a vaincus. Toute notre vie nous avons ri avec lui. De quelle autre façon pourrions-nous lui dire un dernier adieu ? Nous devons rire, car nous devons nous réjouir, nous devons célébrer. C'est le seul adieu possible pour un homme qui a ri toute sa vie.

« Et si nous ne rions pas, il se moquera de nous et pensera : « Fous ! Ainsi vous êtes retombés dans le piège ? » Nous ne considérons pas qu'il est mort. Comment le rire peut-il mourir, comment la vie peut-elle mourir ? »

Puis le corps devait être brûlé. « Nous lui donnerons d'abord un bain, comme le prescrit le rituel » dirent les villageois.

Mais les deux moines répliquèrent : « Non, notre ami a dit : « Ne faites aucun rituel, ne changez pas mes habits et ne me donnez pas de bain. Mettez-moi tel que je suis sur le bûcher. » Aussi devons-nous suivre ses instructions. »

Et alors se produisit un grand événement ! Quand le corps fut placé sur le brasier, le vieil homme joua son dernier tour : il avait rempli ses habits de feux d'artifices !

Soudain, ce fut « Diwali » ! Le village tout entier se mit à rire. Ses deux fous d'amis dansaient, et tout le village se mit à danser. Ce n'était pas une mort, c'était une vie nouvelle, une résurrection !

Chaque mort ouvre une nouvelle porte. Si vous changez votre tristesse en célébration, alors vous serez également capables de changer votre mort en résurrection. Aussi, apprenez cet art pendant qu'il est encore temps.

Yoga : The Alpha and The Omega


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