La paille et la poutre

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La paille et la poutre


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Plus il y a de gens qui s'intéressent à moi et au travail qui se fait ici, plus il y aura de gens qui s'y opposeront - une sorte d'équilibre. Dans le monde, c'est ainsi que les choses se passent; c'est un phénomène naturel.
On dira nécessairement toutes sorte d'idioties, car les gens qui s'opposent ne sont jamais venus ici... ils se fondent sur des rumeurs. Et les choses négatives ont leur propre parcours : elles se répandent plus facilement, plus vite, car l'humanité toute entière vit dans la négativité...


Les gens sont inventifs. Quand vous racontez une rumeur à quelqu'un, vous y ajoutez quelque chose. Les gens sont créatifs! Et lorsque la personne partage cette rumeur avec quelqu'un d'autre, pensez-vous qu'elle le fera exactement comme vous le lui avez raconté ? Elle lui donnera une nouvelle couleur, un peu plus de profondeur, une dimension un peu plus large. Elle l'a rendra plus intéressante, elle l'exagérera.
Les rumeurs ont leur façon de se répandre et chacun y contribue. Elles n'ont plus rien a voir avec les faits. Mais cela se passe toujours ainsi... Je ne serai plus là et les rumeurs se poursuivront, elles se développeront. Elles deviennent des forces autonomes; elles n'arrêtent pas de grandir...


Ma béatitude ne peut pas être affectée par la haine des gens, par les oppositions. Mais pensez à ces gens qui vivent dans la haine - ils se torturent eux-mêmes, ils se font du mal, ils se blessent. Pendant combien de temps peuvent-ils continuer à le faire ? Tôt ou tard, leurs blessures voudront guérir. Et tôt ou tard, leur antagonisme brûlant se transformera en amour.
Osho

Lettre de Paul Tournier, médecin, écrivain

J'aimerais vous dire l'intérêt considérable que je prends à l'étude du livre de votre maître Bhagwan Shree Rajneesh. Je me trouve beaucoup de points communs avec lui, sur cette spiritualité intérieure déjà présente en tout homme qu'il s'agit de découvrir et non de créer, sur cette priorité de l'expérience sur la discussion intellectuelle qu'il appelle le mental, sur l'abandon et les innombrables observations si pertinentes dont il illustre son discours. J'apprécie beaucoup son pragmatisme radical qui décolore tous les débats théoriques et je n'ai pas de difficulté à faire beaucoup des expériences qu'il décrit sur la conscience de la respiration et de ses temps de pose, sur la concentration sur le Centre et sur le point frontal, etc...

... Ah! il est magnifique ce livre que vous m'avez prêté... Cette lecture ne m'a pas seulement appris beaucoup de choses et levé de préjugés, il a été une véritable expérience personnelle. C'est remarquable de voir un homme si méthodique, si habile à enseigner des techniques dire que l'amour surpasse toutes les techniques et toutes les méthodes qui ne sont que des voies d'approche.... Il considère manifestement la voie de l'amour comme la voie initiatique par excellence. Mais j'apprécie hautement son effort pour offrir un éventail de techniques à tous ceux qui cherchent l'Eveil.

Eric Edelmann, écrivain

Extraits de son livre Mangalam – Un parcours auprès d’Arnaud Desjardins

Arnaud me suggéra un jour d’entreprendre un voyage en Inde, plus particulièrement à l’ashram de Bhagwan Shree Rajneesh qui défrayait la chronique en raison de son anticonformisme radical.

… Depuis quelque temps déjà, Bhagwan Shree Rajneesh suscitait en moi un grand intérêt. J’avais lu quelques-uns de ses livres ainsi que quelques articles à sensation dans la presse. Son ashram de Poona était un sujet en or pour des reporters voulant se livrer à  une ironie facile. Il ne fallait pas compter sur l’intelligentsia parisienne pour faire œuvre de compréhension à l’égard de sa démarche. Rajneesh m’attirait sans doute par le simple fait que son approche était aux antipodes de mon tempérament. C’était un révolté. Récalcitrant à l’égard de toute structure établie, il érigeait la rébellion en discipline spirituelle. Son esprit indépendant et révolutionnaire voulait faire exploser toutes les conventions sociales, familiales, sexuelles, politiques et religieuses. De même que Krishnamurti – un des rares à trouver grâce à ses yeux - , il n’appartenait à aucune tradition spirituelle et ne reconnaissait personne comme étant son propre maître. Mais à  la différence de ce dernier, il se posait nettement lui-même comme un Maître, un guru.

J’étais admiratif, comme des dizaines de milliers d’autres Occidentaux, de sa brillante intelligence, son charisme et sa culture encyclopédique inégalable. Sa bibliothèque personnelle comprenait plus de quarante mille ouvrages tous annotés de sa main ! Avec un souffle et une éloquence rares, il commentait quotidiennement pendant quatre-vingt-dix minutes les paroles des plus grands maîtres spirituels ainsi que les textes mystiques traditionnels. Je reconnaissais dans ses discours certains thèmes qui m’étaient familiers : « L’acceptation, accepter ce qui est, c’est la base du  tao.  Le tao ne crée aucun « devoir ». Tchouang-tseu dit : ne dites à  personne qu’il « devrait » faire ceci, qu’il pourrait faire cela, qu’il « ne devrait pas » être comme ça. Tchouang-tseu dit que c’est dangereux, que c’est du poison. Il y a une seule chose à écouter, et c’est votre nature, où qu’elle vous mène, faites-lui confiance. Mais nous avons peur de suivra la nature, non pas que la nature soit mauvaise, mais à cause des enseignements des moralistes, à cause de ceux qui ont empoisonné les sources mêmes de la vie. Ils vous ont enseigné tellement de choses, tellement de « devrait », que vous ne pouvez pas regarder directement « l’être », ce qui est, vous regardez toujours ce qui « devrait être. » Je retenais ce qui m’élevait, m’inspirait. Son verbe coulait comme une rivière et je me laissais prendre par la maîtrise de son art oratoire souvent empreint de poésie ou d’humour. Comme un chant ou une musique, ses discours étaient rythmés,  avec des effets de mains et en traînant sur les sifflantes. Les pauses silencieuses avaient aussi leur rôle à jouer dans cette symphonie qui réveillait en écho la nostalgie de l’absolu. Tout semblait devenir simple, limpide et même à la portée de notre main…

Comme Swami Ramdas, Rajneesh utilisait beaucoup le rire pour chasser une gravité mal placée ou les attitudes conventionnelles étriquées. Sur cet aspect, il devenait pour moi un guru auxiliaire. Il n’hésitait pas à jouer les provocateurs avec une malice sans mesure et pouvait aussi se jouer de lui-même comme si rien ni personne ne pouvait échapper à cette énergie dévastatrice.

«Pourquoi vos discours durent-ils toujours quatre-vingt-dix minutes? lui demanda un jour quelqu’un.

«Les quatre-vingt-dix minutes viennent d’être écoulées. Je ne peux répondre à cette question!»

L’ambiance qui prévalait à Koregaon Park était à l’opposé de ma conception de la spiritualité et, de ce point de vue, elle m’était très salutaire. L’atmosphère  était à la décontraction, à la légèreté, voire même à la célébration.

Combien faut-il de sannyasins pour changer une ampoule électrique? disait-on là-bas. Réponse : mille, un pour changer l’ampoule et neuf cent quatre-vingt-dix-neuf pour célébrer l’événement!

… Ce séjour à Poona m’avait montré, si besoin était, les dangers d’une vie enfermée dans les étiquettes apprises et les formalités. Il ne s’agissait pas pour autant d’envoyer promener toutes les conventions, mais plutôt de s’élargir en dynamitant la muraille de Chine que formaient ces conditionnements.


Témoignage de Paule, ex-disciple canadienne

Je suis une enfant typique des années soixante, j'ai été très impliquée dans tous les mouvements contre-culturels. J'étais à l'époque rédactrice en chef de Mainmise, qui est un magazine underground. Le but du magazine, à ce moment-là, c'était de mettre ensemble ce qu'on appelait le « magique » et le « politique ». J'étais issue de la gauche. Et un jour, j'ai entendu parler d'un guru, en Inde, qui rassemblait tous les gens qui avaient fondé les principaux centres de psychologie humaniste un peu partout aux Etats-Unis et en Europe et qui s'appelait Rajneesh. Il était probablement le seul guru de l'Inde à ne pas réprimer l'énergie sexuelle et l'agressivité. Or on était en pleine révolution sexuelle, et comme journaliste j'étais très curieuse de ce phénomène-là. J'étais aussi formée comme psychothérapeute en Gestalt et je touchais avec la psychothérapie une limite. L'attraction à ce moment-là était que Rajneesh combinait les techniques de thérapies occidentales avec les techniques de méditations orientales. Ce qui était extrêmement intéressant parce que les techniques de thérapies occidentales travaillent au niveau du renforcement de l'ego – principalement sur la capacité érotique, sur la capacité de dire oui et non – alors que les approches orientales travaillent sur la dissolution de l'ego. Ce mélange-là était absolument fascinant pour des gens du métier (..) J'ai donc décidé de partir en Inde pour y rencontrer Rajneesh. Je suis partie armée de toutes mes questions et un peu dans mon bunker de journaliste très protégée intérieurement de ce que j'allais trouver là-bas. Je suis restée quatre mois dans l'ashram de Poona. Il y avait une université pour les thérapeutes, et j'ai décidé de continuer à me former dans un training qui s'appelait psychologie bouddhiste. ce qui s'est passé là, c'est littéralement ma vision de la réalité, tout ce que j'avais conçu intellectuellement, qui a volé en éclats. Cela a été un changement émotif, intellectuel, spirituel sans précédent pour moi, un véritable tremblement de terre. J'ai commencé à explorer une autre vision du monde.

J'ai rejoint la communauté dans le désert d'Oregon. C'était vraiment un désert, et en moins de trois ans c'est devenu un jardin magnifique. On était en pleine utopie sociale avec tout le romantisme spirituel d'Occidentaux découvrant les approches orientales. La communauté était libertaire et anarchiste. Elle présentait une grande liberté de pensée, une grande liberté intellectuelle, érotique. C'était vraiment un lieu d'exploration où l'on cherchait à devenir soi-même.

Un des éléments de notre romantisme était de penser qu'une communauté spirituelle ne pouvait pas avoir prise sur les mesquineries de la vie quotidienne et de la vie en société. Mais il y a eu peu à peu une détérioration de la communauté, due notamment à des scandales politiques. Le maître est alors entré en silence pendant deux ans. Deux ans durant lesquels il y a eu des détournements de fonds et d'autres choses scabreuses. Il s'est développé une sorte de paranoïa vers l'extérieur. On avait peur pour la vie du maître, et on a vu les premiers fusils apparaître dans l'ashram. Voir cette immense et magnifique démarche d'éveil se cristalliser était douloureux. Avec le recul, je me dis que j'ai eu la chance d'assister, en l'espace de trois ans, à la naissance puis à la mort d'une religion.

Sectes : Mensonges et idéaux, parNathalie Luca et Frédéric Lenoir, Editions Bayard

Extrait du livre Les Sectes, de Jean-François Mayer, Éditions Bref, Cerf-Fides

Rivalités, soif de pouvoir et déviations en genre divers se présentent dans toutes les religions : les grandes Eglises y échappent encore moins que les « sectes »! Ces crises et ces chutes, inhérentes aux entreprises humaines, ne remettent pas obligatoirement en cause la valeur d'une voie spirituelle.

Des dévots de Krishna aux disciples de Bhagwan Shree Rajneesh (l931-1990), ex-professeur de philosophie, qui avait adopté le nom d'Osho vers la fin de sa vie, la transition est rude. Nous nous retrouvons dans un autre monde : une structure peu rigide, un mode de vie très libre, pas de dogmes ou de livres sacrés, pas de divinités à adorer. Même si Bhagwan Shree Rajneesh était d'origine indienne, il paraît difficile de le qualifier d'hindou : lui-même issu d'une famille jaïn, il se référait aux enseignements les plus divers avec un bel éclectisme, et ses disciples recourent à des techniques spirituelles ou thérapeutiques d'origine aussi bien orientale qu'occidentale.

Peut-on même parler de « religion » ? Il y a quelques années, il avait commencé à être question de « rajneeshisme », mais Rajneesh avait fini par répudier publiquement le terme en l985, soulignant à cette occasion son refus de laisser le mouvement s'institutionnaliser. « Ce que j'enseigne n'est pas une religion, mais une religiosité (religiousness) (...) pas de croyance, pas de dogme, pas d'église. »

Que reste-il alors? le maître spirituel. « (...) la religion n'existe qu'en présence d'un Maître. Au moment où le Maître s'en va, la religion disparaît. C'est exactement comme le parfum d'une rose. Au moment où la rose disparaît, ses pétales tombent sur le sol, le parfum disparaît aussi. La religion est le parfum de la personne devenue éveillée. Cela ne peut pas être retenu dans des églises; vous ne pouvez pas saisir un parfum ». Rahneesh se montrait très irrespectueux à l'égard de toutes les religions établies, dans lesquelles il ne voyait que des cadavres, l'interprétation déformée des enseignements des maîtres disparus.

Rajneesh ne proposait pas une croyance, mais une expérience. La fonction d'un maître est « de vous mener si près de sa propre expérience que quelque chose en transpire en vous ».

Tout se résume, en définitive, à « une histoire d'amour entre le maître et le disciple ». Si l'on ne saisit pas cette donnée essentielle, on se condamne à ne rien comprendre à l'attachement des disciples malgré l'itinéraire mouvementé et fertile en rebondissements de Rajneesh, dont la presse a souvent parlé. Le parfum de scandale et de provocation qui l'entourait ne déplaisait d'ailleurs pas au personnage.

Au vu de ce qui précède, on aurait logiquement pu s'attendre à la dissolution du mouvement à la suite de la disparition d'Osho. Mais celui-ci avait constitué en l989 un « cercle intérieur » d'une vingtaine de disciples pour lui succéder. Ce groupe dirigeant devra prendre ses décisions à l'unanimité. Il sera intéressant d'observer comment va maintenant évoluer le mouvement.

Extrait du livre Les gourous, de Reinhart Hummel, Éditions Bref, Cerf-Fides

Le message d'amour que prêche Bhagwan Shree Rajneesh est ambitieux sur le plan spirituel, mais en fait bien simpliste. Dans son optique, le bonheur que procure l'abandon réciproque et le don de soi est de même nature entre l'homme et la femme qu'entre le gourou et son disciple. « Si tu peux vivre cette expérience grâce au sexe, sache qu'à chaque fois que tu fais don de toi, tu ressentiras la même chose. Alors tu pourras faire don de toi à un maître. C'est une relation amoureuse. » Car « la sexualité et la spiritualité sont deux aboutissements de la même énergie ». Rajneesh, né en 1931, a lu Wilhelm Reich – trop peut-être. Reich, élève de Freud, a fait de l'orgasme le thème central de la psychologie, ce qui a profondément influencé la psychologie humaniste moderne. Rajneesh a repris à celle-ci le travail thérapeutique de groupe. De ce fait, son ancien ashram à Poona devint un objet d'épouvante aux yeux de la prude société indienne et un pôle d'attraction pour les victimes de la civilisation occidentale. Le travail de groupe est une sorte de catharsis; mais ce n'est que le premier degré de la véritable expérience religieuse, qui se traduit dans l'abandon au maître. Comme l'« énergie pervertie ne peut pas être transformée », les effets d'une éducation sexuelle répressive et du conditionnement social doivent être dépassés. C'est à cette fin que tendent les thérapies de groupe et les exercices de méditation collective, plus particulièrement ceux de la méditation par la danse. Ils commencent généralement sur un mode extatique, pour se transformer subitement en silence – une irruption de silence qui permet de ressentir physiquement le calme.

À Poona, on procédait de la façon suivante: ceux qui étaient admis dans l'ashram proprement dit ne prenaient plus part au travail de groupe. Celui-ci, on l'a vu, n'est que le premier degré visant à faire don de soi au maître, tout comme l'expérience de l'orgasme sexuel n'est que le premier de gré de « l'orgasme cosmique », qui sera déclenché par la rencontre avec le maître. Car « le sexe est un don de soi biologique,  « samadhi » (la conscience cosmique) est un don de soi existentiel. Tantra est le sexe cosmique ».

Cette citation explicite à la fois l'idéologie de Rajneesh et sa position par rapport aux traditions hindouiste et bouddhiste. Jaïn de naissance, il est très tôt devenu par conviction un adepte du tantrisme d'inspiration bouddhiste. Pour le tantriste, la sexualité et le corps ne sont pas un obstacle à la délivrance, mais un « véhicule » nécessaire. Ce n'est pas de l'ascétisme, mais de la sublimation et l'aptitude à transcender qui ouvrent la voie vers l'illumination. En fin de compte toutes les traditions religieuses de l'humanité apportent de l'eau au moulin de Rajneesh, avec, il faut l'avouer, un génie pour l'imitation et l'appropriation : il parvient tout à tour à se glisser dans le rôle du roshi zen, de baul bengali, du maître taoïste, du yogi tantrique, du boddhisattva bouddhiste et du mystique chrétien; il réussit à leur faire dire la même chose à tous, c'est-à-dire exactement ce qu'il a lui-même toujours dit. Il s'agit toujours du même message d'un antipuritanisme anarchique qui s'en prend indistinctement aux religions traditionnelles et aux société modernes de production, aussi répressives les unes que les autres.

Rajneesh est bien trop intelligent pour se parer du titre encombrant de gourou. Au début, du fait de son enseignement, il était considéré comme le « professeur », l'acharya; maintenant, il se fait qualifier de maître – un guide à l'image de bouddha et de Jésus. Ses adeptes s'appellent sannyasins (moines), car ils ont fait voeu de renoncement – non pas aux passions terrestres, comme on l'entend traditionnellement, mais aux conventions de la société. C'est pourquoi le fondement de l'initiation ne peut consister qu'en l'acte du don de soi, surrender. Alors que la période préparatoire à l'initiation avait déjà été fortement raccourcie, Rajneesh l'a pratiquement réduite à néant.

La relation maître-disciple telle que la conçoit Rajneesh est une relation d'amour et de don de soi, qui doit triompher et l'emporter face à la résistance du mind, face à la pensée critique et face à la conduite rationnelle de la vie. Cet accent mis sur l'amour n'est pas complètement dépourvu de référence à la tradition. En ce qui concerne les Indiens, on a souvent pensé que beaucoup recherchaient un gourou paternel capable de donner de l'amour, du fait que le rapport père-fils de la société indienne est trop autoritaire pour offrir de véritables possibilités d'épanouissement. Quant aux disciples occidentaux, à la lecture des notes personnelles de certains d'entre eux, on découvre l'immense importance qu'ils attachent à l'amour que leur porte leur maître. Mais la rencontre personnelle n'est pas nécessaire pour cet amour, qui peut se manifester par-delà la mort du maître. Ce n'est pas tant l'aide réelle apportée qui est retenue, mais bien plus ce sentiment d'amour lui-même, qui est considéré comme le support de la puissance de vie et apparaît personnifié en l'image du maître.

L'une des idées outrancières de Rajneesh est que même un maître indigne peut être une aide, car sa rencontre est à l'origine du don de soi. Le gourou sert alors de catalyseur et utilise les potentialités humaines à aimer et à faire don de soi – ce qui démontre notamment tout le travail bénévole fourni sans rémunération dans de nombreux centres et ashrams. comme l'amour rend désarmé, une relation gourou-disciple qui en est imprégnée est exposée au danger d'être utilisée abusivement, ce qui peut aller jusqu'aux relations hétérosexuelles ou homosexuelles, qui ne sont pas inconnues en Inde.

Extrait du livre Le chemin de l'extase,
de Mitsou Naslednikov (Ma Anand Margo)

Depuis mon retour en France (octobre 1979) j'ai assisté à un véritable soulèvement de l'opinion publique par rapport à Bhagwan et à son ashram... Et les médias de mélanger allègrement la psychothérapie, les sectes, les gourous, la drogue et l'hypnose dans un tollé d'avertissements contre l'abandon du libre arbitre, le lavage de cerveau, l'irresponsabilité, la délinquance qu'entraîne dit-on, l'abandon au maître. Que se passe-t-il ?

L'Occident (ou plus exactement l'Europe, car les Américains sont plus tolérants) est en train de faire le procès de l'Orient. Deux cultures, deux philosophies de la vie s'affrontent, chacune traitant l'autre de « folle » avec, de part et d'autre, des arguments qui s'appuient sur les préjugés dominants qui n'ont, me semble-t-il, rien à voir avec le point essentiel : le choix strictement personnel et donc indiscutable, de chaque individu face à lui-même. Là se rejoue l'éternelle dialectique entre matière et esprit, faire et être. Le lieu du « faire » (l'horizontale) par quoi se définit le moi social, historique; de la causalité, de la succession linéaire des temps, où l'être n'est perçu que dans son apparence manifestée dans la conquête du succès. Le lieu de l'« être » (la verticale) qui se manifeste dans le non-faire, la non-histoire; c'est le rapport entre l'être et la transcendance – sa divinité – dans la simultanéité a-causale de tous les temps et de tous les espaces, c'est-à-dire dans l'éternel présent.

Celui qui envisage la transcendance comme but final de la vie, comme principale valeur culturelle et sociale, s'organisera à tous les niveaux par rapport à elle, en fonction d'elle, et donnera à l'évolution individuelle (au changement de la personne) la primauté sur la révolution sociale (le changement de la société). Car son rapport à la verticale est personnel, absolument individuel, unique. Personne ne peut le vivre pour lui, l'organiser, le légiférer...

Il ne s'agit plus pour les « doux-dingues de Poona » de se définir dans le faire, mais dans l'être; de conquérir et de lutter, mais de s'abandonner et de danser; de militer pour le parti ou le pouvoir, mais de se co-naître et de s'aimer soi-même pour mieux aimer l'autre. Quoi de plus inquiétant, en effet, pour les citoyens bien-pensants, que cette pernicieuse idéologie de la transcendance à partir de laquelle on s'organise un peu partout en mini-sociétés parallèles, telles que l'ashram de Poona, où « le plaisir partagé est le fondement de toute expérience sociale... Il permet la découverte de soi-même et des autres... Il est le moteur du changement. »

On objectera encore que si la recherche de la verticale ne peut se faire que dans la liberté du rebelle, celui-ci n'en est pas moins « récupéré » par le maître auquel il « s'abandonne ». Mais ce maître, c'est son coeur qui l'a librement choisi, aucun contrat, ni personne ne le lui impose. Et le maître n'est là que pour le révéler à lui-même, donc lui faire prendre conscience de sa liberté.

Il m'apparaît d'ailleurs plus utile de poser les rapports entre l'horizontale et la verticale non en termes d'opposition, mais de complémentarité. L'équilibre véritable n'est-il pas de bien vivre ce va-et-vient dialectique entre l'un et l'autre ?

Extrait du livre Bhagwan : the God that failed, de Hugh Milne

Bien que je me sois senti presque totalement désillusionné par le mouvement et par les motivations personnelles de Rajneesh, je ne regrette pas les années que j'ai passées dans ce mouvement. J'ai voyagé dans le monde comme je n'aurais peut-être jamais pu le faire sans cela, j'ai acquis une grande compréhension de mon travail et de moi-même, et j'ai rejoins un grand réseau de gens dont l'amitié me rendra éternellement reconnaissant. Je me sens plus libre, plus entier, et cette expérience m'a beaucoup apporté.

Je crois que l'esprit du mouvement s'est perdu et que Rajneesh devrait déclarer clairement et sans équivoque à ses adeptes qu'il n'est plus Bhagwan, qu'il n'est plus un être illuminé, omniscient. Il n'est pas Dieu incarné, mais un homme ordinaire : talentueux, érudit, un leader naturel, totalement dépourvu de peur et capable d'inspirer l'amour. Ce ne sont pas de petits attributs, mais ils ne font pas de lui « Celui qui est béni ».

Extrait du livre Essai d'intoxication volontaire,
de Peter Sloterdijk, Calmann-Lévy

Certains ont gardé mes excursions en Inde gravées dans leur esprit, pourquoi donc, au juste? Ce n'est peut-être pas aussi bête que cela semble l'être au premier regard. Il est possible que le soupçon nourri par certaines personnes dissimule une question à laquelle j'aurais dû répondre. Il est possible que je doive encore certaines choses à quelques lecteurs. J'aurais sans doute dû écrire un essai sur Poona ou un roman de formation. Un peu comme l'a fait John Updike, qui a utilisé l'excursion du mouvement Bhagwan en Oregon comme arrière-plan du livre plein d'esprit, intitulé « S ».

C.O. : De quoi aurait traité un tel essai ?

P.S. : De deux choses. D'abord des expériences que j'ai faites avec l'homme qui s'appelait à l'époque Bhagwan Shree Rajneesh, et ensuite d'une théorie à la fois critique et positive de la secte, comme forme de transition psychique et sociale.

C.O. : Peux-tu résumer cela brièvement ?

P.S. : Qu'il n'y ait pas le moindre doute : je considère encore que Rajneesh est l'une des plus grandes figures de ce siècle – c'était un homme d'esprit, d'énergie, doté du sens du jeu, nous n'en reverrons plus jamais comme lui. C'était le Wittgenstein des religions, car il a radicalement décomposé les jeux de langage des religions universelles, il l'a fait avec une exhaustivité exceptionnelle et avec la cruauté que confère la familiarité avec les ficelles de la religion. Il a tout déconstruit et tout répété; il l'a fait en supposant, à juste titre ce me semble, que la seule manière d'étudier la religion est de pratiquer des jeux de religion actifs. L'Occident est resté coincé dans une critique purement fondée sur le rejet, on pourrait dire dans une critique de la religion passant par la distance, l'oubli et l'ignorance. Rajneesh a suivi le chemin opposé, il a dépassé les religions positives par des jeux de religion expérimentaux, et les a, d'une manière subtile, à la fois détruites et élevées. Sa méthode principale était la parodie, ou plus précisément l'analyse par l'affirmation. Pour l'essentiel, l'ashram de Poona était un institut de recherche comparée sur les religions – avec, en annexe, un laboratoire de travaux pratiques sur l'érotisme. Il y avait là-bas un bon nombre de chercheurs et de chercheuses doués, j'y ai été assez longtemps pour en témoigner. Aujourd'hui, nous rangerions sans doute tout cela dans la rubrique des gender studies interactives. Le règlement des études, dans cette maison, était plutôt frivole, on titubait d'un exercice à l'autre; je me rappelle un séminaire érotique pour experts, où les participants en avaient le souffle coupé. Mais s'il y avait une chose dont on ne discutait pas dans cette faculté, c'était bien la question des quotas. Car le corps enseignant était composé en grande partie de femmes, des beautés, des nudités qui aimaient le duel, qui appréciaient le contact d'une manière dont le souvenir me rend aujourd'hui mélancolique.

C.O. : Cela excite ma curiosité, tu ne veux pas en dire plus ?

P.S. : Par tous les cieux, non ! Ces choses-là appartiennent définitivement à une autre époque, et ce serait une erreur de faire comme si l'on pouvait les raconter aujourd'hui. Mais je voudrais encore dire un mot sur Rajneesh. Il avait lancé un appel intelligent : « Venez tous à moi, vous tous qui projetez sur moi une promesse que je ne tiendrai pas, je vous expliquerai la règle du jeu. » C'était dur à avaler, mais c'était aussi une musique céleste, un jeu de haute volée. Lorsqu'on s'y engageait, on se retrouvait soudain au coeur du projet d'un maître zen, un projet qui avait des traits un peu diaboliques. Pour ce qui concernait Rajneesh lui-même, il a sans doute, en dernier lieu, été victime de son propre médiumnisme, car il était roué comme un gamin, il avait tendance à estimer que c'était lui qui décidait ce qui était ou n'était pas un jouet. Et il transformait littéralement tout en jouet, en jouet d'illumination. A l'instant critique, pour ceux qui pouvaient le comprendre, on opérait l'illusion à coeur ouvert – sans anesthésie. Les autres, en fonction de leurs besoins personnels, pouvaient continuer à rêver un peu. Et si je me fie aux apparences, ils continuent à rêver aujourd'hui.

Je ne laisse donc pas facilement passer les attaques contre Rajneesh, même s'il y a des points d'ombre dans son personnage. Ses discours, notamment les tardifs, semblent en outre d'une primitivité consternante pour des auditeurs occidentaux. Il est certain que cette impression de simplification outrancière est liée à la rupture entre une culture orale, comme la culture indienne, et une culture écrite, comme l'européenne. Pour nos esprits tordus par l'écrit, les messages de la tradition orale ne peuvent que paraître simplistes, ou bien sous-complexe, comme disent si joliment les épistémologues. Un secrétaire médiocre travaillant par écrit se sent forcément infiniment supérieur à un grand maître travaillant l 'oral, c'est le changement de médias qui le veut. Mais ces sentiments de supériorité sont trompeurs. En douter serait une bêtise.

Pour le reste, dans son rôle de psycho-charlatan, Rajneesh était plus amusant que Jacques Lacan, qui concourait à l'époque avec lui pour le titre de maître des maîtres...

Déclaration du Dalaï Lama lors de sa visite
de l'ashram de Poona en décembre 1995

En tant que Maître éveillé, Osho Rajneesh a mis tout en oeuvre pour aider l'humanité à dépasser une phase particulièrement difficile dans le développement de la conscience.

Yehudi Menuhin

La présence d'Osho Rajneesh est une grande contribution à notre culture et, en lui, le monde trouve un homme doué de beaucoup d'humour et d'une immense sagesse.

Je considère l'ouvrage No Water No Moon d'Osho comme l'un des plus rafraîchissant et agréable qu'on puisse imaginer. C'est un de mes livres de chevet.

Alexandre Jodorowsky

Osho est un homme d'une grande culture. La clarté de ses concepts en philosophie et sur les religions orientales venant aussi bien du Japon, de la Chine, de l'Inde que du Moyen Orient, est particulièrement précieuse pour les étudiants occidentaux qui n'ont pas accès à de telles sources.

Déclaration du Premier Ministre indien, Chandra Shekkar, le 11 janvier 1991

Osho a donné une vision nouvelle à ce pays et au monde entier dont nous devons être fiers. Osho nous a donné une grande force. Je m'incline devant sa mémoire pour nous avoir donné cette force.

Fédérico Fellini

J'ai été charmé par la lecture de ses livres.

Pandit Hariprasad Chaurasia, flûtiste

Osho est né avant son temps et vivra éternellement. Il aidait les gens à résoudre leurs problèmes comme un frère, comme un ami. Les générations futures donneront certainement de la valeur à ses enseignements.

Shirley MacLaine

Je lis tous ses livres.

Deepak Chopra

Ces visions brillantes profiteront à tous ceux qui aspirent à la connaissance expérimentale du champ de pure potientalité inhérant à chaque être humain. Ces livres se retrouvent sur les rayons de toutes les librairies et dans tous les foyers de ceux qui recherchent la connaissance du Soi le plus élevé.

Paul Reps

Osho est un géant mystique, une floraison d'une intelligence unique et l'un de ces rares êtres humains qui s'expriment avec joie.

Extrait du livre Les maîtres spirituels, de Jacques Brosse, Larousse

Certaines sectes n'eurent qu'une existence éphémères, ainsi l'ashram fondé à Poona par Bhagwan Shree Rajneesh (l931-1990), qui attira des milliers d'Occidentaux. Mais, épris de puissance et devenu colossalement riche, Rajneesh fonda en 1981 en Oregon Rajneeshpuram et son insatiable ambition entraîna sa perte.

Shafique Keshafjee

Rajneesh a été un philosophe brillant, mais il a été adulé par ses adeptes et s'est prêté au jeu. Tant qu'il n'y aura pas de la part du mouvement Osho de regard autocritique sur son passé, il se heurtera à la méfiance.

Chandra Swami

Osho était une personnalité unique. Ses paroles inspirantes résonnent dans le coeur de dizaines de milliers de chercheurs. De plus en plus de gens se souviendront de lui avec amour et gratitude.

Yvan Amar

Quand on écrème l'enseignement d'Osho... quand on va au coeur de toute la concession qu'il a fait au cirque, au décorum, à tous les artifices. C'est vrai que quand tu le vois avec ses lunettes de soleil, ses grandes robes, ses diams partout, ses Rolls et tout ça, il a fait des grosses concessions quand-même... rires... seulement si on se donne la peine de passer l'obstacle des concessions.. cet homme-là, il n'était pas que ça; ce n'était pas l'homme des Rolls, des bagues, des bijoux, des montres en diamants et des ashrams... non, non... lui, il disait toujours la même chose, il l'a dit dans des Rolls, il l'a dit dans du marbre, mais il rappelait toujours à la même exigence... évidemment quand on s'attache à l'apparence du bonhomme, on a toujours le prétexte facile de rejeter l'apparence pour pouvoir rejeter l'appel à l'obligation qu'il demandait à ceux qui venaient l'écouter, mais profondément cet homme-là, il avait l'enseignement de la rigueur, il avait l'enseignement de l'essentiel, il savait où se trouvait le réel... il l'enrobait comme on dit... il te dorait la pilule... il t'enrobait cela avec beaucoup de chocolat... mais l'enseignement est amer, au centre, pour quiconque ne veut pas rester que dans les Rolls et les chocolats... Et cela paraît tellement évident... il ne pouvait guère faire autrement à partir du moment où il s'adressait non plus à des dizaines d'individus, mais à des dizaines de milliers, des centaines de milliers d'individus... il a touché un nombre incroyable de gens. Un homme comme cela n'est pas au service de la vérité idéale... telle que nous, on le voudrait. Cet homme, il est au service de la relation qu'il a développée avec tous ceux qui viennent le voir . Le dharma qu'il va prononcer est le fruit de cette rencontre. Donc en fait, toutes ces Rolls, c'est le fruit de votre folie à vous qui étiez auprès de lui, parce qu'il a été serviteur jusqu'au bout de la relation qu'il avait entamée avec les milliers d'individus qui sont venus le voir, et il a actualisé la folie de tous ces gens-là, dans une relation dharmique d'enseignement. Alors les Rolls, ce sont les Rolls de votre folie à vous, les diamants, ce sont les diamants de votre folie! Mais derrière cela, il y a le joyau d'un être qui a vu le réel, et si on est capable de passer au-delà de la folie qui est la nôtre et qu'il nous montre, alors il nous montre aussi le chemin de ce qu'il a vu. Et il ne faisait pas de concession à la victime, même s'il l'a baladait dans la Rolls de ses folies, il ne faisait aucune concession à la victime. Il s'adressait à des gens dont il attendait qu'ils deviennent des disciples. C'est pour cela que j'ai publié cet homme-là dans les Editions du Relié, parce que pour moi, c'est un témoin authentique de notre temps, quoi qu'on en dise...

Vous savez, dans son assemblée spirituelle, un instructeur n'est jamais seul à témoigner du réel, il témoigne d'une réalité qui est issue de la relation qu'il a développée avec l'assemblée qui est venue l'écouter, le solliciter. Mais quelle assemblées est capable d'assumer sa responsabilité dans ce que l'instructeur génère de cette relation. C'est facile de dire que c'est l'autre qui est responsable, quand c'est nous qui sommes venus lui offrir notre folie... parce que tous les instructeurs authentiques font la même chose, il rachète la folie de leur assemblée et en général ils en meurent. Parce que cela ne peut pas être autrement. Ce sont des êtres qui ne peuvent plus faire des concessions aux revendications des victimes, parce qu'ils savent que le bien, le vrai, le beau, se trouvent dans le grandir vrai du disciple... la responsabilité. Et en n'étant pas des gens de pitié pour les victimes, ils leur font le plus cadeau qui soit. En n'étant pas complice de la victimite chronique, ils ne les maintiennent pas dans ce processus-là, ils les obligent à ne pas rester dans la culpabilité, mais à ressentir que s'ils sont sollicités à ce niveau-là, au niveau du vrai en eux , ils sont sollicités au niveau de leur dignité. Que l'homme qui s'adresse à eux leur fait reconnaître par là-même, non seulement qu'ils peuvent, mais qu'ils doivent être responsables, parce qu'au plus profond d'eux, il y a cette capacité. C'est ta dignité d'être responsable, c'est ton honneur d'être responsable, si tu veux faire honneur à celui qui a tant donné pour toi.

Jean-Yves Leloup

Chacun de nous se découvre une façon unique d'incarner la vérité, la vie...

Une façon unique de laisser être Celui qui Est..

Et Osho a une façon unique de nous le dire, de nous le raconter...

Il secoue parfois très fort ce vieux prunier des évangiles; il en tombe des trésors, on ne s'attendait pas à autant de fruits mûrs, ni à cette saveur au centre du fruit, saveur silence que nous sommes.

Bernard Desamore

Bernard Desamore, se réclamant du Centre Roger Ikor et de l'UNADFI – deux organismes s'étant donné pour mission de lutter contre les sectes adresse à la revue Terre du Ciel une lettre très critique. No 36, sept-oct. 1996.

« Dans la rubrique « Livres », page 74, vous parlez d'un ouvrage, « La Voie de l'amour », et de plus vous diffusez cet ouvrage. Vous semblez ignorer qu'Osho, pour être plus précis Osho Rajneesh et son groupe, sont considérés par les Renseignements généraux, ainsi que par le Centre Roger Ikor et l'ADFI, comme un mouvement sectaire. Le rapport de l'Assemblée nationale de M. Alain Gest, fait d'ailleurs également ressortir le Centre Osho comme secte.

Le rapport du Centre Roger Ikor, dont je suis membre, communique des éléments accablants sur ce groupe, considéré à juste raison comme une des vingt sectes les plus dangereuses en France. Je ne comprends pas qu'une revue comme la vôtre, que je considérais comme sérieuse jusqu'à maintenant, puisse faire de la propagande pour une telle secte. Peut-être n'étiez-vous pas au courant de cet aspect, et je ne doute pas de votre bonne foi, mais désormais vous êtes prévenu et vous devez réagir, car sinon vous vous feriez complice de ce groupe. Je vous demande donc de ne plus diffuser les ouvrages de cette secte et de publier un avis rectificatif. Je vous remercie de me confirmer par écrit les mesures que vous comptez prendre à ce niveau. »

Voici ce que nous inspire cette lettre :

l. Nous n'avons personnellement jamais été en accord avec les pratiques proposées et le fonctionnement du mouvement de Osho-Rajneesh, et celui-ci ne fait pas partie des personnes dont nous avons envie de parler à Terre du Ciel et encore moins de promouvoir – et nous n'avons jamais rien publié sur lui ou qu'il ait écrit. Néanmoins, c'était quelqu'un d'exceptionnellement intelligent et cultivé, et ses livres ne sont pas sans un certain intérêt. C'est pourquoi, après quelque hésitation nous avons choisi de présenter très brièvement son livre sur Kabir. Celui-ci ne concerne et ne fait la promotion ni du mouvement ni de ses pratiques. Il n'y a aucune invitation à une implication quelconque, si ce n'est la contemplation de la vie de Kabir – ce que j'approuve tout-à-fait. Kabir est l'un des plus grands saints de l'Inde et sa vie et son message ont pour nous, aujourd'hui, un intérêt particulier. Il s'est, en effet, toujours situé en dehors des dogmes et des églises, à tel point que de son vivant même on ne savait s'il était hindou ou musulman, ou plus exactement les hindous croyaient qu'il était hindou, et les musulmans croyaient qu'il était musulman. A sa mort, les deux communautés se sont disputées son corps, et l'on trouve aujourd'hui près de Bénarès deux tombes de Kabir, l'une hindoue, l'autre musulmane. Nous pensons que ce témoignage a un intérêt tout particulier en ces temps de dogmatisation à outrance, de cristallisation des pensées, de rivalité des églises – ce qui entraîne une intolérance qui se généralise.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que Osho/Rajneesh est décédé il y a six ans. Aujourd'hui il ne semble subsister de son mouvement que divers petits groupes, et nous n'avons pas connaissance des dangers qu'ils pourraient présenter. En tout cas on peut lire les livres d'Osho et en tirer du profit sans adhérer aucunement à un groupe se réclamant de lui – c'est le cas de très nombreuses personnes.

Réponse d'Uttama, traductrice du livre en question à Alain Chevillat

J'ai lu avec beaucoup d'intérêt votre article « L'expérience intérieure crée des hommes et des femmes libres » le passage concernant Osho et le livre La voie de l'amour.

Vous dites dans votre article que « ce qui vous intéresse essentiellement... c'est l'expérience de la vérité éternelle révélée.. sous des expressions différentes. Quand on a réellement soif, il ne faut pas avoir peur de traverser la rue si la fontaine est sur l'autre trottoir. »

Quand j'ai rencontré Osho, je n'avais jamais pensé qu'un jour j'irais boire sur ce trottoir-là. Ma soif était telle et l'eau que je voyais jaillir si abondante, claire et joyeuse qu'en dépit de certaines résistances, j'ai traversé.

La reconnaissance ne se commande pas. Avec les épaisses lunettes de préjugés que j'avais sur le nez, je serais sans doute passée à côté de lui s'il n'y avait pas eu ce miracle, ce jaillissement d'amour qui me les a fait tomber. Pendant quelques temps, je fus éblouie. Peut-être que cela fait partie du chemin!

« L'amour est la clé secrète qui ouvre la clé du divin. Riez, aimez, soyez vivant, dansez, chantez, devenez un roseau vide, et laissez Son chant s'écouler à travers vous. »

Le premier livre que j'ai eu la joie de contribuer à traduire fut « La Voie de l'amour », ce n'est sans doute pas par hasard. Ce qui m'a fait traverser la rue, ce fut ce regard d'amour.

C'est de tout mon coeur que je suis devenue disciple. Pendant près de quinze ans, j'ai dédié ma vie à cette vaste épopée. Je n'ai pas toujours tout compris des diverses formes que pouvait prendre ce mouvement, mais j'ai pu découvrir de l'intérieur qu'un maître n'attirait pas toujours de saintes gens. Le filet d'Osho était vaste et sa compassion immense. Toutes sortes de personnes se trouvaient près de lui. Je l'ai entendu dire : « Qui suis-je pour refuser le sannyas? »

Il n'était pas élitiste, il a retroussé ses manches pour brasser le fumier, le fumier devient compost. Il nous saisissait à bras le corps pour nous faire goûter pendant quelques instants à la beauté et à la senteur du lotus. J'apprivoise encore la notion de compost. Pendant longtemps, en lisant l'épisode des chênes, des glands et du compost de Monsieur Gurdjieff, j'ai été révoltée par le fait que sur des milliers de glands, seuls quelques'uns deviendraient des chênes. Il ne s'agissait pas que de moi, dans ce restant de mouvance soixante-huitarde, je voulais que tout le monde devienne chêne. J'apprends l'humiliation apparente du fumier et du compost, j'apprends que ce terreau premier, vital, est indispensable.

Alors c'est évident, il y a encore des « odeurs »... il ne s'agit pas d'une spiritualité de salon où les remugles se cachent sous trois gouttes de Chanel. Je l'ai entendu dire que l'on acceptait vraiment un maître que lorsqu'on acceptait aussi ses disciples.

L'art d'Osho fut de donner à ce processus un parfum de célébration; la pilule était amère, mais absorbée avec une nourriture belle, bonne et colorée.

Parfois nous étions naïfs, scolaires, nous prenions nos crayons pour souligner une phrase. Je l'ai entendu dire : « Ne soulignez pas. Ce que je dis se trouve entre les lignes, quand vous le soulignez, en fait, vous le barrez. » Peu à peu, nous apprîmes à écouter le silence, espace entre deux mots.

On le trouvait dangereux, car il ne se contentait pas de nous faire découvrir le silence. son verbe était provoquant, dénonciateur, c'était également un farceur. Il ne perdait pas une occasion de dénoncer le faux. Peu de gens aiment cela.

« Vous ne pouvez me manquer que si vous êtes sourds – et bien des gens sont sourds. Vous ne pouvez me manquer que si vous êtes aveugles – et bien des gens ont seulement l'air d'avoir des yeux, mais ils sont aveugles. »

Mais comme vous le dites, voilà six ans qu'il est mort. De son vivant, il était en Inde l'objet de toutes sortes de tracasseries et même de tentatives d'assassinat. On aurait de beaucoup préféré s'en débarrasser. Aujourd'hui, vous trouvez partout ses livres exposés dans les vitrines des gares, des libraires, il est des plus vendus. On peut se l'approprier maintenant qu'il est mort... Il n'est plus vraiment dangereux!

Parfois, on dit de ses disciples qu'ils sont dangereux. Cela me surprend toujours. Est-ce ce rire au fond des yeux, cette aisance du corps, ce franc parler, un peu de cette chaleur, de cet amour qu'il nous a transmis et qui perdure? Sont-ce des séquelles d'arrogance et de naïveté un peu bêtes qui nous collent encore à la peau? Prendre le risque du réel ne se fait pas toujours sans quelques éclaboussures. Il est possible et même certain que bien souvent nous sommes passés à côté. Est-ce que cela aussi ne fait pas partie du chemin?

Il nous a quitté et ses dernières paroles furent, « Je vous laisse mon rêve. » Peut-être que son rêve, c'était de rendre cette planète un peu plus belle, joyeuse et consciente. Il aimait la beauté, la musique et la danse. Son message était d'amour et de célébration. Je ressens une tristesse en lisant vos propos et bien d'autres, car mon rêve, c'était que le beau au moins puisse reconnaître le beau, le vrai puise reconnaître le vrai et c'est souvent dans les milieux spirituels que j'observe le plus de réticences et un regard de jugement. Si nous pouvions faire un pas de plus que celui que vous avez déjà fait en voulant bien en parler dans votre revue, son sacrifice, son offrande n'auraient pas été vains. Réduire « La Voie de l'amour » à un hommage à Kabir, ce serait ne faire qu'une tombe à Bénarès. Faisons de la place aux deux, puisqu'ils ne font qu'un.

J'ai une grande reconnaissance envers Yvan Amar. Il a pris le risque de publier trois ouvrages d'Osho. Il a pris le risque d'inviter Solaris et de nous faire connaître bien « des expressions différentes de la vérité éternelle révélée. » Il a contribué à élargir ma vision et à faire tomber quelqu'unes des lunettes qui me collent encore sur le nez.

Si Osho devait avoir des zones d'ombres, c'est à Yvan Amar que je dois d'avoir approché la notion « d'humanité du gourou ». Il en parlerait mieux que moi.

Vous avez parlé des pratiques proposées et du fonctionnement du mouvement d'Osho avec lesquels vous n'avez jamais été en accord personnellement. Je souhaiterais à ce sujet vous rapporter les paroles de Chandra Swami, lors d'un entretien à Gordes en 1992. Un ancien disciple d'Osho, actuellement disciple d'Arnaud Desjardins posa une question concernant les trois années merveilleuses qu'il avait passées auprès de lui à Poona et de sa difficulté à se relier aux nouvelles directions prises par la suite, il en ressentait encore de la souffrance. Ce à quoi Chandra Swami répondit :

Chandra Swami

Les gens pour la plupart croient en l'existence de Dieu et croient que même une simple feuille ne peut bouger sans sa volonté. Mais vous voyez tant de choses arriver dans ce monde que la pensée analytique, le mental raisonnant, ne peuvent jamais accepter comme venant du Divin, comme ayant le Divin comme auteur de tels événements.

Un tremblement de terre surgit et des milliers de personnes à la fois vertueuses et soi-disant pécheresses, croyante et non-croyantes, rencontrent le même destin. Une énorme inondation arrive et emporte toutes les cultures que les pauvres fermiers avaient plantées, causant une famine dans la région; dans certains lieux où il n'est pas besoin de pluie, il pleut tant et tant alors que dans d'autres lieux où on a un besoin véritablement urgent d'eau, pas une seule goutte de pluie ne tombe.

Comment pourriez-vous expliquer cela? Comment pouvez-vous expliquer toutes ces choses comme arrivant par la volonté du Seigneur?

La vérité est que vous ne pouvez connaître le travail, les actions du Seigneur à moins que vous ne connaissiez et réalisiez directement la conscience divine. Il en va de même avec le comportement extérieur d'un Réalisé ou d'un Eveillé. vous ne pouvez jamais juger les actions d'un Réalisé à moins que vous ne connaissiez d'abord directement l'état de conscience à partir duquel ces actions ont jailli. Il est difficile de juger les autres avec vos esprits qui sont conditionnés et pleins de : « j'aime ou j'aime pas », d'attractions et de répulsions. Même dans certaines traditions soufies, les Soufis ont fait semblant de prétendre à une sorte de comportement blâmable pour garder les incompétents et ceux qui ne le méritaient pas loin d'eux. Il n'est nullement besoin d'être troublé au-dedans de vous. Vous devriez maintenir la mémoire de ces expériences inspirantes et élevées que vous avez eues en la présence de Bhagwan Rajneesh et oublier ou ignorer le reste. Gardez votre esprit calme et recueilli et votre coeur plein d'amour pour tous et chacun. Cela vous aidera à grandir dans l'amour, la vie et la lumière du divin. »

En Inde

Le Parlement indien a déposé en 1996 une collection complète des livres dans une section portant le nom de l'auteur, hommage que seul Mahatma Gandhi a reçu.

L'Université de Jabalpur (où Osho a enseigné la philosophie) a ouvert un Département Osho.

Extrait du livre Sectes : Mensonges et idéaux,
de Nathalie Luca et Frédéric Lenoir, Editions Bayard

Rajneesh Chandra Mohar, initialement professeur de philosophie, est né en Inde en 1931. En 1953, après avoir « vécu l'illumination » et « pris conscience de sa position de bouddha réincarné », il s'autoproclame Bagwan (sic), c'est-à-dire « Dieu ». En 1989, il se rebaptise plus modestement Osho, qui signifie l'« éclairé » ou la « conscience élargie »...

Au fil de ans, on assiste à une dégradation du mouvement. Rajneesh devient l'objet d'un véritable culte de la personnalité. Adulé par ses adeptes, il endosse le rôle de superstar et suscite bientôt la suspicion des milieux hindous traditionnels. Ainsi, en 1981, la levée de son immunité fiscale et le lourd rappel d'impôt qui s'ensuit l'amènent à quitter l'Inde pour les Etats-Unis. Pour six millions de dollars, il achète un ranch de plusieurs centaines d'hectares, à proximité du village d'Antelope, en Oregon. Il baptise ce lieu Rajneeshpuram.

La communauté entreprend des travaux titanesques, grâce à diverses entreprises commerciales que possède le mouvement, mais aussi aux dons et au travail bénévole des adeptes. En l'espace de quelques années, les fidèles construisent une cité pouvant héberger jusqu'à 20'000 personnes. Se voulant auto-suffisante, la communauté possède une école, une exploitation agricole, un centre d'achat, un bureau de poste, un hôtel de luxe, un casino, une centaine d'autobus, un aéroport et cinq avions. On estime entre 120 et 250 millions de dollars les sommes englouties en cinq ans pour construire cette cité utopique. Le désert devient jardin, mais le souci de vivre en autarcie conduit bientôt le groupe vers de nouvelles dérives sectaires. La méditation silencieuse est de plus en plus délaissée au profit de séances collectives dites « méditations dynamiques », sorte de thérapie de choc, où chacun peut laisser sortir ses peurs et exprimer librement ses fantasmes. La coupure avec la tradition indienne est de plus en plus nette. Les fidèles portent un pendentif reproduisant la photo du maître, lequel est quasi déifié. En l'espace de quelques années, la cité utopique s'est transformée en un groupe sectaire tout entier dévoué au service du guru. Devenu une sorte de dieu vivant pour ses milliers de supporters, Rajneesh se présente comme la réincarnation du Bouddha ou du Christ. Il manifeste aussi un intérêt de plus en plus prononcé pour les biens de ce monde et possède une collection de quatre-vingt-onze Rolls-Royce. Ses rares apparition créent de véritables scènes d'hystérie chez ses adeptes exaltés. De nature dépressive depuis l'adolescence, il doit cependant affronter de terribles crises d'angoisse. Son entourage résout ce problème en lui confectionnant un trône émanant des gaz hilarants...

Osho Rajneesh : un défi aux medias,
Lettre aux journalistes de Devika Elisabeth

Si les Rolls du Sexe-Guru ont souvent servi de pâture facile aux médias avides de sensations, rares cependant sont les journalistes qui ont cherché à comprendre l'oeuvre immense et complexe de cet homme étonnant, aux multiples visages et à l'unique inspiration.

Souhaitons que la présentation de son oeuvre, qui sillonne les siècles et les cultures et sonde les profondeurs de la nature humaine, incite quelques esprits ouverts à explorer les voies de l'Eveil.

Puissent les chercheurs authentiques, alertés par cette fascinante multiplicité, découvrir la cohérence qui sous-tend le jeu des paradoxes, la compassion qui anime la critique radicale, et la joyeuse liberté d'un homme dont le témoignage invite chacun à émerger de ses préjugés et conditionnements, pour porter un regard neuf sur le monde qui vient.

Lama Karmapa

Ancien chef des Kargyupta (Bonnets rouges), secte du Bouddhisme tibétain

En Inde, Osho est la plus grande incarnation après Bouddha. Il est un Bouddha vivant.

Propos adressés à swami Govind Siddharth, Darjeeling 1972

« En Inde, depuis Bouddha, Osho est l’incarnation la plus grande – il est un Bouddha vivant ! Peut-être avez-vous l’impression qu’il parle pour vous, mais ce n’est pas seulement pour vous qu’il s’exprime. Osho s’exprime pour les annales akashiques, annales d’événements et de paroles enregistrés sur les plans astraux. Ce qui est dit n’est pas oublié. C’est la raison pour laquelle vous remarquerez qu’il y a des choses qu’il répète continuellement et vous aurez le sentiment qu’il le fait pour vous, mais en fait, il ne parle que pour quelques personnes. Seuls quelques-uns réalisent qui est Osho. Ses paroles resteront dans les annales akashiques, ainsi elles seront également une aide pour les personnes du futur. »

« Si vous voulez connaître une des incarnations précédentes d’Osho – qui il était au Tibet – vous pouvez vous rendre là-bas et voir sa statue dorée conservée dans le Hall des incarnations. »

« Mes bénédictions sont constantes. Je sais que ce que nous ne serons pas capables de faire pour aider les autres, Osho, lui, le fera. »

« Ce que nous avons reçu de l’Inde par le passé, maintenant, nous voulons le redonner. A présent, nous savons qu’il y une incarnation, Osho, qui fera notre travail en  Inde et dans le monde et nous en sommes très contents. Le monde le connaîtra, mais seuls quelques-uns réaliseront qui il est en réalité. Dans cette époque, il est le seul qui puisse guider correctement, qui puisse être un instructeur mondial et s’il est revenu sur terre, ce n’est que dans ce but-là. »

John Lilly

Personne n'est plus qualifié qu'Osho pour introduire les mystiques, un homme qui se distingue, même dans leur compagnie de haut rang. Il parle de sa propre expérience, et ramenant à la vie ses prédécesseurs mystiques, il en fait des contemporains.

Chandra Shekhar, ancien Premier Ministre de l'Inde

Osho a donné à son pays et au monde une vision dont on peut être fier.

K.R. Narayanan, Président de l'Inde

Des être éveillés tels qu'Osho sont en avance sur leur temps. Il est bon qu'actuellement une jeunesse de plus en plus nombreuse lisent ses livres.

Lokendra Bahadur Chand, ancien Premier Ministre du Népal

Osho a une vision qui encourage le bien être de l'humanité toute entière et qui transcende les limites étroites des religions. Bien que l'homme d'aujourd'hui soit piégé par des myriades de problèmes, tous les livres et les entretiens d'Osho suggèrent des voies simples et faciles en vue de promouvoir la libération de l'homme.

Arnaud Desjardins

Depuis cinquante ans, j'ai lu bien des ouvrages de « spiritualité ». Ceux d'Osho, d'abord connus sous le nom de Rajneesh, sont en bonne place dans ma bibliothèque. Certaines pages sont d'une beauté qui parle directement au coeur.

Samarpan

Samarpan anime des Satsangs en Europe et répond à une disciple d'Osho

Q. J'ai une question concernant la confiance et cela a à voir avec Osho et toi. Pour moi, Osho est toujours tellement présent.

Samarpan : Décris-moi ce qui se passe avec Osho.

Silence et Rires...

C'est une belle description !

Q. C'est si bon de t'avoir parmi nous, le mental ne comprend pas cela.

Samarpan : Regarde simplement, regarde à l'intérieur. Y-a-t-il la moindre séparation entre toi et Osho ?

Q. Seulement dans le mental ! Rires.

Samarpan : Y-a-t-il une quelconque séparation entre toi et Samarpan ?

Q. C'est pareil.

Samarpan : Nous sommes le même être, le même état d'être. Ne laisse pas les formes te rendre confuse. Si tu es en amour avec Osho, tu es en amour avec moi. Il n'y a pas de séparation. Tu es en amour avec toi, tu es en amour avec moi. Il n'y a que cela.

Qu'on l'appelle Osho, Bouddha ou Ramana, Jésus ou Samarpan, ce n'est que ton propre toi. Ce n'est que ton propre toi partout, dans toutes ces formes. C'est la vérité.

M.V. Kamath, écrivain indien renommé

Il n'a jamais existé quelqu'un comme Osho. Et il est douteux que l'on retrouve jamais quelqu'un comme lui. Quelqu'un qui arrive à se mettre sur le dos deux douzaines de gouvernements doit bien avoir quelque chose... On suspecte que ce soit une forme rare d'honnêteté intellectuelle.

On en a vu d'autres dans son genre à diverses occasions : un Walt Whitman, un Bernard Shaw, un Bertrand Russell, iconoclastes à leur manière, pleins de talent. Mais eux, même s'ils ont payé de leur personne, ils savaient où s'arrêter.

Osho ne s'arrête nulle part. Il est une liberté infinie.

Article de Joël La Bruyère,
Président de l'Omnium des libertés, auteur de l'ouvrage L'Etat Inquisiteur, paru dans la Revue Les Trois Mondes de septembre-octobre 2000.

Osho, le contestataire

Ceux qui n'ont connu Rajneesh (devenu Osho) qu'à travers les médias, gardent l'image d'un gourou extravagant, défilant à bord d'une Rolls Royce, entre les rangs de disciples en liesse habillés de rouge. Nul mieux que lui n'eut l'art des mises en scènes. Cela faisait les délices de ses admirateurs mais lui valut l'animosité des autorités.

Rajneesh ne mâchait pas ses mots contre l'establishment et les orthodoxies religieuses.
«Quand le Pape prie, c'est un péché!» A contre courant du spirituellement correct, ce mystique hors norme ne s'est jamais compromis avec ceux qui se congratulent devant les caméras.
On dit qu'il fut empoisonné avec du thalium lors d'une garde-à-vue et que le matelas de sa cellule a été irradié. Qui avait peur de lui ? Voilà comment un rapport de la CIA le désigne :
«Rajneesh est un homme extrêmement intelligent et il est aussi extrêmement dangereux. C'est un anarchiste qui est capable de changer la mentalité des gens.»
Entre l964 et 1990, Rajneesh a voulu élever la conscience de milliers de personnes qui ont reconnu en lui un véritable maître en dépit de ses facéties.
"Evitez les prêtres et les politiciens et vous découvrirez l'absolu. Ils sont l'obstacle. Ce sont eux qui veulent que les choses demeurent comme elles sont."
Ces paroles subversives ne sont pas nouvelles mais Rajneesh ne se contentait pas de mots. En 1981, il quitte son ashram de Poona pour les Etats-Unis.
Puis il se met en tête d'édifier une ville sur le territoire désertique de l'Oregon. En quelques années, sur un espace de deux mille cinq cents hectares, Rajneeshpuram sort de terre.
De milliers de disciples transformèrent cette terre aride en une vallée verdoyante sillonnée de routes et de ponts. Ils creusèrent un lac artificiel de deux kilomètres de diamètre, dont le nom «lac Krishnamurti» rendait hommage à un autre contestataire. De cette nouvelle conquête de l'Ouest émergèrent des quartiers résidentiels avec air conditionné et chauffage central. Une vraie ville avec centre commercial, une ferme avec des milliers de poules et de vaches laitières, cinquante hectares de cultures potagères, trois restaurants, discothèque, auditorium gigantesque, hôtel de 50 chambres, et des logements pour les l5 000 visiteurs du rassemblement d'été. Le «ranch» comportait des systèmes d'alimentation en eau et l'électricité à l'énergie solaire, hôpital, cabinet de dentiste, école, bureau de poste, mairie, poste d'incendie, boutiques, café, bar, pizzeria, boulangerie.. On planta des vignes et des milliers d'arbres. La musique était omniprésente, depuis l'orchestre de chambre jusqu'au groupe de rock. Cette "commune" dont ont rêvé les utopistes devint une attraction.
Durant cette effervescence, le maître était entré dans une longue retraite de silence dont il ne sortit que pour déclarer : «Mes amis, vous croyez avoir bâti une ville modèle, mais ce n'est qu'un camp de concentration de plus!»
Pendant ce temps, des chrétiens intégristes lancèrent une campagne pour effacer de la surface des Etats-Unis cette Babylone hérétique. On imagine l'effroi des politiciens face à la puissance d'un petit gourou capable de faire pousser une ville dans le désert. Sous le
prétexte de vérifier son droit de séjour, il fut arrêté et promené d'une prison à une autre, sans doute pour qu'on perde la trace de la cellule où eut lieu l'empoisonnement. Relâché, son avion reçut l'interdiction d'atterrir sur la plupart des aéroports occidentaux. De retour é Poona, il mourut le 19 janvier 1990, des suites de l'irradiation criminelle qu'il avait subie.
«Laissez-moi partir. L'existence a décidé que c'est l'heure.» Une disciple explique la pédagogie d'Osho : «Il voulait nous démontrer que la puissance matérielle n'est rien. Il narguait ses adversaires tout en nous donnant une leçon de sagesse. En ce monde, on peut jouer tous les rôles. Ce n'est qu'un jeu. Lui n'était attaché à rien et s'amusait à arracher les masques.»
Pour sa crémation, Osho demanda qu'on lui laisse ses chaussettes et son bonnet. Et les Rolls peuvent retourner à la ferraille.


La pensée d'Osho

La méditation pour vivre joyeusement : la méditation est au-delà du mental. Et le premier pas, c'est de jouer avec elle. Si vous jouez avec elle, le mental ne pourra pas la détruire sinon, elle se transformera en une nouvelle ruse de l'ego; elle vous rendra très sérieux. Vous vous direz : «Je suis plus saint que les autres, ils sont simplement terre-à-terre - je suis vertueux.» C'est ce qui est arrivé à des milliers de soi-disant saints, de moralistes, de puritains : ils ne font que nourrir leur ego, de façon très subtile.
C'est pourquoi, dès le début, je veux attaquer ce mal à la racine. Prenez-la comme un jeu. Chantez-la comme un chant, dansez-la comme une danse. Prenez la méditation comme un amusement et vous serez surpris : si vous pouvez être ludique dans votre méditation, elle se développera à pas de géant. Mais ne visez aucun but; prenez simplement plaisir à vous asseoir en silence, savourez simplement cet acte - vous ne recherchez pas les pouvoirs yoguiques, des siddhis, des miracles. Tout cela est stupide, ce sont les même vieilles ruses... Telle qu'elle est, la vie doit être prise comme une farce cosmique - alors, soudain, vous vous détendrez, car il n'y a aucune raison d'être tendu. Et dans cette détente même, quelque chose se met à changer en vous - un changement radical, une transformation - et les petites choses de la vie prennent un sens nouveau. Alors tout prend une saveur nouvelle; on se met à percevoir partout quelque chose de divin. On ne devient pas chrétien, hindou ou musulman; on devient un amoureux de la vie. On n'apprend qu'une seule chose : comment vivre joyeusement.

Que l'existence fasse la fête à travers vous!

L'amour : quand vous libérez l'amour de la passion de l'attachement, quand votre amour est pur, quand vous donnez par amour sans rien demander, quand l'amour n'est qu'un don; quand vous êtes heureux parce que quelqu'un a accepté votre amour et que vous ne le marchandez pas, alors vous libérez cet oiseau en plein ciel.

La foi : il faut avoir un coeur confiant. Le mental ne peut pas avoir la foi. La tête ne peut que douter. Dès lors, si vous essayez de vous mettre des croyances en tête, ces croyances ne feront que cacher vos doutes. Il n'en sortira rien. Et c'est là où en sont les musulmans, les chrétiens, les hindous et les jaïns : leur croyance relève du mental et celui-ci est incapable de croire. La vraie foi naît du coeur. La tête ne peut créer que des choses artificielles. Vous pouvez vous y tenir, mais votre vie sera gâchée. Vous resterez un terrain vague, un désert.

Le coeur : le coeur est un aventurier, l'explorateur des mystères, celui qui découvre tout ce qui est caché. Le coeur est toujours en pèlerinage, il n'est jamais satisfait. Le coeur n'est jamais conventionnel, il est toujours en révolution. Son désir est de connaître ce qui est vraiment; c'est cela Dieu.

La confiance : lorsque vous faites confiance, votre inconscient se met à vous révéler beaucoup de choses. Il ne se révèle qu'à un mental confiant, qu'à une conscience confiante.
La religion est le parfum de cette confiance impeccable, absolue.


Revue les Trois Mondes No 20 novembre - décembre 2000

La parole aux lecteurs (suite à l'article sur Osho de Joël Labruyère septembre-octobre 2000)

Osho contesté et ... loué

... Osho, qui admirait Krishnamurti, a imité celui-ci au point de plagier toute son oeuvre... vous serez surpris par la ressemblance dans le choix des concepts développés, dans le choix même des mots qui est carrément de l'ordre du «clonage»... (Philippe L.- Asnière)

... j'ai eu la chance de faire la connaissance de Osho en l978. Je suis devenue disciple en 1979 et aujourd'hui, je me sens encore et toujours reliée à lui. J'ai vécu dans son ashram de Poona, dans ses communautés, à Rajneeshpuram... Vivre près de lui a souvent été l'occasion de leçons très dures, mais cela m'a permis de rencontrer celle que je suis vraiment en dehors de tout conditionnement, éducation ou manipulation...
(Mireille de B. Bruxelles)

Lettre de lecteur

suite à l'article sur Osho de Joël Labruyère paru dans la Revue des Trois Mondes «Osho le contestataire»

Il est bien connu que pour un client satisfait qui parle à trois, quatre personnes, de la qualité d'un service reçu, un client mécontent en parle à vingt.

Oser publier un article sur Osho alors qu'il est mis dans le même mois sur le bûcher par un journal se penchant sur le courant spirituel et la dérive des sectes aux termes de prétendues enquêtes d'investigation, ne peut donc que vous attirer de vifs reproches.

Aussi c'est avec une grande joie que je tiens à vous remercier de votre courage, de votre liberté d'opinion et d'information qui doit faire grincer tous les bien-pensants accrochés à leurs dogmes de tous bords et à leur frilosité maladive.

Osho n'était le contestataire que de ceux qui n'ont pas pu se hisser à la hauteur de sa vision. Pour les quelques autres, il a été l'éveilleur, ce qui était son seul objectif. Pour cela, tous les moyens étaient bons, y compris la provocation outrancière, son image dut-elle en souffrir et elle fut bien la seule.

Je ne suis pas ni n'ai été un disciple d'Osho ou de qui que ce soit d'autre. Pourtant, j'ai envers lui une reconnaissance infinie pour m'avoir réconcilié avec l'enseignement du Christ (viens, suis-moi et aussi l'évangile de Thomas) dontles prétendus dépositaires de la parole n'ont su que me dégoûter, pour m'avoir permis de m'initier au vertigineux enseignement de Bouddha (Le sûtra du diamant), sans les commentaires duquel ce dernier me serait resté inaccessible, pour avoir éclairé par tant d'exemples et avec tant d'humour les parois de la prison de la nature humaine et m'avoir donné la soif et le courage de vouloir m'en évader.

Les inepties qu'on raconte régulièrement à son sujet et naturellement toujours sans avoir pris la peine élémentaire de s'intéresser à son enseignement révèlent simplement la médiocrité de ceux qui ne supportent pas que leur petitesse soit révélée.

Peu importe, les chiens aboient, la caravane passe. Très rarement, un être propose de sortir des sentiers battus pour la mener vers des pâturages vierges des décharges du passé.

Osho était l'un deux. C'était un Etre Vivant au milieu de milliards de zombies, impardonnable.

Il est venu et ils ne l'ont pas reconnu. C'est dans l'ordre des choses et il n'y a pas lieu de s'en attrister.

Je partage ma gratitude avec toutes celles et tous ceux qui ont osé se laisser toucher par lui. Avec les autres, ma certitude que leur tour viendra.

Merci de tout coeur ! (Bernard Martingay)


Article de Christophe Courau,
Journaliste d'investigation, paru dans la Revue Historia thématique No 67, sept.oct. 2000 - dans le cadre de leur enquête : Aux sources du bouddhisme.


Quand les gourous se cachent derrière Bouddha

Les dérives sectaires gagnent du terrain.

Hors-la-loi, poursuivi, condamné, expulsé, rien n'arrête le scandaleux Bhagwan Osho Rajneesh qui finira sa vie milliardaire.

Fondée en Inde par celui qui se faisait appeler Bhagwan Shree Rajneesh et se disait la réincarnation de Bouddha, cette secte attira à elle intellectuels et médecins. Bientôt, des démêlés avec le fisc obligent l'homme à quitter l'Inde. Il s'installe aux Etats-Unis, en Oregon, où il édifie un complexe ultra-moderne baptisé Rajneeshpuram. Là encore, de nombreux scandales éclatent : infractions aux lois sur l'immigration, fausses déclarations, pressions excessives sur ses disciples. Bhagwan Rajneesh est condamné à dix ans de prison, puis expulsé. après avoir erré en Europe et en Asie, il cherche à regrouper ses disciples dans des "communes internationales" en Inde, en Suisse, en Allemagne et dans les entreprises commerciales telles que discothèques ou centres de thérapie. A sa mort en 1990 à Pune (Inde), il «pesait» un milliard de dollars et possédait une flottille de 91 Rolls-Royce.



Osho commente sa relation à Bouddha

Bouddha a été fort mal compris, non seulement par ses ennemis, mais également par ses amis - en fait davantage par ses amis que par ses ennemis.
Plus que quiconque au monde, il a été incompris. Et la raison de cela, c'est qu'il est l'un des maîtres les plus profonds qui soient.
Sa vision est si profonde qu'il restera inévitablement incompris.

Je n'interprète pas du tout Bouddha, car je ne suis pas un bouddhiste, je ne suis pas un adepte. J'ai expérimenté la même chose que Gautama le Bouddha, aussi quand je parle de Bouddha, c'est comme si je parlais de moi-même.
Il ne s'agit pas d'un commentaire, il ne s'agit pas d'une interprétation. Bouddha n'est qu'une excuse pour vous parler, une magnifique excuse pour vous communiquer ma propre réalisation.

Que l'on se souvienne que je parle de ma propre expérience. J'utilise Bouddha comme prétexte pour parler de ma propre compréhension, de ma propre expérience.

Et j'aime cet homme. Je suis immensément en amour avec Gautama le Bouddha, car personne d'autre que lui n'a jamais pu atteindre de telles profondeurs et de telles hauteurs. Il demeure l'Everest, la plus haute cime, que la conscience humaine ait jamais atteinte.


(Extrait de : The Dhammapada, the way of the Buddha



Lama Gangchen Tulku Rinpoché,
Lama guérisseur et Maître tantrique qui a créé la fondation pour la paix mondiale a déclaré :

Tous les enseignements bouddhistes ont besoin d'être compris aujourd'hui et Osho s'est consacré à rendre accessible l'essence de ces enseignements dans un langage qui puisse être compris par chacun au 2l siècle. C'est le meilleur investissement qui soit et je ne puis donc que me réjouir de son travail.

Pour conclure

Osho répond à une disciple à propos des rumeurs:

«Récemment, on a trouvé dans la presse tant d'idioties concernant ton enseignement et les activités de ton ashram . Cela me rend un peu furieuse, car cela me semble tellement éloigné des faits réels. Les lettres de réponses ne sont pas publiées. Pourtant, je sais que pour toi, cela ne doit faire aucune différence. Est-ce ce que Jésus signifie quand il dit de tendre l'autre joue ?»

Zareen, c'est ainsi que cela doit être. On ne peut pas ne pas s'opposer à un homme comme moi. Quelqu'un comme moi divisera inévitablement les gens en deux catégories: ceux qui sont pour et ceux qui ne le sont pas.
L'autre jour, un vieil ami m'a écrit une lettre pour me suggérer.... Actuellement, il n'y a que deux sortes de gens : ceux qui sont des dévots, qui sont totalement en amour avec moi, et ceux qui sont ennemis, qui sont plein de haine envers moi. Il désire créer une troisième catégorie de gens qui ne soient ni des dévots, ni des ennemis, mais des penseurs impartiaux.
Son idée semble logique, mais ce n'est pas possible. Cela ne s'est jamais produit, et cela ne se produira jamais. Cela ne peut pas se produire. En fait, ça lui est difficile de devenir sannyasin. C'est un vieil ami, alors maintenant il lui est un peu difficile de s'abandonner en tant que disciple. Il ne peut pas être un dévot et il ne peut pas être un ennemi non plus. Il me connaît, il m'aime; c'est un vieil ami. C'est véritablement son problème.
Il ne peut pas s'abandonner à cause de son ego : il a été un ami, un collègue. Il ne peut pas être contre moi, car il a des sentiments pour moi. Il est dans la panade, il veut donc trouver une issue; il veut créer une troisième force : ceux qui ne sont ni pour ni contre, ceux qui sont impartiaux. Ces gens-là seront impotents. Et les gens impartiaux ne m'intéressent pas. Je ne m'y intéresse pas du tout pour la raison suivante : ils seront totalement froids. Je m'intéresse bien davantage aux gens qui ont une très forte haine à mon égard - au moins, ils sont chauds, et les gens chauds sont de bonnes gens. Ils peuvent se transformer; ils ne sont pas froids comme de la glace.
Ceux qui me haïssent chaudement deviendront tôt ou tard des dévots - car vous ne pouvez pas vivre longtemps dans la haine. Cela vous fait du mal. En me haïssant, vous ne pouvez pas m'aimer. Zareen, tu as raison, pour moi, cela n'a aucune importance, cela ne fait aucune différence. Je reste dans ma béatitude absolue.
Ma béatitude ne peut pas être affectée par la haine des gens, par les oppositions. Mais pensez à ces gens qui vivent dans la haine - ils se torturent eux-mêmes, ils se font du mal, ils se blessent. Pendant combien de temps peuvent-ils continuer à le faire ? Tôt ou tard, leurs blessures voudront guérir. Et tôt ou tard, leur antagonisme brûlant se transformera en amour passionné.

Zareen, cela me rappelle une magnifique histoire :
Un mystique soufi écrivit un livre sur le Coran. Toutes les autorités, les religions officielles s'y opposèrent. Ils le bannirent, le lire devint un crime. Ils pensaient que c'était sacrilège, dangereux, car 'il interprétait le Coran comme personne ne l'avait jamais fait. Il allait à l'encontre de la tradition.
Il appela son disciple principal, lui donna le livre, lui demanda d'aller chez le grand prêtre pour lui offrir le livre et de tout observer. «Tu devras me rapporter correctement tout ce qui se passera. Sois donc bien vigilant : tout ce qui se passera... quand tu offriras le livre, comment il réagira, ce qu'il fera, ce qu'il dira, rappelle-t-en avec précision, car tu devras me rapporter toute la scène. Et laisse-moi te dire que pour toi, c'est une sorte de test", lui dit le maître. Il ne s'agit pas seulement de donner ce livre au grand prêtre et de revenir; il s'agit de rapporter tout ce qui se passera.»
L'homme s'en alla, très alerte, très prudent. En entrant dans la maison du grand prêtre, il se fit très vigilant, il secoua son corps car tout devait être observé minutieusement. Puis il entra.
Quand il présenta le livre au grand prêtre et qu'il lui dit le nom de son maître, le prêtre jeta le livre dans la rue, par la fenêtre, en s'exclamant : «Pourquoi ne m'avez-vous pas dit plus tôt que c'était de la part de cet homme dangereux? Je ne l'aurais même pas touché. Maintenant, je vais devoir me laver les mains. Toucher son livre est un péché!»
La femme du grand prêtre étais assise à côté de lui. Elle dit, «C'est bien inutilement que tu es dur avec cet homme. Il ne t'a fait aucun mal. Si tu voulais jeter ce livre, tu aurais pu le faire plus tard. Et je ne vois pas à quoi sert de le jeter, tu as une grande bibliothèque - elle contient des milliers de livres; ce livre peut également s'y trouver. Si tu ne veux pas le lire, tu n'as pas besoin de le lire. Mais une chose au moins : tu aurais pu faire tout cela plus tard : jeter ce livre, te laver les mains, prendre un bain, tout ce que tu avais envie de faire... pourquoi est-ce que tu blesses ce pauvre homme?»
L'homme s'en retourna, il raconta au maître toute l'histoire telle qu'elle s'était passée, dans le détail. Le maître demanda, «Alors, quelle est ta conclusion ?»
L'homme répondit, «Ma conclusion, c'est que la femme du grand prêtre est une femme très religieuse. J'ai ressenti beaucoup de respect pour elle. Et le grand prêtre est tout simplement laid - j'avais envie de lui tordre le cou!»
Le maître dit, «Maintenant écoute : le grand prêtre m'intéresse davantage - il peut être converti parce qu'il est bouillant. S'il peut être à tel point rempli de haine, il peut aussi être à tel point rempli d'amour, car c'est la même énergie qui devient haine ou amour. L'amour la tête en bas, c'est la haine - la haine, c'est l'amour qui fait shirshasana, qui se met sur la tête. Mais il est très facile de remettre un homme sur ses pieds. En ce qui concerne la femme, elle est froide, froide comme un glaçon. Pour elle, je n'ai aucun espoir; elle ne peut pas être convertie.»

Je suis totalement d'accord avec le maître soufi. Ceux qui sont contre moi, Zareen, pourquoi sont-ils contre moi ? Leur coeur est remué. En eux, quelque chose a commencé à se produire et ils ne veulent pas que cela se produise. C'est risqué. J'ai commencé a avoir une influence dans leur vie et ils ne veulent pas venir avec moi.

Cela s'oppose à tous leurs investissements. Ils veulent m'éviter et ils voient qu'ils n'y arrivent pas - ils s'échauffent. D'où la haine; c'est pourquoi ils inventent toutes sortes de mensonges. Mais j'ai de grands espoirs pour ces gens-là - en fait, je les aime. Tôt ou tard, ils finiront avec moi.
Le vrai problème se pose avec ceux qui sont indifférents, froids comme des glaçons, ni pour ni contre. J'aimerais diviser l'humanité en deux camps : les amis et les ennemis. Et plus j'aurai d'amis, plus les ennemis seront nécessairement nombreux. Il y a un certain équilibre là-dedans; dans la vie tout s'équilibre. Si vous avez tant d'amis, vous aurez nécessairement tant d'ennemis; sinon l'équilibre se perd. Si vous avez davantage d'amis, vous aurez davantage d'ennemis; l'équilibre doit être maintenu. La vie s'équilibre toujours.
J'observe toute la scène et j'y prends plaisir.
Zareen, tu n'as pas besoin de te faire de souci pour ça. Mais je peux comprendre ta préoccupation.
Tu dis, « Récemment, on a trouvé dans la presse tant d'idioties concernant ton enseignement et les activités de ton ashram...»
Il y en aura chaque jour davantage, car de plus en plus de gens vont venir vers moi. Des millions de personnes sont en chemin. Et plus il y a de gens qui s'intéressent à moi et au travail qui se fait ici, plus il y a de gens qui s'impliquent, plus il y aura de gens qui s'y opposeront - une sorte d'équilibre. Dans le monde, c'est ainsi que les choses se passent; c'est un phénomène naturel.
On dira nécessairement toutes sorte d'idioties, car les gens qui s'y opposent ne sont jamais venus ici. S'ils étaient venus, ils n'auraient pas été contre, ils se fondent donc sur des rumeurs. Et les choses négatives ont leur propre parcours : elles se répandent plus facilement, plus vite, car l'humanité toute entière vit dans la négativité.
Par exemple, l'autre jour, j'ai reçu une lettre du Canada disant que le gouvernement canadien est préoccupé, très préoccupé par mes sannyasins et par les Canadiens qui viennent vers moi. Et ils font de sérieuses recherches sur le phénomène, car ils ont peur que ma commune tourne en nouveau Jonestown. En fait, j'en suis heureux, car quand un gouvernement est préoccupé, cela signifie qu'il se passe quelque chose. Quand un pays éloigné est préoccupé au point de songer à envoyer une équipe pour effectuer une enquête sur ce phénomène, cela signifie que les choses sont en route, que pour eux, je deviens une sorte de perturbation. Je dois me pointer dans leurs rêves.
Et sur quoi se fondent-ils pour avoir tellement peur ? Sur le fait qu'un sannyasin américain s'est suicidé et qu'un autre est devenu fou. Ces deux événements sont suffisants.... Actuellement, tous les Américains sont fous ! Et avez-vous déjà rencontré un Américain qui n'ait jamais considéré la possibilité de se suicider ? Les psychologues disent que chaque Américain pensent à se suicider, au moins quatre fois dans sa vie. Le plus grand taux de suicide se trouve en Amérique.
Sur cent mille sannyasins, un sannyasin se suicide - c'est suffisant ! Et un sannyasin américain ! Que pouviez-vous attendre d'autre d'un sannyasin américain ? Un autre Américain est devenu fou... c'est parfaitement normal! Mais ce qui est négatif attire immédiatement votre attention. Combien d'Américains sont-ils devenus sains d'esprit ? Personne ne s'en soucie ! Et combien d'Américains ont ainsi échappé au suicide, personne ne le compte. On ne les comptera jamais.
Et les journaliste, la presse, les autres médias, eux aussi ne s'intéressent qu'aux choses négatives! A moins de faire quelque chose de mal, il n'y a pas de nouvelles. George Bernard Shaw dit : Si un chien mord un homme, ce n'est pas une nouvelle. Mais si un homme mord un chien, ça, c'est une nouvelle!
Une chose est digne des nouvelles que si elle est bizarre, que si elle attire le regard.
Vous pouvez faire mille et une chose et personne ne le remarquera. Faites une seule chose de travers et tout à coup, le monde entier s'intéresse à vous.
Et alors les gens sont inventifs. Quand vous racontez une rumeur à quelqu'un, vous y ajouter quelque chose. Les gens sont créatifs! Et lorsque la personne partage cette rumeur avec quelqu'un d'autre, pensez-vous qu'elle le fera exactement comme vous le lui avez raconté ? Elle lui donnera une nouvelle couleur, un peu plus de profondeur, une dimension un peu plus large. Elle l'a rendra plus intéressante, elle l'exagérera. Et cela continue bouche après bouche.
Les rumeurs ont leur façon de se répandre et chacun y contribue. Elles n'ont plus rien a voir avec les faits. Mais cela se passe toujours ainsi. Puis ça continue... Je ne serai plus là et les rumeurs se poursuivront, elles se développeront. Elles deviennent des forces autonomes; elles n'arrêtent pas de grandir.

J'ai entendu dire :
Dieu a le blues. Saint Pierre lui suggère un tour sur terre pour trouver une belle fille grecque, de préférence dans le vieil habit du cygne. Dieu dit, «Non. Tant que je m'en suis tenu à ces filles grecques, c'était en ordre. Mais un jour, il y a deux mille ans, j'ai fait l'erreur de m'envoyer une juive, et que je sois damné si on n'en parle plus aujourd'hui!»

Les rumeurs se poursuivent, se poursuivent... Et ce qu'ils me font n'est rien de surprenant; il faut s'y attendre. Ils ont toujours fait ce genre de choses à Jésus, à Socrate, à Mansoor, à Bouddha, à Kabir. En fait, s'ils ne me le faisaient pas, c'est ça qui serait une surprise. En fait, s'ils ne me le faisaient pas, je ne me sentirais pas bien. Je voudrais que l'on me compte parmi les Bouddhas - et c'est la seule façon!

Jésus décida de retourner sur terre. Il avait observé qu'en Amérique, il y avait une résurgence des fous de Jésus et des born-again, il pensa donc que c'était le bon moment de venir. Il amena Saint Pierre avec lui.
En arrivant sur terre, il déclara qu'il était Jésus, le fils de Dieu. Personne ne voulut le croire; ils pensèrent qu'il était une sorte de pot fêlé. Alors Jésus demanda à Pierre, «Comment faire pour qu'ils me croient, pour les convaincre que je suis le vrai Sauveur?»
Pierre répondit, « Souviens-toi de ce truc que tu as fait en Galilée, quand tu as marché sur l'eau? Je parie que ça marcherait.»
Ils firent donc une annonce dans la presse, disant que le lendemain Jésus marcherait sur l'eau. Le jour suivant, la télévision et les journaux se trouvèrent au bord du lac pour voir Jésus marcher sur l'eau. Jésus et Pierre arrivèrent et ramèrent jusqu'au milieu du lac, puis Jésus enjamba le bateau et coula immédiatement. Quand il réapparut, Pierre, en état de choc, lui demanda, «Que s'est-il passé? Pourquoi as-tu coulé?»
«Ferme-la, espèce d'imbécile!; s'exclama Jésus. «La dernière fois, je n'avais pas ces foutus trous dans les pieds!»
Les choses sont plus difficiles qu'elle ne l'étaient du temps de Jésus et de Bouddha! Mais je m'amuse, j'ai du bon temps. Zareen, ne te fais aucun souci. Ma suggestion est la suivante : tu devrais t'en amuser.

Tu dis, «Parfois, cela me rend furieuse, car cela semble tellement éloigné des faits réels.»
Ne sois pas furieuse, ne te mets pas en colère - cela ne sera d'aucun secours. Mes amis doivent apprendre à rire de toutes ces choses stupides qui deviendront inévitablement de plus en plus intenses. Alors que mon travail s'approfondit, de plus en plus de rumeurs imbéciles vont se répandre - elles n'auront rien à voir avec les faits. Ou, même si elles ont quelque chose à voir avec les faits, elles seront déformées.
Les gens vont inventer toutes sortes d'histoires. Si cela te rend furieuse, d'une certaine manière tu leur rends service. C'est ce qu'ils souhaitent. C'est ce qu'ils souhaitent - si cela rend mes amis furieux, si cela les met en colère, alors on peut les écraser, les détruire. Et c'est certain qu'ils peuvent vous écraser, vous détruire. Mes amis sont peu nombreux, ils sont rares.
Que cela ne te rende pas furieuse; sinon tu seras entre leurs mains, tu joueras leur jeu. Quand tu remarques ce genre de choses, ris un bon coup. Apprends à rire - réponds en riant ! Le rire doit être ta protection. Et ton rire leur donnera l'impression d'être stupides. Quand quelqu'un dit quelque chose contre moi, ris un bon coup. Tape lui sur l'épaule, prends le dans tes bras! Embrasse-le un bon coup!»
C'est ce que Jésus veut dire, réellement : aime tes ennemis. Mais je sais, c'est facile d'aimer ses ennemis - c'est plus difficile d'aimer ses voisins. Alors, tout comme Jésus l'a dit, je le dis de nouveau : Aime tes voisins. Il s'agit des mêmes personnes! Prends tes voisins dans tes bras; ne te contente pas de les aimer spirituellement - exprime-le. Quand quelqu'un raconte des idioties à mon sujet, exprime ton amour. Fais en sorte qu'il se sente troublé - fais en sorte qu'il se dise : soit c'est moi qui suis fou, soit c'est elle. Il ne pourra jamais comprendre ce qui s'est passé - pourquoi tu l'as pris dans tes bras. Il ne disait pas des choses tellement sympathiques à propos de ton maître... pourquoi l'as-tu pris dans tes bras ? Cela pourrait lui donner l'envie de venir voir le maître, lui aussi.
Quand un disciple fais une chose pareille, il vaut la peine d'aller voir ce qui se passe là-bas.
Zareen, tu n'as pas besoin de te mettre en colère.
Et tu dis, «Les lettres de réponse ne sont pas publiées.»
Elles ne seront pas publiées, car les journaux, les télévisions, la radio, sont entre le mains des intérêts en place. Ils publieront tout ce qui est contre moi, car les journaux sont la propriété des hindous, des jaïns, des musulmans, des chrétiens, ils sont la propriété de toutes sortes de politiciens. Tes lettres ne seront pas publiées. Ces choses-là doivent être considérées comme garanties.
Tu dis, «Pourtant, je sais que pour toi, cela ne doit faire aucune différence. Est-ce ce que signifie Jésus quand il dit de tendre l'autre joue ?»
Oui, c'est exactement ce qu'il signifie. C'est la meilleure façon de transformer les gens, de les convertir. La meilleure façon possible de convertir les gens à votre propre façon d'être, c'est de tendre l'autre joue. Aime-les. Ris de leur déclarations insensées. Jouis de leurs rumeurs. Fais-en des blagues, et interpelle-les.
Si tu peux au moins faire cela, Zareen, tu fais mon travail.


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